Au Luxembourg

02 février 2021 11:53; Act: 02.02.2021 13:32 Print

La prise en charge des suicidaires doit s'améliorer

LUXEMBOURG - Le plan national de prévention du suicide a fait l'objet d'une analyse. Le Luxembourg peut progresser sur plusieurs points, notamment l'accès aux soins.

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La dépression et les pensées suicidaires peuvent toucher tout le monde.

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Au Luxembourg, 15,2% des 12-18 ans ont déjà sérieusement pensé au suicide. Et 28% se sont déjà sentis si tristes ou désespérés qu'ils ont arrêté leurs activités habituelles. Un problème qui ne se limite pas à l'adolescence. En effet, 21,5% des 25 à 64 ans présentent des symptômes dépressifs, 10% des 50 ans et plus ont eu des idées suicidaires. En outre, près de la moitié (48,3%) des plus de 50 ans se sont sentis tristes ou déprimés au cours du mois précédant le sondage. Ces données inquiétantes font partie du rapport d'évaluation du Plan national de prévention du suicide, présenté mardi matin.

Selon les chiffres les plus récents, 58 personnes ont mis fin à leurs jours en 2018, contre 66 en 2017, 61 en 2016 ou 81 en 2015, année de lancement du Plan national. Si le taux de mortalité due au suicide tend à baisser, le rapport met en lumière des points faibles dans la politique nationale de lutte contre ce fléau. «Une des principales faiblesses est la question de l'accès aux soins», estime Véronique Louazel, l'auteure du rapport. «La prévention du suicide est liée à la prise en charge la plus précoce possible. Là, il y a une vraie carence». Il faudra donc améliorer l'information sur où orienter une personne qui présente des pensées suicidaires ou un état dépressif, avoir des filières de détections avec une offre plus souple et réactive.

«Deux secteurs à risque: l'école et l'entreprise»

Ainsi, si plus d'un millier de professionnels de première ligne ont été formés à repérer les tendances suicidaires, ces formations doivent continuer et se renforcer. Pour l'heure, 85% de ces formations ont concerné des travailleurs du secteur médicosocial. Le rapport recommande qu'elles ciblent aussi à l'avenir les professionnels de santé libéraux (médecins, kinés, infirmiers etc.) ou encore ceux qui s'occupent de soins somatiques, prenant par exemple en charge les patients hospitalisés après un accident.

Ces formations devront aussi s'adresser aux enseignants. En effet, selon Véronique Louazel, l'autre gros point faible du rapport concerne «deux secteurs à risque: l'école et l'entreprise. Il y a là du travail à faire» pour permettre une meilleure détection des tendances suicidaires. «Ce sont des secteurs difficiles à appréhender et le suicide y reste relativement tabou», selon le rapport, qui recommande de «développer un environnement favorable à la santé mentale en entreprise et à l'école». Autre défaut du plan: 11 des 33 actions qu'il voulait mettre en œuvre ne l'ont pas encore été, faute de moyens accordés à une bonne coordination interministérielle.

Pour le reste, le plan de prévention a permis de commencer à résoudre le problème, avec l'information au public, des guides et des campagnes spécifiques sur la dépression, par exemple. Pour la ministre de la Santé, Paulette Lenert, le rapport, qui doit aussi être discuté à la Chambre des députés, constitue «une bonne base pour discuter notre action sur ce thème». La santé mentale doit ainsi être «bien sûre prise en compte» dans le prochain Plan national santé.

(jw/L'essentiel)