Au Luxembourg

11 octobre 2021 09:00; Act: 11.10.2021 09:37 Print

Elle a accouché d'un bébé mort-​​né et confie sa douleur

LUXEMBOURG – Une jeune maman a fait la douloureuse expérience de devoir donner naissance à un bébé mort-né. Son histoire doit parler à d'autres mères.

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«Il n’y a rien de pire que de perdre son enfant». C'est avec ces mots que Patricia* entame son récit, en larmes. Il y a quelques semaines, cette femme de 28 ans a dû faire face à une terrible épreuve en donnant naissance à un mort-né dans sa 30e semaine de grossesse. Elle souhaite aujourd'hui partager son histoire, afin de soutenir d'autres femmes ayant vécu le même drame qu'elle. D’autant plus que le 15 octobre est la Journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal. Au Luxembourg, le nombre de mort-nés s’élevait à 85 cas en 2019 (69 bébés morts avant la naissance, 16 au cours de la première semaine après l’accouchement).

En novembre 2020, Patricia est tombée enceinte de son second enfant, une grossesse désirée. Si les premiers mois se sont déroulés comme prévu, le verdict fatidique est néanmoins tombé dans sa 23e semaine de grossesse. Ce jour-là, la gynécologue a prononcé les mots fatals. «Votre enfant est très, très malade», a-t-elle dit. Patricia se souvient qu'à cet instant précis, le sol s'est dérobé sous ses pieds et sous ceux de son compagnon. Personne n'était alors en mesure de dire de quoi souffrait leur fils, si ce n'est que le fœtus avait beaucoup de liquide dans le cerveau, que son cœur était atteint et qu'il présentait des déformations majeures. Des examens complémentaires ont permis de révéler que les reins et le cordon ombilical étaient également touchés par la maladie.

«Nous cherchions un coupable, mais il n’y en avait pas»

Pour apporter des réponses aux questions de Patricia, une amniocentèse a été réalisée dans la 24e semaine de grossesse. À l’obtention des résultats, trois semaines plus tard, un généticien a expliqué au couple que leur enfant souffrait d’une trisomie 9 complète, générant une déficience moteur et sensorielle. «Il n’y a eu qu’une cinquantaine de cas de ce genre dans le monde. Nous nous sommes demandé: "Pourquoi? Pourquoi nous?". Nous cherchions un coupable, mais il n’y en avait pas», dit Patricia.

On a expliqué à la jeune maman de 28 ans que son bébé - si elle souhaitait poursuivre la grossesse jusqu’à son terme - devrait immédiatement être hospitalisé dans un service de soins palliatifs et qu’il ne survivrait que quelques heures après sa naissance. «J’ai longtemps réfléchi à ce que je devais faire et j’ai pleuré tous les jours», se souvient Patricia. Et d’ajouter: «Mais je ne voulais pas mettre au monde un enfant par pur égoïsme - en sachant qu’il allait souffrir pendant ces quelques heures».

«Mon enfant est parti au ciel dans mon ventre»

«Tout à coup, il a fallu organiser les funérailles de cet enfant tant désiré, décider si on allait l'enterrer ou le faire incinérer», dit-elle, en parlant de sa situation inimaginable. Elle souligne avoir immédiatement demandé un soutien psychologique.

Le 17 mai, dans sa 30e semaine de grossesse, Patricia a finalement accouché de son bébé. «Mon enfant est parti au ciel dans mon ventre», raconte-t-elle, en parlant du jour qu’elle redoutait plus que tout. Il a fallu enlever la vie à son fils avant sa naissance. Elle a tout de même tenu à immortaliser en images le peu de temps qu’elle a passé avec son fils. La veille de son accouchement, on lui a parlé de l’association Stärekanner et elle a immédiatement contacté la photographe Martine Pinnel. «Je croyais que c’était beaucoup trop tard, mais Martine a répondu présent et a réalisé mon vœu», dit-elle.

