Jean-Claude Juncker

22 février 2021 18:00; Act: 27.02.2021 18:49 Print

«Je ne dis jamais du mal de Monsieur Bettel»

LUXEMBOURG - Jean-Claude Juncker s'est fixé un principe en politique: ne jamais dire du mal de ses prédécesseurs et de ses successeurs.

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Jean-Claude Juncker est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine. (photo: AFP/Kenzo Tribouillard)

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Depuis décembre 2019, l’Allemande Ursula von der Leyen a pris la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne. «J’ai gardé un bureau à Bruxelles dans le même bâtiment, le Berlaymont, qui abrite la Commission», a indiqué son prédécesseur sur nos ondes. «On se téléphone et on échange, pas des tonnes, mais on parle de l’essentiel. Pour le reste, j’ai dans ma petite vie politique, un principe. Je ne dis jamais du mal de mes prédécesseurs et je ne dis jamais du mal de mes successeurs. Je ne dis jamais du mal de Monsieur Bettel et je voudrais qu’il en fasse de même. Il le fait d’ailleurs d’une façon assez régulière. Mais Madame von der Leyen a un métier difficile. J’étais bien payé pour le savoir», ajoute-t-il en rigolant.

«Un jour, une des connaissances lointaines m’envoie un livre», poursuit Jean-Claude Juncker. Ce livre s’appelle « The Most Difficult Job of The World». Je ne l’ai pas lu immédiatement, car je pensais que l’on parlerait du secrétaire général de l’ONU, mais non, on parlait du président de la Commission européenne et de moi. C’est un métier difficile, contraignant, qui demande des sacrifices et qui s’accompagne d’une fatigue presque tuante».

Mais comment Jean-Claude Juncker arrivait-il à être au courant de tout avec 27-28 pays au sein de l’Union européenne? «À Bruxelles, « Moi, président», je travaillais pendant 17 heures et je m’informais de la situation dans tous les états-membres au quotidien. Si un Premier ministre vient vous voir ou vous téléphone, vous ne savez jamais le soir qui va vous téléphoner le lendemain matin. Vous comprenez ce qu’il dit, mais vous ne savez pas pourquoi il le dit, alors moi, je voulais toujours savoir pourquoi ce type disait ce qu’il avait à dire. Je lisais donc les rapports d’ambassades que je recevais. Y compris sur le Luxembourg. Il faut tout savoir, car un des grands problèmes de l’Europe, c’est que notre ignorance sur nos voisins, et surtout les plus lointains, est très très sous-développée. C’est la raison pour laquelle les Européens ne s’aiment pas assez. Que savons-nous des Lapons du Nord ? Et que savent les Lapons du Sud de la Corse ? Rien… Et la Commission propose des textes législatifs qui doivent convenir à tout le monde ou au moins respecter tout le monde».

«Mon ami Jacques Chirac», ajoute encore Jean-Claude Juncker, «au moment des essais nucléaires français en 1996 ou en 1995, disait lors d’un conseil européen informel en Espagne, présidé par mon ami Felipe Gonzalez, au Premier ministre danois qui avait participé à une manifestation contre la France en bicyclette, « mon cher ami, il faut s’informer avant de monter sur la bicyclette. Et c’est vrai, il faut s’informer avant de présider».

Que pense Jean-Claude Juncker de l’affaire Monica Semedo, députée européenne? «Je n’ai pas trop compris», reconnaît l’ancien président de la Commission. «Je la connais bien et je l’ai connue, enfant, parce qu’elle avait chanté pour le 75e anniversaire de mon beau-père qui aimait bien cette jeune enfant, outrageusement douée pour la chanson. Je ne sais pas ce qu’on lui reproche, car, à ce qu’il paraît, les travaux la concernant au Parlement européen sont restés secrets, donc je ne peux pas me prononcer sur le fond des choses. Mais je voudrais tout de même nous recommander en tant que collectivité nationale, de ne pas marcher sur quelqu’un qui est dans la boue. Elle ne mérite pas d’être traitée comme ça et je n’apprécie pas du tout les remarques racistes qui la frappent. C’est nul».

