Au Luxembourg

15 juin 2018 13:49; Act: 15.06.2018 15:12 Print

La dette publique pourrait exploser après 2041

LUXEMBOURG - Le Conseil national des finances publiques s'inquiète d'une forte hausse de la dette de l'État à long terme.

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Yves Nosbusch, président du CNPF, a livré les prévisions à long terme concernant la dette de l'État. (photo: Editpress/François Aussems)

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Le Luxembourg va respecter dans les prochaines années les critères budgétaires en vigueur et il ne court pas de risques pour ses finances publiques à moyen terme. C'est ce qui ressort d'un rapport publié ce vendredi par le Conseil national des finances publiques (CNFP). Mais, en regardant plus loin, la situation est plus compliquée, avertit le CNFP. Ainsi, à politique inchangée, l'endettement public dépassera 30% du PIB en 2041. Ensuite, c'est l'explosion avec une dette à 156% du PIB en 2060 et 286% en 2070.

Le Luxembourg fait face à «un risque élevé pour la soutenabilité à long terme de ses finances publiques», a prévenu Yves Nosbusch, président du CNFP, en présentant ce rapport. Un risque particulièrement lié au vieillissement de la population, avec les pensions et l'assurance dépendance. Ainsi les dépenses liées au vieillissement augmenteraient de 2,6% par an de 2060 à 2070 pour atteindre 28,8% du PIB dans 52 ans contre 17% en 2018.

Un million d'habitants

Le tout se fait aussi sur fond d'augmentation de la population avec, selon de nouvelles prévisions légèrement à la baisse, 990 000 résidents en 2060 et 1,04 million en 2070. Selon le CNFP, il faut une action politique pour éviter cet écueil. «Il faut agir au plus vite. Plus on attend plus ce sera difficile» selon Yves Nosbusch.

Plus largement, le CNFP recommande aussi, entre autres, au gouvernement que l'impact de la réforme fiscale soit actualisé dans le futur projet de budget 2019 pour éviter les mauvaises surprises. Pour le reste, le CNFP juge les prévisions de croissance fiables en général mais les prévisions de croissance de l'emploi «significativement biaisées» et sous-estimées que ce soient celles du Statec ou celles de la Commission européenne.

Les soldes budgétaires des administrations publiques sont aussi largement sous-estimés ces dix dernières années avec une marge d'erreur de 712 millions d'euros, dans les prévisions de l'automne, et de 349 millions dans celles du printemps.

(Jérôme Wiss/L'essentiel)