Jean Muller

23 novembre 2020 18:00; Act: 27.11.2020 19:56 Print

«Mon métier et la farine me passionnent»

LUXEMBOURG - Comment exister par rapport à la concurrence ou encore ce qui lui est cher, Jean Muller, le CEO des Moulins de Kleinbettingen, s'est dévoilé cette semaine à notre micro.

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Jean Muller, CEO des Moulins de Kleinbettingen, est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine sur «L'essentiel Radio». (photo: Editpress/Sdidier)

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Jean Muller, le CEO des Moulins de Kleinbettingen, était l’invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine dans la séquence Story de L’essentiel Radio. Après avoir modernisé le moulin pour le rendre plus compétitif, quelles sont aujourd’hui les perspectives de diversification ? «On est un moulin d’une taille moyenne et la diversification est très importante pour nous», a rappelé Jean Muller à notre micro.

«Si on veut exister dans notre métier, c’est en différenciant par rapport à nos concurrents», ajoute-t-il encore. «Il y a deux ans, on a donc commencé à faire des farines bios à base de blé bio luxembourgeois. Cette année, en 2020, on a commencé à écraser de l’épeautre pour en faire de la farine. Sous notre marque «Le Moulin», lors des prochaines années, on veut aussi lancer d’autres produits à bases de céréales luxembourgeoises. Il y a donc des choses auxquelles vous pouvez vous attendre sous notre nouvelle marque». Mais combien de personnes travaillent pour «Les Moulins de Kleinbettingen» aujourd’hui ? «Nous sommes 75 personnes», a confirmé le CEO de l’entreprise».

Jean Muller en quelques questions

Le luxe suprême, c’est ? C’est de passer du temps avec les gens que l’on aime, sa famille et ses amis. Quand on a un très beau moment en famille, mon père nous prend dans les bras et nous dit : « ça, c’est un moment qu’il faut savourer».

Revivre un moment de ma vie ? Ce serait le moment présent. Je suis devenu papa pour la deuxième fois. Et aujourd’hui, avec ma famille et dans mon métier, je suis un homme épanoui. Je suis heureux.

Si j’étais un mot ? La passion. Je suis quelqu’un qui arrive à se passionner pour les choses. Et j’aime bien être entouré de gens passionnés. Mon métier me passionne et la farine me passionne.

Ma plus belle victoire professionnelle ? J’espère qu’elle est encore à venir.

Mes achats, je les fais comment ? Je suis un consommateur moderne. J’achète peu sur Internet, mais ça m’arrive aussi, mais pour mon commerce alimentaire, je vais dans les petites épiceries et dans les grands supermarchés. Et je m’arrête souvent à proximité de la route où je suis. Aujourd’hui, par exemple, ma femme m’a demandé de faire les courses et elle m’a envoyé une belle liste. Je suis à Differdange, donc j’irai probablement dans le coin pour faire mes courses.

Réécoutez la séquence du vendredi 27 novembre 2020

Avant dernier épisode de la «Story» de Jean Muller, le CEO des Moulins de Kleinbettingen, ce jeudi. Comment cette entreprise bien connue au Luxembourg est-elle récemment parvenue à percer le marché américain? «C’est avec les préparations pour crêpes, pancakes et gaufres. Quant aux pâtes luxembourgeoises, elles sont sorties il y a deux mois. On a lancé ça à la rentrée en octobre 2020. La marque s’appelle «Le Moulin», tout simplement. Et l’idée, c’est vraiment d’avoir des produits sous cette marque où on a des pâtes, des farines… C’est de prendre la matière première luxembourgeoise que l’on a cultivé avec des agriculteurs luxembourgeois dans une culture raisonnée. Et d’en faire de bons produits».

Mais qui sont les clients des Moulins de Kleinbettingen? «Les boulangers sont une partie importante de notre clientèle», confirme Jean Muller. «Mais on livre aussi de la farine pour des gens qui font des pizzas, des biscuits ou encore des gaufres. On a aussi notre deuxième métier qui est de moudre du blé dur pour faire de la semoule livrée à des producteurs de pâtes, de lasagnes ou de couscous».