Une Union européenne fiscale, qu’en pense Jean-Claude Juncker ? «C’est un peu de notre faute», a avoué l’ancien Premier ministre sur les ondes de L’essentiel Radio. «Et de notre responsabilité. J’ai été Ministre des Finances et tous ceux qui étaient avec moi dans le bateau gouvernemental savent, précisément et exactement, que je me suis toujours inscrit contre cette facilité que les banquiers luxembourgeois pensent pouvoir mettre en application. S’enrichir sur le dos et dans le dos des pays voisins, ça n’a jamais été ma tasse de café. Quand je suis arrivé à Bruxelles après avoir avancé au Luxembourg, sans savoir que je deviendrai Président de la Commission, la fin du secret bancaire, et après plaidé au Parlement dans mes différents discours, l’idée d’harmoniser la fiscalité des entreprises, j’ai lancé avec le Commissaire français Pierre Moscovici, 24 directives en matière d’harmonisation fiscale. Oui je crois que nous devons imposer des minimas fiscaux aux géants de l’Internet. Nous devons nous mettre d’accord sur l’assiette commune régissant l’imposition des sociétés. Oui, oui, je crois que tout cela doit être fait».

Réécoutez la séquence du vendredi 26 février 2021

Après une très longue carrière politique nationale et internationale, pourquoi Jean-Claude Juncker laisse-t-il son parti, le CSV, dans son état actuel? «Les jeunes et les gens sont très heureux de me revoir à Luxembourg, c’est vrai», reconnaît Jean-Claude Juncker, «c’est très gentil, j’aime bien les jeunes, même si je n’aime pas tout ce qu’ils disent, car ils n’ont pas raison sur tout. L’expérience est aussi une valeur que l’on peut acquérir lorsque l’on est jeune. Mais je ne saurais plus revenir en politique, parce que j’y ai passé beaucoup de temps et parfois, j’ai pensé y avoir passé trop de temps. J’ai été au gouvernement pendant 33 années, Premier ministre pendant 19 années, Président de la Commission européenne pendant cinq années, … Je m’intéresse à la politique, la rage et l’enthousiasme me submergent de temps à autre, mais je la ferme. Il y a ceux qui me demandent avis et conseils, «privatissimo». Je leur prodigue les conseils que je peux leur donner, mais je ne donne pas d’avis et de conseils non sollicités.

Mais le CSV a-t-il ses chances lors d’élections, prochainement? «On a toujours critiqué mon parti», concède Jean-Claude Juncker, «en disant que c’est un parti qui n’existe qu’à travers et par Juncker. Ce qui n’a jamais été vrai. Maintenant, on dit que le parti n’a plus de tête, ni de dirigeant en chef,… Non, le parti, vu la faiblesse de ses concurrents, trouvera les moyens qui nous permettront de rester le premier parti du pays. Ce qui ne sert pas à grand-chose, car lors des deux dernières élections, nous étions le premier parti et de loin, mais les autres ont décidé de nous retenir prisonnier sur les bancs de l’opposition. C’est un peu triste, mais c’est comme ça».

Jean-Claude Juncker en quelques questions

Mon premier job avec une fiche de salaire? J’étais avocat-stagiaire et j’avais gagné 7 000 francs luxembourgeois (173, 53 euros) par mois, alors que je devais payer un loyer de 17 000 francs luxembourgeois (421,42 euros). Donc pendant une courte période de ma vie, j’ai vécu aux dépens des autres.

Un souvenir de mes 18 ans? J’ai été longtemps le Luxembourgeois le plus âgé sans permis de conduire, car je ne l’ai passé qu’à l’âge de 24-25 ans. J’ai pris du temps, mais je ne l’ai jamais raté. Cela coûtait de l’argent, donc il fallait que j’épargne avant de me lancer dans ce cirque.

