«Merde alors»

15 septembre 2018 22:16; Act: 17.09.2018 14:41 Print

Asselborn dénonce «une provocation calculée»

Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, est revenu sur son éclat face à Matteo Salvini. Il est choqué d'avoir été filmé en cachette, mais ne regrette rien.

op Däitsch
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«Tout le monde regardait au sol. Je ne pouvais pas laisser les choses se passer comme ça», a dit Jean Asselborn au Spiegel. Dans un article publié samedi après-midi par le magazine allemand, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, de l'Asile et de l'Immigration, revient sur l'incident qui l'a opposé au ministre italien de l'Intérieur, vendredi, lors d'une réunion en Autriche.

Le Luxembourgeois était sorti de ses gonds quand le ministre italien d'extrême droite avait parlé des Africains arrivant en Europe comme des «nouveaux esclaves». Jean Asselborn a alors évoqué, perdant peu à peu patience, les milliers d'Italiens qui sont venus au Luxembourg, avant de lâcher un «merde alors» qui est depuis en train de faire le tour de la Toile au Grand-Duché et au-delà. «Je maintiens ce que j'ai dit» sur les Italiens accueillis par le Luxembourg et sur l'Europe vieillissante qui a besoin de l'immigration légale, a réaffirmé Jean Asselborn au Spiegel.

Filmé en cachette

En revanche, retrouver une vidéo publiée, rapidement, sur les réseaux sociaux, y compris sur le compte Facebook officiel de Matteo Salvini, a choqué Jean Asselborn. Il estime que l'Italien lui a tendu un piège. «C'était une provocation exactement calculée», a martelé Asselborn au Spiegel. Il affirme que c'est devenu une habitude et que les conseillers de Matteo Salvini «filment systématiquement tout ce que dit Salvini». Mais vendredi, Jean Asselborn ne savait pas que la réunion était filmée en cachette.

Selon le Spiegel, enregistrer et publier une conversation à l'insu des autres participants est illégal en Autriche, pays où se déroulait la réunion. Le problème va plus loin, selon le chef de la diplomatie luxembourgeoise. «On ne pourra plus jamais avoir de discussions honnêtes» entre responsables politiques si ministres ou chefs d'État doivent craindre que leurs discussions soient enregistrées à leur insu. Un porte-parole du gouvernement autrichien rétorque qu'il n'y a pas de règles officielles pour ce type de faits dans l'Union européenne.

(L'essentiel)