Ennui au travail

06 août 2020 07:00; Act: 06.08.2020 09:36 Print

20 cas de bore-​​out chaque année au Luxembourg

LUXEMBOURG - L'ASBL Mobbing indique traiter une vingtaine de dossiers par an de salariés qui s'ennuient au travail, car leur supérieur ne leur donne rien à faire.

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Le «bore-out» au travail est un «phénomène assez connu» au Luxembourg, explique l'ASBL Mobbing. (photo: DPA)

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Placé seul dans un bureau. Une table, une chaise. Votre patron ne vous donne pas de travail, vous restez sans occupation pendant des heures. Comment ne pas tomber dans l'ennui, voire la dépression, et envisager une démission? Le «bore-out» au travail est un «phénomène assez connu» au Luxembourg, explique l'ASBL Mobbing (NDLR: le Mobbing est le harcèlement moral). «C'est une tactique de harcèlement moral parmi d'autres. Au début, ce n'est pas forcément vécu comme un problème important pour le salarié, mais avec le temps, il s'interroge sur le sens de sa présence».

Sur les quatre dernières années, l'ASBL indique avoir traité une vingtaine de dossiers par an de salariés qui se sont plaints de ne pas avoir assez de travail: 20 personnes sur 145 dossiers en 2016, 18 personnes sur 201 dossiers en 2017, 36 personnes sur 238 dossiers en 2018 et 17 personnes sur 145 dossiers en 2019. Et ensuite? L'ASBL envoie des courriers aux employeurs. «Les cas de bore-out se règlent souvent par des arrangements financiers, indique Jean-Marie Bauler, avocat et membre du conseil d'administration de l'ASBL Mobbing. Les deux parties se mettent d'accord sur la résiliation du contrat, avec le paiement d'indemnités au salarié».

Pas de cas au tribunal

De mémoire, Jean-Marie Bauler n'a jamais eu vent de cas de bore-out au tribunal. «C'est difficile de poursuivre un employeur en justice, dans la mesure où le salarié doit rassembler des preuves, note-t-il. De plus, un procès prend du temps, son issue est incertaine. En outre, il n'existe actuellement pas de loi sur le harcèlement (moral ou sexuel) au travail dans le pays».

Pourtant, au moins 10% des salariés au Luxembourg sont victimes de harcèlement, estimait en février dernier Georges Steffgen, professeur de psychologie sociale et de travail à l'Université du Luxembourg. Le ministre du Travail Dan Kersch (LSAP) doit justement présenter un texte de loi sur le sujet d'ici la fin de l'année. À ce titre, l'ASBL Mobbing a été sollicitée pour participer à l'élaboration du document.

(Olivier Loyens/L'essentiel)

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Les commentaires les plus populaires

  • Merci ! le 06.08.2020 08:59 Report dénoncer ce commentaire

    Parmi les réponse du sondage, il n'y a pas une réponse "Oui, je m'en suis plaint mais mon patron n'a rien changé depuis, et fait comme si de rien n'était. Suite au Covid, impossible de démissionner de peur de ne pas trouver un autre travail".

  • antisyndicat le 06.08.2020 09:03 Report dénoncer ce commentaire

    Le gros problème c est que nos syndicats ne bougent pas. Il y a eu des élections l'année passée et tout le monde c'était inscrit pour se protéger. Nos délégués sont en plus à la merci du patronat surtout dans les banques Ils suffit de les nommer manager avec une petite voiture et ils se taisent. Et cela fait 35 ans que je vois cela au luxembourg. Et le pire on est obligé d'être dans un syndicat pour la caisse de décès

  • JMMcom le 06.08.2020 09:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    À mon avis dans la fonction publique , le bore out touche au moins 35% des effectifs. C’est, selon un audit privé, le nombre de fonctionnaires inutiles au sein de l’administration au GDL, en 2019.

Les derniers commentaires

  • Pensez-y ! le 06.08.2020 23:26 Report dénoncer ce commentaire

    J'ai perdu mon job après un harcèlement très long qui n'a intéressé ni le syndicat, ni ensuite mon avocat. J'ai trouvé la solution, je ne fais rien pour retravailler ! Je me sens 1000 fois mieux en dehors de cette société. Le travail n'est pas une obligation, ni un devoir, surtout dans les conditions actuelles.

    • On y pense tous le 07.08.2020 10:22 Report dénoncer ce commentaire

      Je vous donne raison à 100%. Combien vous coûte un travail, où on vous a harcelé et humiliée, une société ingrate, peu reconnaissante, dévalorisante. Toujours plus de gens se détournent du monde du travail. On peut se priver des choses matérielles inutiles, des vacances, des voitures, le tout est de trouver le bon compromis.

  • NoComent le 06.08.2020 16:36 Report dénoncer ce commentaire

    C'est arrivé à ma soeur, du boulot pour 1h max et après 7h à tourner en rond, jour après jour. Elle a fini par débarquer dans une réunion de direction, s'est adossée au mur les bras croisés, et devant leur air surpris a expliqué que le travail pour lequel ils la payaient c'était ça : être une plante verte ...avant de donner sa démission avec un grand sourire. Elle a retrouvé sans peine un travail où ses compétences sont enfin utiles

  • Alex le 06.08.2020 15:59 Report dénoncer ce commentaire

    J'ai connu le "Placard" pendant 4 années et je m'en suis remis depuis. Maintenant mon ex-chef est parti et je m'éclate.

  • non mais! le 06.08.2020 15:25 Report dénoncer ce commentaire

    Juste une question... comme ça... en passant.... pourquoi ils ne démissionnent pas s'ils s'ennuient ? Rien ne les empêche... Ils veulent leur petit salaire mais en plus s'éclater...? Et surtout qu'est-ce qui pousse un patron à payer quelqu'un a rien faire??! Personne ne se pose la question? Ce sont sans doute tous des pervzrs narcissiques comme tous les enfants d'aujourd'hui sont hyper actifs...

    • @non mais ! le 06.08.2020 16:45 Report dénoncer ce commentaire

      Ils ne veulent pas "s'éclater" mais avoir des tâches intéressantes professionellement, c'est différent... Quand à démissionner par les temps qui courent, vous avez dû être au fond d'une grotte depuis le début de l'année, sinon vous sauriez qu'ils ne sont pas sûrs de retouver un emploi rapidement !

  • Eaysirider 1 le 06.08.2020 14:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    oui tu as raison.