Parité au Luxembourg

21 novembre 2013 15:37; Act: 21.11.2013 18:52 Print

Faut-​​il un quota de femmes dans les entreprises?

LUXEMBOURG - Après des années de discussions, les avis restent partagés sur l'introduction éventuelle d'une proportion de femmes dans les entreprises.

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Les femmes sont toujours sous-représentées dans les comité d'entreprises. (photo: DPA)

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Le Parlement européen a voté mercredi en faveur d’une augmentation de la proportion de femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées en Bourse. Au Luxembourg, les opinions divergent. «La situation actuelle est plutôt mauvaise», explique Françoise Folmer, élue businesswoman de l'année en 2011. Malgré les débats et les efforts engagés, l’avis de l’architecte indépendante n’a pas évolué au cours des années. «Les acquis des associations de femmes pour promouvoir la femme aux postes dirigeants sont maigres», constate-t-elle. C’est pourquoi nous avons besoin d’un quota de femmes régi par la loi. C’est pour moi un instrument important, étant donné que tout le reste a échoué», décrit Françoise Folmer.

L’entrepreneuse, également engagée chez Déi Gréng, met pourtant en garde contre un quota de femmes dans toutes les entreprises. «Les entreprises cotées en Bourse sont plus flexibles comme elles ont des réglementations plus claires et des structures mieux définies. Dans les petites entreprises, il est difficile de transposer un tel quota».

«Un quota flexible et selon les branches»

La ministre de l’Égalité des chances, Françoise Hetto-Gaasch (CSV) avait annoncé en 2011 vouloir attendre 2014 avant de légiférer et laisser le temps aux entreprises de définir individuellement leurs objectifs. Une incitation qui n’a selon elle pas fait bouger les choses dans les entreprises. D’où le besoin d'aborder la question de nouveau. «Je pense qu’un quota de 20 à 40% serait réaliste, explique-t-elle à L’essentiel Online. Le principe devra être flexible et adapté aux différents secteurs».

Il s’agirait de l’implémenter dans les entreprises qui comptent plus de 500 salariés, sans se limiter aux entreprises cotées. La ministre voudrait également que ce principe soit appliqué au-delà des conseils d’administration et élargi aux postes de direction. Pour augmenter les chances de promotion de la femme, le nouveau gouvernement aura donc du pain sur la planche. «Nous devons repenser toute la politique. Le monde du travail doit permettre de mieux concilier la vie professionnelle et la vie familiale», selon la ministre CSV.

Pas assez de candidates pour prendre la relève

Thierry Schuman, membre du comité de direction de BGL BNP Paribas et responsable des ressources humaines, reste sceptique sur l’introduction d’un seuil minimum. Il est convaincu que l’absence de femmes aux postes de direction s’explique par un manque de candidates pour assurer la relève. «Il y a trente ans, il y avait plus de femmes dans les classes dirigeantes. Aujourd'hui, elles ont tendance à quitter l’entreprise plus rapidement et acquièrent moins d’ancienneté. On peut dire que les hommes sont plus fidèles», détaille-t-il.

Son expérience personnelle lui montre pourtant que les entreprises luxembourgeoises s’efforcent à employer de plus de plus de femmes aux postes de directeurs. «Lorsque je suis arrivé au comité de direction de la BGL BNP Paribas en 2005, il ne comptait pas une seule femme. Aujourd’hui deux membres sur dix sont des femmes». Tous postes confondus, les femmes représentent actuellement 58,6% des employés dans la deuxième entreprise luxembourgeoise. En ce qui concerne les responsables, 40% d’entre eux sont des femmes, selon Schuman. Un facteur qui ne le fait pas pour autant changer d’avis sur la mise en place d’un éventuel quota. «Je ne vois pas l’intérêt d’exclure un candidat qui a les qualifications requises pour un poste et de privilégier une femme moins qualifiée. Je préfèrerais que les entreprises s’engagent individuellement pour définir un seuil plus élevé de femmes», conclut-il.

(Irina Figut/ L'essentiel Online)

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Les commentaires les plus populaires

  • Ange le 21.11.2013 19:04 Report dénoncer ce commentaire

    Ce qui me cabre, c'est qu'en 2013 on pose ENCORE cette question ! Désolant !

  • Aynrand le 21.11.2013 23:44 Report dénoncer ce commentaire

    Ce n'est pas à l'Etat qu'incombent ces décisions sinon on est dans une dictature de type soviétique ou national-socialiste. Dans un pays libre, une entreprise a le droit et le devoir moral de recruter qui bon lui semble selon ses critères. De plus selon les emplois il y a plus d'hommes ou plus de femmes, c'est comme cela, et ce n'est pas un décret étatique qui changera les choses.

  • sarkox le 21.11.2013 21:23 Report dénoncer ce commentaire

    quota = recrutement sur base d'un critère non objectif si une personne (f ou h) veut un poste, faut se battre; point. signé Anne O'nyme

Les derniers commentaires

  • Aris le 22.11.2013 17:33 Report dénoncer ce commentaire

    Décidément les quotas ont la cote

  • Diva le 22.11.2013 12:56 Report dénoncer ce commentaire

    Ils parlent de conseil d'entreprises cotées en bourse et non pas d'entreprise en général. Autrement il faudrait aussi des quotas pour les maçons et aide-maçon pour construire des routes et des bâtiments.

  • Loney Wolf le 22.11.2013 10:10 Report dénoncer ce commentaire

    Les Verts sont ceux qui réclament le plus les quotas. On verra combien de femmes ils vont envoyer aux ministères!

  • Mich L le 22.11.2013 08:15 Report dénoncer ce commentaire

    Des quotas pour les femmes, les homo, les blancs, les noirs, les athés, les religieux, les grandes et les petites écoles, les grands et les petits, les intelligents et les idiots. Et puis, surtout, on pourra donner des emplois à des gens de SOS RACISME et autres pour vérifier mathématiquement que tous les quotas sont proportionnels. La prochaine étape sera d´obliger chacun a avoir 10% d´amis homos, 15% de noirs, 15% de musulmans, 10% de Catholiques, 97% d´idiots et 3% d´intelligents. Tout un programme!!!

  • Aynrand le 21.11.2013 23:44 Report dénoncer ce commentaire

    Ce n'est pas à l'Etat qu'incombent ces décisions sinon on est dans une dictature de type soviétique ou national-socialiste. Dans un pays libre, une entreprise a le droit et le devoir moral de recruter qui bon lui semble selon ses critères. De plus selon les emplois il y a plus d'hommes ou plus de femmes, c'est comme cela, et ce n'est pas un décret étatique qui changera les choses.

    • Pragma le 22.11.2013 16:06 Report dénoncer ce commentaire

      Avez-vous déjà regardé la biographie des commissaires européens de bruxelles ? 40% ont un passé actif dans le communismes, Mr Barosso en tête ... Dans la Commission Barosso 1, il y avait 60% des commissaires qui étaient actifs dans un mouvement communiste ... Trop fort ... Des (ex)communistes pour défendre les intérêts des multinationales sur le dos du bon petit peuple ...

    • Cosmo le 23.11.2013 13:26 Report dénoncer ce commentaire

      Pragma, quels sont les meilleurs éléments pour une doctrine politique, religieuse ou économique? Oui exact, ce sont qui l'ont combattu avant!