En affirmant que le meilleur blé d’Europe est au Luxembourg, Jean Muller s’est-il laissé pousser du col?«J’ai effectivement dit cela lors de plusieurs entretiens», reconnaît-il. «Aujourd’hui, la qualité d’une farine, c’est la qualité et la quantité de ses protéines. Au Luxembourg, dans le programme, «Produits du terroir», on a une qualité de blé qui s’appelle «Blé E» qui sont des blés améliorants. Ils sont utilisés dans d’autres pays pour améliorer des blés de moins bonne qualité. Dans d’autres pays, cela fait 2 ou 3% du blé. Et au Luxembourg, c’est plus de 50% de la récolte totale. C’est ce qui nous permet de faire des farines sans additif. Quand on a un blé d’une qualité tellement élevée, avec cette farine, on arrive à obtenir de bons résultats sans additif».

Jean Muller en quelques questions

Mon rapport avec l’argent? C’est quelque chose qui me permet de réaliser des projets. Donc, c’est important, mais ça ne doit pas être le centre de tout.

Une personne qui m’a bluffé? Notre ministre de la Santé, Paulette Lenert. Je n’avais jamais entendu son nom avant (la crise du Covid-19) et quand on voit aujourd’hui l’importance qu’elle a prise et comment elle rassure les Luxembourgeois grâce à sa gestion de la crise… Je trouve que c’est admirable. En tant que Luxembourgeois, on peut être fiers d’avoir une telle ministre de la Santé.

Quelle couleur dans une boîte de crayons de couleur? Une seule couleur, une couleur que j’aime bien, le bleu. Mais dans la vie, je crois qu’il faut prendre différents crayons. Des couleurs différentes en fonction de la situation. J’aurais donc du mal à en choisir une.

Réécoutez la séquence du jeudi 26 novembre 2020

Dans le troisième épisode de la Story de L’essentiel Radio, Jean Muller continue de se dévoiler au micro de Jean-Luc Bertrand. «Mon combat, c’est la qualité», a réaffirmé d’emblée le CEO des Moulins de Kleinbettingen. «L’histoire du Moulin, c’est de faire des produits de haute qualité, mais c’est plus que ça, car c’est aussi du local et du durable. Mon père, en 1995, avec la Chambre d’agriculture, a lancé le programme «Produits du terroir». Donc l’idée, c’était de produire du blé de qualité au Luxembourg, tout en respectant la nature. C’est aujourd’hui un programme qui fait plus de 50% de toute la récolte luxembourgeoise qui est un programme local et durable avec des blés de qualité élevée pour faire de la farine de qualité élevée. Et après, du pain de qualité».

Aux Moulins de Kleinbettingen, vous affirmez avoir trois métiers, qu’est-ce que ça veut dire? «Je dirais qu’aujourd’hui, on a même plus de métiers que ça», complète Jean Muller. «On aime se voir comme des producteurs et des transformateurs de céréales pour faire des produits à haute valeur ajoutée. On produit de la farine, de la semoule, mais aussi de la farine d’épeautre».

Le Moulin, c’est quoi en chiffres? «Aujourd’hui, on écrase 130 000 tonnes de blés», affirme Jean Muller. «Cela fait beaucoup pour une récolte de blé qui est de 30 000 tonnes au Luxembourg. On est 75 personnes, mais ce programme «Produit du terroir», c’est 250 agriculteurs engagés, 3 000 hectares et 18 000 tonnes récoltées chaque année».

Jean Muller en quelques questions

Quand je ne travaille pas? Aujourd’hui, je change des couches. Je suis devenu papa pour la deuxième fois. C’est un deuxième petit garçon. C’est beaucoup de travail et c’est beaucoup de plaisir.

Un souvenir de mes 18 ans? Ce sont les années lycées et beaucoup d’amitiés forgées qui existent encore aujourd’hui. Beaucoup de bons souvenirs, mais je me rappelle aussi d’un jeune homme qui avait beaucoup de certitudes et qui aujourd’hui a changé d’avis sur beaucoup de choses. C’est une leçon pour la vie, il faut rester ouvert sur différentes idées et ne pas toujours prendre mes avis pour des certitudes.

