VIH au Luxembourg

20 septembre 2017 12:14; Act: 20.09.2017 15:18 Print

Plus de 420 000 seringues distribuées en 2016

LUXEMBOURG - Même si le gouvernement met les moyens pour distribuer des seringues propres, les transmissions du VIH liées à la consommation de drogues sont en nette augmentation.

storybild

En 2016, 423 000 seringues stériles ont été distribuées au Luxembourg. (photo: Editpress/Anne Lommel )

  • par e-mail
Sur ce sujet

Depuis quelques années, des seringues sont distribuées aux toxicomanes du Luxembourg, pour enrayer la transmission du VIH. En 2016, 423 000 seringues et aiguilles stériles ont été distribuées dont 94% ont ensuite été recollectées, selon des chiffres publiés ce mercredi par la ministre de la Santé, Lydia Mutsch, en réponse à des questions de la députée Josée Lorsché.

Celle-ci s'inquiétait des nouvelles infections au VIH. Le comité de surveillance du sida a ainsi répertorié 98 nouveaux cas en 2016, dont 21 liés à l'usage des drogues à injection. Selon la ministre de la Santé, «les nouvelles infections au VIH associées à l'usage de drogues ont diminué de façon marquée sur de nombreuses années». Un phénomène, selon la ministre, davantage marqué «depuis la mise en place de la première salle de consommation supervisée de drogues en 2005».

De la seringue à l'inhalation

Une affirmation à nuancer, toutefois. Si le nombre de contamination par injection a bien baissé de 8 cas en 2005 à 4 cas en 2006, la tendance est devenue, entre-temps, plutôt inquiétante depuis 2014. Ainsi, selon les rapports du comité de surveillance du sida, le chiffre a explosé de 7 en 2013 à 19 en 2014, puis 20 en 2015 et 21 en 2016. Lors de la présentation du dernier rapport du comité, en août dernier, son président Vic Arendt avait évoqué la Fixerstuff. «Ce genre d'endroit a permis de grosses avancées, avec la réduction du nombre d'overdoses. Le revers de la médaille, c'est qu'il augmente le risque de contamination, lorsque les personnes s'échangent des seringues», s'était-il ainsi inquiété.

«Des mesures complémentaires sont discutées dans le cadre de l'élaboration du prochain plan d'action national VIH», précise Lydia Mutsch. «La disponibilité d'offres spécialisées, diversifiées, gratuites et accessibles n'est pas un garant absolu de l'utilisation de ces dernières», ajoute-t-elle, rappelant également qu'une seconde Fixerstuff doit ouvrir en 2018, à Esch-sur-Alzette. D'ici là, les travailleurs sociaux essayent de faire passer les toxicomanes de la seringue à l'inhalation. Ce qui a «porté ses fruits, notamment au sein de la structure Abrigado, à Luxembourg-Ville, avec comme résultat que plus de 40% des usagers pratiquent l'inhalation» dans la salle de shoot...

(JW/L'essentiel)