Dans une boîte de crayons, quelle couleur? Le rouge, parce qu’à l’époque où j’ai découvert le rouge et les rouges, ils étaient immédiatement reconnaissables. Cela a changé par la suite, car le rouge et les rouges changent de couleur trop souvent, mais j’ai des crayons qui datent des années 60.

Un mot pour me définir? Le doute. Je ne doute pas de tout, mais la qualité que j’aime le plus chez mes amis, c’est le doute. Je n’aime pas ceux qui savent tout. Je n’aime pas ceux qui sont revenus de tout. J’aime ceux qui, pour douter, essaient toujours de découvrir d’autres contrées et ces contrées peuvent être des paysages ou des hommes. Le doute est toujours de mise, car rien n’est évident. La paix n’est pas évidente. La santé personnelle non plus, comme nous l’expérimentons avec le Covid. Les amitiés ne durent pas toujours. L’amour, parfois, s’éloigne. Le doute qui n’est pas contre nature, qui n’est pas l’expression d’un sentiment de suspicion que je nourrirais à l’égard du genre humain, ni d’un pessimisme d’existence. Je doute de beaucoup de choses pour me rassurer.

Réécoutez la séquence du jeudi 25 février

Après avoir évoqué l’Union européenne, voici venu le temps de parler du Brexit avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne de 2014 à 2019 et Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013. «La faculté d’écoute des dirigeants britanniques reste sous-développée», charge d’emblée notre invité. «Se mettre dans les chaussures de l’autre n’est pas un geste habituel qui caractériserait le comportement des gouvernements britanniques. Pour moi, le Brexit, c’est un mouvement "a-historique", car l’avenir de l’histoire européenne voudra que les différents pays de l’Union européenne trouvent en eux-mêmes une intersection vertueuse qui leur permette de faire beaucoup de choses ensemble. Alors voir un pays européen quitter l’Union européenne me rend triste. Les Britanniques prennent congé d’une grande aventure à laquelle ils n’ont jamais participé avec tout leur cœur».

Le 25 juillet 2018, Jean-Claude Juncker a eu l’occasion de rencontrer Donald Trump à la Maison-Blanche. En tête à tête dans le bureau ovale. «Je l’ai rencontré assez souvent lors de réunions internationales», a-t-il rappelé à notre micro. «Je suis allé le voir à Washington pour mettre un terme à cette drôle de guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe. De manière assez surprenante, j’ai eu de bonnes relations avec Donald Trump. Ensemble, nous avons pu dégager une plaine de jeux où nous arrivions, après de nombreuses manœuvres de dribbling, à nous mettre d’accord. Je le traitais avec respect et c’était mutuel. D’autres grands dirigeants européens n’y arrivaient pas. J’y suis arrivé, car j’ai pu parler au nom de l’Europe. La politique commerciale, c’est le domaine réservé de la Commission européenne. Je garde un bon souvenir de nos réunions, pour le reste, je ne garde pas un bon souvenir de la présidence Trump».

Réécoutez la séquence du mercredi 24 février

Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013 et président de la Commission européenne de 2014 à 2019, Jean-Claude Juncker a marqué son époque au Grand-Duché et en Europe. Mais comment se fait-il que notre continent soit en crise perpétuelle? «C’est notre mode d’action habituel», reconnaît Jean-Claude Juncker. «Nous ne savons pas marcher hors contexte de crise. J’ai commencé ma vie communautaire européenne comme jeune secrétaire d’État en décembre 1982 et déjà, à l’époque, on parlait d’Euro-sclérose. Ce qui ne nous pas empêchés de lancer en 1991, les négociations menant au traité de Maastricht. On a fait l’euro, on a essayé de réussir l’élargissement et tout cela, à mes débuts, semblait hors de portée. Et je pourrais allonger la liste des exemples. Jean Monnet a dit, avec sa faculté rare de prévoir l’avenir et de s’exprimer dans le présent, "L’Europe se construira toujours par les crises" et c’est vrai. Donc quand l’Europe est en crise, elle est dans un mode de fonctionnement normal. C’est une chose d’élargir l’Europe vers les pays du Sud, une autre chose vers les pays scandinaves et encore une autre vers les pays d'Europe centrale. Comment ne pas être en crise quand on ne cesse de croître?».