Réécoutez la séquence du mercredi 25 novembre 2020

Les pâtes des Moulins de Kleinbettingen, cela fait longtemps ou c’est nouveau? «C’est nouveau et ce sont des pâtes à partir de blé dur luxembourgeois», se félicite Jean Muller. «Le blé dur représente 50% de ce que l’on fait aujourd’hui, donc on produisait toujours de la semoule pour des producteurs de pâtes. Il faut aussi savoir que le blé dur n’existait pas au Luxembourg, car à la base, c’était une matière première qui poussait plus au sud. Et donc il passait très mal l’hiver. Aujourd’hui, les hivers sont devenus un peu plus cléments et on a travaillé, maintenant pendant quatre ans, pour adapter des variétés au sol luxembourgeois. On a commencé ce travail en 2016 et c’est maintenant lors des deux dernières récoltes que l’on a trouvé les bonnes variétés pour les agriculteurs et pour avoir une semoule de qualité. Et faire des pâtes de qualité. Des deux dernières récoltes, on a récolté 1 000 tonnes. Ce sont donc les premières pâtes à base de blé dur luxembourgeois».

Réécoutez la séquence du mardi 24 novembre 2020

Et les produits des Moulins de Kleinbettingen s’exportent désormais aux quatre coins de la planète. Ils ont notamment intégré un marché «qui n’est pas simple», celui des États-Unis, mais par quel moyen? «On a commencé notre aventure aux États-Unis, il y a un peu plus de deux ans», souligne Jean Muller. «On s’est rendu compte qu’il y avait une très forte demande, surtout sur la côte Est et sur la côte Ouest de produits européens naturels et sans OGM. D’autres entreprises familiales qui font partie de nos clients, sont aussi présentes là-bas, alors on s’est dit pourquoi pas tenter notre chance là-bas?».

Réécoutez la séquence du lundi 23 novembre 2020

«Sacrifice» est le premier titre de Jean-Muller à intégrer sa playlist. «Car je suis un grand fan d’Elton John», a-t-il reconnu. «J’ai été le voir deux fois en concert. C’est une musique qui me parle tant par les paroles que par les mélodies. Je suis un pianiste amateur, je ne suis pas très bon, mais j’adore jouer et je m’essaie aussi aux chansons d’Elton John. Le titre «Blue eye» me rappelle également des souvenirs avec deux amis, Jean-Philippe et Antoine, que je salue au passage, car on chantait cette chanson aux sports d’hiver. Au piano, je reprends «Can you feel the love tonight?». Mes voisins m’ont demandé d’arrêter de jouer cette chanson, car c’est une des seules que je sais jouer».

La bande originale de Forest Gump, film sorti en 1994, est le deuxième titre à intégrer la playlist musicale de Jean-Muller, «car c’est une chanson que j’adore écouter et qui me transporte», reconnaît Jean Muller. «J’essaie aussi de la jouer au piano. J’adore les mélodies où il y a du piano dedans et qui transportent une émotion. C’est aussi l’époque où le film est sorti, je devais avoir 14-15 ans. Donc ça me rappelle des émotions et des souvenirs. Pour mes voisins, je les «rassure», je ne suis qu’au début et je ne la maîtrise pas encore». «Wonderwall», du groupe Oasis est le troisième titre de la playlist de Jean Muller. «C’est un titre qui me met de bonne humeur», dit-il. «Et cela me rappelle surtout des vacances passées avec de très bons amis en Turquie, il y a quelques années. On écoutait cette chanson à la plage».

«Vous ne vous êtes pas trompés, j’ai bel et bien choisi cette chanson», a confirmé Jean Muller lors de la diffusion du 4e titre. «Cette chanson « Vivre en bleu», c’est une chanson sur la vie de Picasso et c’est un spectacle music-hall que l’on avait été voir, mes sœurs, mon père et moi, avec ma maman qui est malheureusement décédée, il y a deux années. Elle m’était toujours beaucoup d’énergie pour nous intéresser à la culture et à l’art et c’est d’elle que j’ai cette passion pour le music-hall. Quand j’entends cette chanson, ça me rappelle ma maman et de bons souvenirs. Je n’avais pas 18 ans donc, c’est un titre sorti entre 1995 et 1999». Dernier choix de la playlist de Jean Muller, le boys band «New Kids on the Block» et son titre «Step by Step». «J’étais en vacances chez mes cousines au Luxembourg», se souvient-il. «Et je m’étais acheté la première cassette de ce groupe que j’écoutais toute la journée».

La playlist de Jean-Muller

(Frédéric Lambert / L'essentiel )