Avortement

22 novembre 2012 07:20; Act: 22.11.2012 10:38 Print

«C'est un sujet tabou dans tout le Luxembourg»

LUXEMBOURG - Alors que les députés doivent voter ce jeudi après-midi la réforme de l'IVG, «L'essentiel» a recueilli le témoignage d'Émilie*, jeune luxembourgeoise.

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Son avortement était tabou. Dans sa famille, interdiction d'en parler. (photo: dr)

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«En fait, mon avortement était une réduction médicale, parce que j'avais une grossesse multiple. Tous les enfants n'auraient pas été viables, et ma vie aurait été en jeu si je ne m'étais pas séparée de l'un d'eux». Tout s'est bien passé, mais Émilie regrette le manque de suivi après l'intervention. «Comme je n'avais pas mal, on m'a dit que je pouvais rentrer chez moi. Par la suite, on ne m'a jamais demandé si j'allais bien ou proposé de suivi psychologique», dit Émilie. La jeune femme a eu plusieurs rendez-vous avec son gynécologue, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) a été pratiquée par ce dernier et un autre médecin.

«Le travail était très minutieux, car il fallait extraire l'un des trois embryons sans nuire aux autres», se rappelle Émilie. «Ils ont attendu jusqu'à la limite légale pour que les embryons soient assez grands. Pas le choix, pour des raisons éthiques. C'est celui qui était le plus accessible qui a été enlevé. Par la paroi abdominale, ils ont injecté un produit qui a fait s'arrêter de battre le cœur de l'embryon. Jamais je n'ai entendu parler d'une possibilité pour que tous viennent au monde. Parfois, quand je regarde mes enfants, je me demande comment ce serait si l'autre était là aussi».

Elle en rêve la nuit

Son avortement était tabou. Dans sa famille, interdiction d'en parler. Et son mari n'était pas très réceptif. «Comme l'IVG s'était bien passée, pour lui l'histoire était close. J'ai dû régler le problème toute seule. Ce qui me dérange, mais que je comprends à la fois, c'est que, d'un point de vue médical, un embryon n'est pas encore un bébé. Pour une mère par contre, si», regrette finalement Émilie.

«Au début, je n'ai pas réalisé le problème que ça me posait, j'étais enceinte, il fallait organiser plein de choses. Ce n'est que lorsque j'ai commencé à en rêver que je me suis posé des questions». Depuis, Émilie en a parlé avec d'autres personnes dans son entourage et a réalisé que beaucoup ont eu recours à une IVG à un moment de leur vie, ou connaissent quelqu'un dans leur famille qui est passé par là. «J'ai réalisé que c'est un sujet tabou dans tout le Luxembourg», termine-t-elle.

*Le prénom a été changé

Chloé Murat

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Commentaires sélectionnés

J'ai témoigné sur un autre article (église contre avort.) et on lisant les réactions des gens on voit très bien que c'est tabou. La femme est décrite comme tête en l'air, égoiste et pas consciente de ses actes (avant et après avortement). Je vit depuis 10 ans avec un foetus mort sur ma conscience et il n'y a pas un jour ou je pense pas à mon acte. Une aide psychologique je la cherche toujours. Une exemple de réaction: Tu l'as voulu alors assume maintenant. Alors je reste dans mon silence pour pas être stigmatiser.... – une femme

Les commentaires les plus populaires

  • franci le 22.11.2012 12:33 Report dénoncer ce commentaire

    Quels pitoyables commentaire a ce sujet.On ne doit pas rigoler avec ça.La femme vivra toute sa vie avec le doute si j'avais avorte.... Faut que nous donnons un support et un aide,soit psychologique que morale.Dans des cas pareils on est toujours toute seule et le mari la plupart des fois écoute les conseil de ses parents,chrétiens,moi je dirais crétins,qui ont honte pas pour le geste mais pour :que-ce-que vont dire les voisins?Ca c'est le LUXEMBOURGEOIS. Pas tous j'espère.

  • fl072 le 22.11.2012 08:51 Report dénoncer ce commentaire

    tout à fait, l'IVG n'existe pas au Luxembourg, on pratique seulement des "curetages"!

  • Tabou le 22.11.2012 23:07 Report dénoncer ce commentaire

    pseudo-interview d'une naïve par in naïf. Avant les Luxembourgeoises avotaient en Suisse ou aux Pays-Bas. Ensute chez leur gynéco et maintenant en on parle. Mais en faisait toujours. Y compris dans les rangs CSV. Parlez donc aux anciens di Planning qui venait quédemander des adresses à l'étranger!

Les derniers commentaires

  • Femme adulte le 22.11.2012 23:11 Report dénoncer ce commentaire

    ...je n'ai aucun regret. L'aspiration a pris cinq minites au cabinet du médecin. J'ai pu partir au bout de 10 mn. L'après-midi, j'ai repris mon travail. A peine un peu de tiraillement au ventre. J'ai assumé mon libre choix et je continue de le faire.

  • Tabou le 22.11.2012 23:07 Report dénoncer ce commentaire

    pseudo-interview d'une naïve par in naïf. Avant les Luxembourgeoises avotaient en Suisse ou aux Pays-Bas. Ensute chez leur gynéco et maintenant en on parle. Mais en faisait toujours. Y compris dans les rangs CSV. Parlez donc aux anciens di Planning qui venait quédemander des adresses à l'étranger!

  • Emilie le 22.11.2012 14:04 Report dénoncer ce commentaire

    en lisant cet article, on dirait que l'avortement est une chose grave. Je suis tombée enceinte malgré la pillule (il y a 10 ans). J'ai décidé d'avorter, car je ne sentais pas du tout prête. Je n'ai aucun regret et aucun traumatisme. Je l'assume pleinement et n'y pense quasi plus. La seule chose traumatisante, ce sont les psy et les médecins qui vous culpabilisent. Surtout, la deuxième consultation qui ne sert à rien, si ce n'est que repousser l'intervention.

  • Julien le 22.11.2012 13:30 Report dénoncer ce commentaire

    Moi je pense que c'est facile de dire que l'on est contre l'avortement du moment qu'il ne s'agit pas de son futur enfant, car si l'enfant est mal aimé ou mal traité car il n'était pas désiré, dans ce cas là, ce n'est pas votre problème, vu que ce n'est pas votre enfant!!Malgré les moyens de contraceptions, l'erreur est humaine et un accident peut arriver. Vous n'avez pas à décider s'il faut ou non avorter à la place des personnes concernées, mélez vous de vos affaires!!! Par contre s'il s'agit de plusieurs avortements consécutifs, là c'est autre chose et un autre débat....

  • Une femme le 22.11.2012 13:24 Report dénoncer ce commentaire

    Bien sûr,l'avortement divise, mais ne soyons as dupe, il a et existera toujours.À une certaine époque, les jeunes filles se rendaient aux Pays-Bas pour subir une IVG sans doute le font elles encore aujourd'hui!! N'essayons pas d'être plus catholiques que le Pape,et modernisons nous. N'est ils pas préférable que ces jeunes filles subissent ne IVG chez nous dans de bonnes conditions,qu'ailleurs en prenant des risques,car ne soyons pas dupes, si elles veulent subir une IVG, elle la subiront!Et pour ceux qui pensent que c'est un acte anodin,détrompez vous, cet enfant non naît, on y pense souvent!