L’élection de Joe Biden en tant que 46e président des États-Unis va-t-elle apaiser les tensions avec la Chine et comment l’Europe va-t-elle trouver sa place dans ce fameux triangle? «L’approche de l’administration Biden ne sera pas différente de celle de Trump au niveau de la Chine», prédit Jean-Claude Juncker. «Là, les ponts ne sont pas coupés, mais les relations sont devenues ultra difficiles à cause de la Chine. L’Europe, dans tout cela, doit savoir que lorsqu'elle veut jouer un rôle de premier plan au niveau international, doit changer son mode de prise de décision. En matière de politique étrangère, nous devons décider plus par majorité qualifiée qu’à l’unanimité, car ça ne permet pas d’adopter un profil reconnaissable aux yeux des autres. Gardons à l’esprit que les États-Unis sont nos alliés. Il n’y a pas d’équidistance entre les États-Unis, l’Europe et la Chine. La Chine est un partenaire stratégique, mais c’est aussi un rival. Le marché européen est un marché ouvert pour les entreprises chinoises, alors que le marché intérieur chinois reste cloisonné et les entreprises européennes ont plus de mal à y évoluer normalement. Il y a là matière à discussion».

Réécoutez la séquence du mardi 23 février

Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013, et président de la Commission européenne de 2014 à 2019, Jean-Claude Juncker est l’invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine sur L’essentiel Radio. Avec l’arrivée du Covid-19, l’année 2020 n’a été facile pour personne, mais comment Jean-Claude Juncker l’a-t-il vécu personnellement? «Je ne suis pas fait pour les circonstances de l’époque», avoue-t-il d’emblée. «J’aime embrasser les gens et j’embrasse 50% de l’humanité et les 50% m’embrassent, donc ça fait 100% en moyenne. J’aime les autres et je ne peux plus toucher les autres, alors que le toucher joue dans la vie "sociétale", sociale et personnelle, un rôle que l’on a sous-estimé. Maintenant, il y a des interdits qui nous frappent à chaque coin de rues, on s’aperçoit que les autres sont au moins aussi importants que nous-mêmes».

Comment explique-t-il le recul de 7% du PIB de l’Europe par rapport à 2019? Peut-on parler d’un géant aux pieds d’argile? «Il y a beaucoup de géants et de néants qui se déplacent en prenant repos sur des pieds d’argile», souligne Jean-Claude Juncker. «L’Europe n’est pas la seule entité qui doit avouer qu’elle est devenue faible suite à la pandémie de Covid-19. Par rapport à la Chine, l’Europe accusera une mauvaise performance en 2020 et en 2021, mais par rapport aux États-Unis, c’est plutôt acceptable. La Chine sortira victorieuse de ce mesurage entre les différents éléments. Mais je ne désespère pas, car quand je suis devenu président de la Commission en 2014, la croissance de l’UE était en panne et pendant les cinq années suivantes, nous avons rétabli les comptes publics. L’Europe trouvera en elle-même et ensemble avec ses partenaires les muscles qu’il lui faudra pour redémarrer avec la même vitesse, pour arriver au même niveau que ses concurrents».

