Une Luxembourgeoise chez MSF

15 octobre 2021 10:00; Act: 15.10.2021 10:34 Print

«En tant qu'infirmière, vous voulez aider»

LUXEMBOURG - Médecins sans frontières a été fondé il y a 50 ans et œuvre partout dans le monde. La Luxembourgeoise Tessy Fautsch a participé à de nombreuses missions.

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Tessy Fautsch est de retour du Yémen depuis environ un an, mais les souvenirs de son passage à Médecins sans frontières (MSF) ne s'effaceront probablement jamais. Ses missions à l'étranger ont toujours été caractérisées par de nombreux moments émouvants.

Depuis 2006, elle parcourt le monde. Dès qu'elle a obtenu le diplôme de médecine tropicale requis pour travailler à MSF, elle a été attirée par les zones de crise, les centres d'urgence et les hôpitaux MSF. «J'ai toujours su que je ne voulais pas travailler dans un hôpital toute ma vie», explique l'infirmière luxembourgeoise, qui forme désormais les soignantes de demain au Lycée technique pour professions de santé (LTPS).

«Nous ne pouvons pas toujours sauver tout le monde»

Mais son temps à MSF, elle ne l'échangerait pour rien au monde et cette femme de 40 ans n'exclut pas complètement un retour sur le terrain. «En tant qu'infirmière, vous voulez aider, c'est votre mission», dit Tessy Fautsch, en sachant pertinemment qu'«aider» ne signifie pas toujours «sauver». «Malheureusement, nous devons être conscients - pas seulement à MSF, mais aussi dans les hôpitaux d'ici - que nous ne pouvons pas toujours sauver tout le monde».

Dans les zones de crise, cependant, on constate souvent que les gens ne meurent pas toujours dans des conditions, par exemple, luxembourgeoises. «Au Bangladesh, il est arrivé qu'un réfugié fasse trois heures de route en ambulance pour se rendre à l'hôpital le plus proche, d'où il est rejeté parce qu'il était réfugié», raconte Tessy Fautsch, en décrivant le sort terrible de ces personnes. Pour tenter de sauver cette personne, l'ambulance a encore roulé deux heures, jusqu'à la province suivante. Du temps que le patient n'avait plus.

«Notre matériel était coincé quelque part dans les aéroports»

Sa dernière mission au Yémen s'est aussi déroulée dans des conditions inimaginables. «Par peur du coronavirus, les cliniques privées ont tout simplement fermé leurs portes pendant deux à trois semaines», explique la Luxembourgeoise. Les deux centres Covid de MSF ont été envahis par des patients non-Covid. «Nous n'avons pas refusé les patients qui n'avaient pas le coronavirus, mais il était important pour nous qu'ils trouvent un autre endroit dès que possible, car le risque d'une infection était tout simplement très élevé chez nous». Au bout de quelques semaines, les cliniques privées ont fini par reprendre leur activité.

La livraison du matériel et des médicaments s'est aussi avérée difficile en raison de la suspension du trafic aérien. «Notre matériel était coincé quelque part dans les aéroport, ou devait être expédié par bateau, ce qui bien sûr prend plus de temps», explique Tessy Fautsch, décrivant la situation compliquée causée par la pandémie. «Nous avons été obligés d'acheter localement, ce ne nous ne faisons pas, normalement. Nous sommes habitués à une logistique qui fonctionne».

«Je n'aurais jamais pensé qu'elle saurait qui je suis»

L'infirmière n'a pas beaucoup vu le pays lui-même, en raison de la guerre qui le déchire. «J'étais à Aden, où la situation est relativement calme vues les circonstances. Mais nous n'avions pas le droit de quitter le lieu de travail. Si nous devions aller d'un point A à un point B, quelqu'un nous conduisait. En trois mois et demi de séjour, je suis sortie deux fois», révèle l'infirmière.

Pour terminer la conversation sur une note plus positive, celle qui est devenue enseignante nous raconte un moment au Congo, son premier terrain, dont elle aime se souvenir. Lors de cette première mission, elle et un autre soignant ont aidé une femme à nourrir sa petite-fille souffrant de malnutrition avec du lait en poudre, pendant huit mois. «Quand je suis revenu au même endroit deux ou trois ans plus tard, la femme m'a reconnue. Elle m'a vue assise dans la voiture et m'a fait signe. Je n'aurais jamais imaginé qu'elle saurait encore qui je suis».

(Liz Mikos/L'essentiel)

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Les commentaires les plus populaires

  • Malou le 15.10.2021 12:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo . Quel courage

  • jeff le 15.10.2021 10:52 Report dénoncer ce commentaire

    Quand « Les Trois Frères » découvrent qu’ils n’ont plus de pass sanitaire à cause de la 3ème dose-youtube

  • doc le 15.10.2021 12:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    heureusement qu'il sont là bravo à eux

Les derniers commentaires

  • doc le 15.10.2021 12:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    heureusement qu'il sont là bravo à eux

  • Malou le 15.10.2021 12:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo . Quel courage

  • direct le 15.10.2021 11:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Protection du corps soignants au Luxembourg. La violence surtout psychologique , physique sexuelle sur les employés de soin est un sujet tabou par les clients et entre employés.

  • jeff le 15.10.2021 10:52 Report dénoncer ce commentaire

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