Gestation pour autrui

01 mars 2013 16:55; Act: 01.03.2013 18:27 Print

«Pour aider, mais aussi pour l'argent»

LUXEMBOURG - Un supposé marché de mères porteuses marocaines a fait beaucoup parler ce vendredi, au Luxembourg. Christine, 22 ans, voudrait aider des couples à devenir parents. Elle se confie.

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Christine, 22 ans, aimerait aider des couples à réaliser leur rêve de fonder une famille. (photo: AFP)

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«Je suis une jeune femme, 22 ans, ne fume pas et ne bois pas. J'habite et travaille au Luxembourg. Si vous êtes intéressé vous me pouvez me contacter». Voilà le type de message que Christine laisse régulièrement sur des forums de discussion pour proposer ses services de mère porteuse. Contactée par L'essentiel Online, c'est en toute simplicité qu'elle répond à nos questions. Du haut de ses 22 ans, la jeune roumaine installée depuis 3 ans au Grand-Duché, se veut décidée. Législation, procédures médicales, tarifs en vigueur... Elle s'est «énormément informée sur le sujet».

«J'ai même pris rendez-vous avec des docteurs pour qu'on m'explique tout en détail. Je pense que cela doit être très difficile de ne pas pouvoir avoir d'enfants, donc dans mon cas c'est surtout pour aider», nous explique-t-elle, la voix tremblante, pleine d'empathie. Depuis qu'elle a pris la décision de devenir mère porteuse, une quarantaine de couples l'ont contactée via Internet. «Surtout de France et du Canada. Deux couples luxembourgeois ont aussi voulu faire appel à mes services», confie la jeune serveuse. Pourtant, elle n'a encore jamais donné naissance à l'enfant d'autrui.

De 3 000 à 30 000 euros par grossesse

«J'ai déjà eu des rendez-vous avec des couples intéressés et à deux reprises ça a failli se faire mais j'ai refusé». Une fois parce qu'on lui imposait de déménager et l'autre parce qu'on ne la payait pas assez. Car même si la jeune femme réfute être vénale, elle n'a pas peur de dire que «c'est aussi pour l'argent». Elle évoque des tarifs qui peuvent aller de 3 000 à 30 000 euros par grossesse. Si elle devait passer à l'acte, elle refuserait d’être payée en dessous de 1 100 euros par mois.

Mais abandonner son enfant cela doit être difficile? La jeune femme nous coupe tout de suite. «Ça ne sera pas mon enfant, ça ne sera pas mes ovocytes. Si je le fais ce sera avec un couple qui va beaucoup l'aimer». Et quand on évoque la question de la légalité, là aussi la jeune femme est bien informée. «Je sais qu'il y a un vide juridique au Luxembourg et que je ne serais donc pas protégée par la loi. Mais en Roumanie (NDLR: où la gestation pour autrui est autorisée) l'enfant pourra être adopté en toute légalité par les parents». Depuis, la jeune femme a eu des problèmes familiaux qui l’obligent à retourner régulièrement dans son pays d'origine. Son rêve devra donc attendre.

(Fatima Rougi/L'essentiel Online)