Au plus fort de la crise du Covid-19, chaque pays de l’Union européenne a tenté de se la jouer en solo. Quel était le sentiment de Jean-Claude Juncker à ce moment-là? «J’ai vitupéré contre ce repli sur soi et ce nombrilisme exacerbé, stupide et borné, qui a pour raison principale que l’Union européenne n’a pas de compétence propre en terme de santé publique», rappelle-t-il. «C’est une grande erreur de pilotage sur les vingt dernières années. En 2003, lorsque Valery Giscard d’Estaing animait la Convention européenne, j’avais proposé de doter l’Union européenne de compétences en matière de santé. Cela fut rejeté d’un geste rapide et irréfléchi, notamment par ceux qui aujourd'hui réclament ces compétences plus développées. Lorsqu'il n’y a pas de cadre de référence au niveau européen, les États membres se tournent vers des cadres de référence nationale. Et puis, il y a pire que la fermeture des frontières. L’Allemagne et la France ont interdit à leurs agents économiques d’exporter du matériel médical et des médicaments… Tout cela a été neutralisé grâce à une intervention au forceps de la Commission européenne qui a rappelé les États membres à l’ordre. Aujourd'hui, encore, ce réflexe reprend des couleurs et c’est un exemple de stupidité».

Réécoutez la séquence du lundi 22 février 2021

La playlist de Jean-Claude Juncker

«My Way», de Frank Sinatra, est le premier titre à intégrer la playlist de Jean-Claude Juncker. «Je l’ai choisi», dit-il, «parce que d’un point de vue musical, il me plaît. Ensuite, le texte colle à la musique. Et troisièmement, c’est toujours une chanson, en l’écoutant, que j’ai vécue comme une chanson de consolation. On m’a traité d’idiot, d’alcoolique, de nul… et puis, j’ai écouté cette chanson. On m’a reproché d’embrasser de trop et que je n’étais pas sérieux… Je l’ai fait à la manière de Juncker. Je ne suis pas quelqu'un d’autre que Juncker et c’est bien expliqué dans la chanson».

Liza Minnelli et Luciano Pavarotti avec «New York, New York», s’ajoutent à la bande-son de Jean-Claude Juncker. «J’ai rencontré Pavarotti brièvement, mais à plusieurs reprises», indique-t-il. «C’est un type qui m’a impressionné physiquement, tout d’abord. Il était plus lourd que moi-même et j’ai adoré rencontré les grands artistes contemporains comme Placido Domingo. J’aurais bien aimé rencontré Frank Sinatra. Il n’évoluait pas dans la même catégorie, mais il m’a accompagné tout au long de mon enfance et de ma jeunesse. Sans oublier la période adulte et mature qui n’est pas encore entièrement là, mais qui s’approche».

«Le concerto pour violon, en D majeur, opus 61, de Ludwig van Beethoven est intéressant», souligne Jean-Claude Juncker, «car c’est le seul concerto composé par Beethoven. Il n’y en a pas d’autres composés de la première à la dernière note. C’est un chef d’œuvre extraordinaire qui d’ailleurs au début, ne connaissait pas les faveurs de grand public. Ce n’est qu’après la mort du compositeur que ce morceau de musique a connu son succès. Il me fait aujourd’hui bouger le museau».

«Du», la chanson d’amour par excellence, au début des années 1970, intègre elle aussi la playlist de Jean-Claude Juncker. «C’est un titre de Peter Maffay qui était un chansonnier allemand», précise-t-il. «Je devrais plutôt dire que c’est un chanteur. Ce sont des poèmes chantés qui, jusqu’à ce jour, déclenchent, toujours chez moi, une vague d’émotions fortes. C’est le premier titre que j’ai acheté. C’était la face A d’un 45 tours et puis, on dansait le slow sur cette chanson. La durée était de plus de six minutes et c’était fait pour danser les slows, si on avait la bonne partenaire. Je n’en ai jamais choisi une qui ne m’aurait pas plu. Et pendant six minutes, vous avez la période nécessaire pour faire tous les rapprochements nécessaires. Moi, en six minutes, j’arrive à faire, en terme de toucher, l’essentiel des mouvements et puis, lorsque j’étais président de la Commission, j’ai rencontré à deux ou trois reprises Peter Maffay, qui est aujourd’hui devenu une espèce de rockeur. Il est désormais très loin du genre de la chanson que nous avons écoutée».

(Frédéric Lambert/L'essentiel)