Attaque de Strasbourg
12 décembre 2018 11:39; Act: 12.12.2018 13:29 Print
«Nous avons dû passer la nuit au Parlement»
STRASBOURG/LUXEMBOURG - Plusieurs eurodéputés luxembourgeois ont été confinés avec leurs équipes à l'intérieur du Parlement européen, après l'attaque.
«À Strasbourg, nous étions tous logés à la même enseigne». Comme les habitants de la ville, l'eurodéputé luxembourgeois Charles Goerens (DP) a vécu une soirée particulière mardi, au moment de l'attaque meurtrière aux abords du marché de Noël. Comme les 2 000 personnes présentes dans l'enceinte du Parlement européen pour la séance plénière, l'homme politique luxembourgeois «s'est retrouvé bloqué pour raisons de sécurité au moment de regagner l'hôtel aux alentours de 20h30».
Après avoir appris qu'il s'agissait d'une attaque au centre-ville, les eurodéputés ont attendu. Longtemps. «Le président nous a finalement réuni aux alentours de 2h30 pour nous expliquer que nous pouvions sortir... à nos risques et péril». Comme la plupart de ses collègues, Charles Goerens a donc décidé de «passer la nuit au Parlement».
«Certains étaient couchés sur les bancs, d'autres sont allés au bar», raconte-t-il. «Mais il n'y a pas eu de panique, nous ne sommes pas à plaindre. Nos pensées vont aux victimes. Malheureusement ce type d'événement peut survenir partout, même dans un endroit très surveillé comme le marché de Noël».
«Plus calme qu'à Bruxelles»
Chef de bureau de Tilly Metz, députée européenne (Déi Gréng), Meris Sehovic se trouvait lui aussi à Strasbourg au moment des faits. «Au moment où la procédure de "lockdown" a été déclenchée, plus personne ne pouvait rentrer ou sortir du Parlement européen que nous avons pu quitter vers 3h du matin», précise-t-il ce mercredi.
«Nous avons rapidement rassuré nos proches et tenté de savoir si nos collaborateurs étaient sains et saufs. J'étais déjà présent à Bruxelles lors des attaques de mars 2016 à l'aéroport et à la station de métro Maelbeek et j'ai pu remarquer que le protocole de sécurité s'était amélioré. Tout le monde est resté calme. Ce matin, nous sommes un peu éprouvés et nous avons une pensée pour les victimes. Le président du Parlement nous a indiqué que nous devions reprendre le travail en raison d'un agenda chargé».
Le Parlement européen a finalement repris son travail, ce matin. Sans rien changer à son programme. Parti dans l'après-midi de Strasbourg, mardi, Frank Engel (CSV), eurodéputé luxembourgeois, se félicite de la poursuite normale de l'activité. «L'interrompre, ce serait tomber dans le pièges de ces personnes», explique-t-il en chemin pour la capitale alsacienne.
(th/fl/L'essentiel)

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