Sommet européen

25 juin 2021 12:55; Act: 26.06.2021 16:59 Print

Bettel se souvient d'un dîner avec son mari et Orban

LUXEMBOURG/BRUXELLES - Le Premier ministre «ne reconnaît plus» le dirigeant hongrois avec lequel il avait dîné en compagnie de son mari il y a quelques années.

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«Nous avons eu un échange direct, franc» sur la Hongrie, a indiqué le Premier ministre à son arrivée au deuxième jour du Conseil européen à Bruxelles. Xavier Bettel s'est rappelé: «un dîner que j'ai eu il y a 5-6 ou 7 ans avec Viktor Orban, à Budapest avec mon mari, et je ne reconnais pas le Viktor Orban aujourd'hui qui est autour de la table du Conseil européen, ce n'est pas le même», a-t-il regretté.

«Ça m'a beaucoup déçu et je le lui ai dit (...) C'est triste»: c'est le visage grave et visiblement affecté que le Luxembourgeois a conclu sa réponse, avant de retrouver le sourire pour répondre aux autres questions des journalistes.

Plus tôt, le Premier ministre avait indiqué qu'une «ligne rouge» avait été franchie et rejoignait ainsi les 16 autres chefs d'État ou de gouvernement de l'UE vent debout contre la législation hongroise qui prévoit que «la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l'identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans».

«La Hongrie n'a plus rien à faire dans l'UE»

Cette législation controversée a suscité un débat d'une virulence inhabituelle lors d'un sommet des Vingt-Sept à Bruxelles, selon des participants. «Ce n'était pas une discussion diplomatique, c'était plutôt une confrontation», a commenté le Premier ministre belge Alexander De Croo, jugeant ce moment «assez historique». De Croo a souligné que «la quasi-unanimité» des leaders avait critiqué Viktor Orban qui n'a pu compter que sur le soutien de son homologue polonais et «un peu» du Slovène.

«La discussion a été animée et très, très franche», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. «Nous avons tous été très clairs sur les valeurs fondamentales auxquelles nous tenons». Très offensif, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a affirmé que la Hongrie, avec sa loi, n'avait «plus rien à faire dans l'Union européenne». Il a lancé à Viktor Orban que si les valeurs de l'UE ne lui convenaient pas, il n'avait qu'à activer l'article 50 du traité «qui a été créé pour cela» et quitter l'Union - comme l'ont fait les Britanniques -, selon une source européenne.

«La Hongrie ne veut pas quitter l'UE»

«La loi ne concerne pas les homosexuels (mais) la façon dont les parents veulent faire l'éducation sexuelle de leurs enfants», s'est défendu Viktor Orban, accusant ses homologues européens de ne pas l'avoir lue. «La Hongrie ne veut pas quitter l'UE. Au contraire, nous voulons la sauver des hypocrites», a tweeté la ministre hongroise de la Justice, Judit Varga.

Le texte controversé a valu à Budapest une lettre de remontrances de la Commission, qui lui a donné jusqu'au 30 juin pour répondre. L'exécutif européen a le pouvoir d'entamer des procédures pour violation du droit européen pouvant mener à une saisine de la Cour de justice de l'UE et à des sanctions.

(mc//L'essentiel/AFP)