Coronavirus au Luxembourg

06 novembre 2020 10:00; Act: 06.11.2020 15:07 Print

Quand les patrons prêtent leurs employés à d'autres

LUXEMBOURG - Et si c’était ça, le monde d’après? Certaines entreprises à l'arrêt ou au ralenti ont décidé de prêter leurs employés à d'autres.

storybild

Commercial chez Party Rent, Yannic Loullingen avait retrouvé en mai dernier le métier de ses débuts, cuisinier.

Sur ce sujet
Une faute?

Et si c’était ça le monde d’après? La société d’événementiel Party Rent, à Echternach, qui loue du matériel et des services pour les fêtes, est à l’arrêt depuis mars en raison de la crise sanitaire. Alors, son patron Charles Schroeder a cherché des solutions. Inspiré par le JobSwitch lancé en mars/avril par la Chambre de commerce, il a découvert, via l’Adem, le prêt de main-d’œuvre. Et depuis, seize de ses quelque 60 salariés ont tenté l’aventure.

L'idée: une entreprise qui tourne au ralenti prête de manière temporaire de la main-d’œuvre à une autre. Des plongeurs, serveurs, commerciaux et chauffeurs de camions, sont ainsi partis renforcer des restaurants, des chantiers de construction, des entreprises de transport, de jardinage et même une ferme. Un emploi souvent lié au premier. «Avec de la bonne volonté, de l’expérience et des conseils, cela se passe bien», raconte Charles Schroeder.

Dispositif «gagnant-gagnant»

«Un contrat est signé entre la société mère et celle qui reçoit. Et un avenant au contrat de chaque salarié est rempli, pour qu'il conserve ses acquis», précise Charles Schroeder. Pas mal de paperasse, d'autant que la société annexe peut ne reprendre qu’une partie des heures. Le chômage partiel peut s'appliquer à l'autre. Un dispositif «gagnant-gagnant».

Yannic Loullingen est conquis. Employé du service commercial de Party Rent, ce cuisinier de formation a pu travailler entre mai et septembre dans le restaurant Lakeside, à Echternach, qui appartient aussi à Charles Schroeder. «Mon patron me connaît et sait que rester à la maison des mois, ce n'est pas mon truc. Revenir en cuisine m’a vraiment plu. Même si j’ai aussi pu me souvenir du stress que c'est».

Un contrat flexible

Mi-septembre, le prêt s’est arrêté. «L’activité a baissé et il ne s’agit pas de prendre le travail des salariés». Mais en acceptant ce prêt, il a eu le sentiment «d’aider son entreprise» durement éprouvée par la crise.

«Pour les salariés, c’est une opportunité de sortir un peu de la maison, de trouver un travail et de se sentir utile à la société», insiste Charles Schroeder. Et pour l’employeur c’est aussi avantageux. La société mère paie l’employé, mais refacture à la société annexe l’ensemble du coût du salarié (salaire et charges sociales) tandis qu’avec le chômage partiel les charges restent aux frais de l’employeur. Pour la société qui reçoit, c’est une main-d’œuvre expérimentée et un contrat flexible, qui peut être une bonne formule «pour compenser un arrêt de travail, voire en temps de crise, une quarantaine».

Le prêt est en principe valable huit semaines maximum, mais avec la crise les renouvellements sont possibles. Et sur base volontaire. «On ne peut pas l’imposer. Cela demande de changer de collègues. Parfois de se déplacer plus loin». Charles Schroeder estime même qu’il faudrait pérenniser le principe.

381 employés «prêtés»

En mars/avril dernier, grâce à JobSwitch 537 transferts temporaires de salariés ont eu lieu (1 460 candidatures).

Par ailleurs, depuis le début de l’année 2020, plus d’une centaine d’entreprises ont eu recours au prêt de main-d’œuvre (109 au 29 octobre) et 83 l’ont fait dans le cadre de la crise du Covid-19. Toutes les demandes introduites ont été acceptées, précise l’Adem. 381 salariés ont fait à ce jour l’objet d’un prêt temporaire de main-d’œuvre à une autre société privée/administration communale/ministère en raison du contexte sanitaire. 33 entreprises ont mis à disposition un ou plusieurs salariés, auprès de 50 entreprises.

Dans le cas où le prêt temporaire est amené à être prolongé, une autorisation ministérielle est requise. Il est possible, pour une même entreprise, de recourir plusieurs fois par an à ce dispositif.

(Nicolas Martin/L'essentiel)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Pierre le 06.11.2020 13:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'avais organisé cette opportunité en 2002 avec le Ministère du travail et le Ministre avait introduit un règlement pour ce prêt de main d'oeuvre. Cela avait fonctionne très bien pour mon entreprise et des que les commandes sont arrivées j'ai récupéré mes hommes et sorti de la crise.Merci encore

  • Jop le 06.11.2020 12:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Y a rien de nouveau à cela. C'est simplement officialise et légalisé l'esclavage de l'ancien temp. Quand à Adem et les delegations serve à pas grand chose.

  • Dick Rivière le 06.11.2020 19:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et voilà l esclavage moderne en brulant le code du travail et personne ne conteste?

Les derniers commentaires

  • Une patronne le 07.11.2020 19:49 Report dénoncer ce commentaire

    Génial, comme si un salarié était une chose!

  • cucchiara giovanni le 07.11.2020 14:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    sa existe depuis longtemps avec la post chez greco DHL. est d'autres sociétés

  • Dick Rivière le 06.11.2020 19:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et voilà l esclavage moderne en brulant le code du travail et personne ne conteste?

  • le canard enchaîné le 06.11.2020 15:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    prêter un employé tout change au niveau contrat de travail ogbl et lcgb le savent bien .. le terme exact serait ne pas payer le chômage partiel...prêter...!!@@@

  • Plop le 06.11.2020 15:01 Report dénoncer ce commentaire

    Quand l’employé devient un bien de consommation pour le capital.