Après la naissance et la séance photo, Patricia a encore pu avoir un moment avec son bébé mort-né. «Ça peut paraître bizarre, mais je lui ai encore beaucoup parlé et lui ai dit tout ce que j’avais sur le cœur», explique-t-elle, la voix tremblante. Avant de quitter l’hôpital, la jeune maman a dû faire ses adieux au nourrisson. «En laissant cette pièce derrière moi, j’étais complètement vidée - de l’intérieur comme de l’extérieur», dit-elle. Il ne lui reste désormais plus que le souvenir et les photos. Patricia continue de bénéficier d’un soutien psychologique pour faire son travail de deuil.

*Le prénom a été modifié

(Liz Mikos/L'essentiel)

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Les commentaires les plus populaires

  • Laurence le 11.10.2021 09:11 Report dénoncer ce commentaire

    Même si c'est très dur, je trouve que Patricia a été très forte en prenant la bonne décisioun. De ne pas être égoïste en mettant au monde un enfant très handicapé. Je lui souhaite à elle et à sa famille bcp de force à surmonter cette épreuve mais elle en a déjà prouvé qu'elle en était capable.

  • Sabrina le 11.10.2021 12:31 Report dénoncer ce commentaire

    Mon dieu que ce témoignage me parle et me touche pour y être passée personnellement en début d'année.Devoir décider en tant que parents d'arrêter la vie de son enfant anfin qu'il ne souffre pas est une épreuve au dessus de tout entendement. Nous avons fait le choix de souffrir à sa place, mais la douleur et le manque sont omniprésents. Un suivi psy nous aide à apprendre à vivre avec sans jamais oublier notre petite fille qui aura fait de nous le plus merveilleux des cadeau: celui de devenir parents. Courage à tous ceux qui passent par là, et que le deuil périnatal ne sois jamais un sujet taboo

  • Franck le 11.10.2021 12:40 Report dénoncer ce commentaire

    Ayant vécu un drame similaire il y a quelques mois, je tiens à dire ces quelques mots : merci à tout le personnel médical, du médecin traitant aux infirmières, gynécologues ou encore généticiens, psychologue et sophrologue, qui ont été et sont toujours à notre écoute tout du long de cette terrible épreuve. La difficulté reste que nous parents restons malheureusement parfois incompris par notre entourage, tant professionnel que privé dans ces situations douloureuses, devons rester debout et aller de l'avant, malgré les dires parfois durs et irréfléchis de bon nombre de personnes. Courage..

Les derniers commentaires

  • veritis le 12.10.2021 13:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    c'est une chose qui arrive régulièrement. toujours tragique. quel est la cause? vaccin?

  • Bruxinha78 le 12.10.2021 09:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J’ai vécu la même situation que Patricia mais moi j’ai perdu mon bébé au 7 mois et c’est très dure comme situation d’autant plus que je n’étais pas au Luxembourg ça c’est passé dans un autre pays

  • Nana le 12.10.2021 08:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J ai vécu la même chose en 2019 enceinte de mon 2ème enfant un petit garçons tant désiré et à l échographie du 6ème mois tout bascule d un moment de bonheur c est transformé en cauchemard et la gynécologue te sors sa comme si c étais normal aucun respect mnt tout va si vite qu'il prenne même plus le Temp correctement pour les mamans. jamais nous oubliron notre petit ange lucas

  • David@aptjisa le 12.10.2021 08:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est une blague ou de la provocation j'espère votre question sur le vaccin COVID ? Sérieusement, le sujet est trop dur et triste pour voir des commentaires et des personnes comme vous ... Je me demande à quand le vaccin anti.xxx et faudra songer à ce que vous le preniez...????

  • Nostradamus le 12.10.2021 08:02 Report dénoncer ce commentaire

    Vaccinée?

    • Lola le 12.10.2021 09:36 Report dénoncer ce commentaire

      @Nostradamus Vous m'expliquez le rapport ? Le deuil périnatal est une tragédie qui existait avant le COVID. Cet article a le mérite de lever un tabou. Vous n'avez donc aucun respect et empathie pour mettre ce commentaire.