Au Luxembourg

22 janvier 2019 07:00; Act: 22.01.2019 10:03 Print

Au centre de rétention, la fouille est très sévère

SANDWEILER - Un journaliste iranien qui a rendu visite à un de ses amis au centre de rétention, a été choqué par les conditions de la fouille.

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Haas Kourosh n'oubliera pas de sitôt sa visite du centre de rétention. (photo: Editpress)

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Haas Kourosh, 49 ans, se souviendra longtemps de sa visite au centre de rétention, vendredi dernier. Installé au Luxembourg depuis 19 ans, cet ancien rédacteur en chef du journal Liberté, en Iran, voulait prendre des nouvelles d'un ami, lui aussi iranien, arrêté quelques jours plus tôt parce que sa carte de séjour n'avait pas été renouvelée.

Dès son arrivée, Haas a aussitôt été pris en charge par un gardien à l'accueil qui l'a accompagné jusqu'au portique de sécurité. «C'est comme à l'aéroport. J'ai enlevé mes chaussures, ma ceinture... Jusque-là, rien d'anormal».

Une fouille «dans le respect de la dignité humaine»

Un second gardien l'amène alors quelques mètres plus loin, «dans une salle d'à peine 2 m²», et lui demande de se déshabiller. «Il a voulu inspecter mon caleçon et là j'ai dit stop. Je me suis senti insulté dans ma dignité», relate l'ex-journaliste, qui a décidé de rebrousser chemin. Contacté, le ministère des Affaires étrangères confirme les faits et explique que l'attitude des gardiens est «normale et légale».

La procédure est décrite dans l'article 15 de la loi du 28 mai 2009 sur l'organisation du centre de rétention. «À l’exception des avocats et des médecins, les visiteurs ainsi que leurs effets et bagages peuvent être contrôlés avant de pouvoir accéder au centre».

Quant à la fouille corporelle, elle doit être «réalisée dans le respect de la dignité humaine». «J'accepte la fouille, mais pas les conditions humiliantes dans lesquelles elle a été faite», dit Haas.

(Gaël Padiou/L'essentiel)