Burn out au travail

16 février 2017 08:00; Act: 16.02.2017 16:57 Print

«Devait-​​on attendre que le Luxembourg légifère?»

LUXEMBOURG - De 15 à 43% des salariés seraient concernés par le burn out au Grand-Duché. Mais la plupart attendent d'être considérés comme des victimes.

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Les coûts de l'absentéisme lié au mobbing sont de 100 millions d'euros par an au Luxembourg. (photo: L'essentiel/Jonathan Vaucher)

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op Däitsch
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Plus de 15% des salariés ressentent un épuisement continuel au travail, selon le Quality of Work Index 2016. En 2005, dans une enquête de l’OGBL, un quart de la population estimait que le stress était trop élevé et 9 personnes sur 10 pensaient que ça n’irait pas en s’améliorant. Le burn out, reconnu comme «risque professionnel» en Belgique depuis 2014 et bientôt comme maladie du travail, va être reconnue en France aussi. Au Luxembourg, pas question d'en faire une «maladie professionnelle». «Ce n’est pas à l’ordre du jour. De plus, globalement, il y a une amélioration des conditions de travail au Luxembourg», explique le porte-parole de Nicolas Schmit, ministre du Travail, à L'essentiel. Pourtant, les différentes statistiques présentées par le gouvernement au Luxembourg ces dernières années évoquent jusqu’à 43% des salariés en situation de stress.

«Devait-on attendre que le gouvernement légifère? Nous avons décidé de prendre les devants», explique l’ASBL Association pour la Prévention et Gestion du Stress (APGS) basée au Luxembourg. Lancée fin 2016, elle opère aussi dans le secteur de Longwy et d’Arlon. «C’est un travail quotidien, avec des activités culturelles et physiques, pour remonter la pente. On complète les offres de prévention», détaille la bénévole Odette Sangaré, contactée par L'essentiel. Bien souvent, un burn out crée de nouveaux problèmes. «Quand on est 32 semaines en maladie, ça veut dire aussi qu’on perd son boulot, qu’on devient irritable avec ses proches, qu’on a des problèmes de libido…» Pour l’APGS, le travail ne s’arrête donc pas au curatif. «Déjà, certains médecins sont très mauvais en primo-diagnostic, mais ensuite que fait-on du malade? On lui donne du repos et des cachets. Ou on l’envoie chez le psy deux heures par semaine. Ou dans un hôpital psychiatrique, enfermé deux mois.»

«Des patients errent pendant des mois»

À son retour dans la société, en plus du mental, le patient doit retrouver physique et sociabilité, surtout s'il a été admis en hôpital et s'est senti enfermé pendant de longues semaines. «Les horaires des sorties autorisées par la CNS sont parfois un obstacle à cette reconstruction», affirme la bénévole. Sans compter les problèmes cardiaques ou moteurs liés au stress permanent et à la fatigue musculaire: «certains ont du mal à faire 500 mètres à pied, comment peuvent-ils avoir la force d'aller dans un centre de sport?» Pour répondre à ces questions, l'initiative de l'APGS propose des réponses «compatibles» à ces prérogatives, orientées autour des activités sportives, de self-defense, de yoga en lien avec professeurs de sport, thérapeutes, psychologues et sophrologues, ou encore des activités culturelles pour se «re-sociabiliser».

Un programme qui est notamment calé sur celui de la Klinik Berus, spécialisée en psychosomatique, près de Sarrelouis. «C’est une clinique ouverte, on peut y entrer et sortir, mais il n’y a qu’une trentaine de places», dit Odette Sangaré, qui reste confiante sur les bienfaits prévus du projet Sport-Santé lancé au Luxembourg fin novembre. «Ça commence à bouger mais on est loin du compte». En attendant, le burn out est classé comme «dépression» ou «psychose» dans la grille des maladies de la CNS. «Sauf que ce ne sont pas les bonnes maladies. Les gens que j’ai rencontrés errent des fois des mois sans comprendre le danger vital». De son côté, le ministère du Travail défend «des efforts dans le domaine de la santé au travail et la prévention des maladies».

Le burn-out, une maladie méconnue et en expansion:

(Jonathan Vaucher/L'essentiel)

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Les commentaires les plus populaires

  • ouvrier le 16.02.2017 09:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il y a uniquement la rendement et le fric qui compte dans ce pays! Le travail se déshumanise de jour en jour, les dépressions et burnouts sont très courant. J'en ai été moi même victime comme de nombreux amis. Toutes les administrations et les politiciens sont au courant et rien ne bouge. Pendant ce temps là on exploite jusqu'à la moelle les salariés. Bientôt on verra dans les annonces de travail : Bonne gestion du brunouts, fourniture d'un traitement à l'embauche si besoin!

  • Burnout le 16.02.2017 09:20 Report dénoncer ce commentaire

    Je ne le souhaite à personne mais il faut le vivre pour pouvoir en parler. Bien sûr qu'il y a de l'abus, comme partout : cest le défaut de l'être humain. Quand je lis certains commentaires (head of Department - pour ne pas le citer), je me dis qu'on est à des années lumières. Moi je suis tombée et je peux vous dire que mes heures, je ne les ai jamais comptées. Et c'est là que le danger arrive. Pour ca faut des managers à la hauteur qui bottent les fesses des tir-au-flanc et qui canalisent les bosseurs. Mais aujourd'hui il faut tout, tout de suite. Résultats : les bons éléments tombent

  • saint le 16.02.2017 12:10 Report dénoncer ce commentaire

    Certes certains travaillent trop mais aussi trop d'écrans.. trop de stimuli... trop de FB... trop d'emails... trop de temps à s'occuper de son image et son paraitre... trop de trop... Le burn out guette mais ce n'est pas que le travail qui en est à l'origine. Le plus important est oublié... la vraie vie...

Les derniers commentaires

  • jacinthe le 04.03.2017 12:41 Report dénoncer ce commentaire

    le problème avec le burn-out, comme pour le harcèlement moral au travail, c’est qu’il n’y pas de pathologie psychologique spécifique, donc difficile de prouver que c’est causé seulement par les conditions de travail :

  • polo le 17.02.2017 07:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dans une boîte de sécurité au lux les heures sans compter la fatigue le froid devant les Barriere le manque de respect de nos responsables le chantage et menace de punition des qu on se rebelle ça pousse au bien out on pleur on Pete les plombs et le latin on serre les dents pour ne pas subbir et être la victime du jour épuisant voir tuant à petit feu chez moi presque tous les simples agents n en peuvent plus mais personne ne fait rien triste vérité.

    • Jules le 17.02.2017 13:59 Report dénoncer ce commentaire

      Les bons éléments dans le métier de la sécurité, ne se plaignent pas, puisque c'est ce métier qu'ils ont choisi. Les tires au flancs, eux c'est différent - reste à lire le message de POLO pour comprendre et voir ce qu'est un tire au flanc.

  • claudia le 16.02.2017 23:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Minouch je te comprends à 1000000% je sais ce que c'est c'est une maladie affreuse c'est aussi mon combat et seuls ceux qui sont passé par là peuvent comprendre car les autres disent que c'est nous qu'on doit se bouger etc...mais les phases où la maladie prend le dessus et est plus forte que nous c'est impossible donc avant de juger lisez et apprenez à savoir ce que c'est car ça nous pourri la vie cette maladie!!!il y a des chanceux chez qui ça ne revient plus mais attention risque de rechute à tout moment...et ceux pour qui cette horreur sera leur "meilleur ami "pour la vie...et je trouve ça aberrant que cette maladie ne soit pas reconnu ici...bon courage à tous ceux qui comme moi passent par là ...

  • TramO le 16.02.2017 20:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une amélioration des conditions de travail. Mais on croit rêver !! C'est bizarre dans les entreprises on sent bien que ces soit disant améliorations ne sont ressentis qu'à sens unique, soit sur le dos des salariés !

  • triste mais.. le 16.02.2017 17:52 Report dénoncer ce commentaire

    La dépression semble arriver sans prévenir, le burnout est different, non? Biensur on a le droit de le soigner une fois qu'il est la..Mais j'entends tous ces gens dire 'j'en peux plus' 'je suis débordé' et se donner comme des dingues. Pourquoi attendre que le burn out arrive. J'ai quitté un job ou on ne respectait pas l'humain, un autre qui ne me permettait pas une vie privée. Il faut savoir dire stop. Et oui c'est prendre un risque,.. l'emprunt maison, la sureté de l'emploi etc etc...j'ai surtout pris le risque de trouver mieux. Ne pas etre tire au flanc, ni fou de boulot,juste milieu.