Agression sexuelle

22 octobre 2021 07:00; Act: 22.10.2021 09:10 Print

«Fermer les portes de l'école aux parents ne suffit pas»

HESPERANGE - Depuis lundi, les parents ne peuvent plus entrer dans les écoles de la commune de Hesperange.

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Les parents sont inquiets suite à l'agression sexuelle subie par une élève à l'école.

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Deux semaines après l’agression sexuelle sur une élève, l'atmosphère était encore lourde mercredi à la sortie de l’école fondamentale de Hesperange. Et les parents peu loquaces sur les nouvelles mesures de sécurité. Car depuis ce lundi, les écoles et maisons relais de la commune (Hesperange, Howald, Itzig, Alzingen, Fentange) gardent les portes fermées en permanence. Les enseignants accueillent les élèves, même petits, à l’extérieur.

«La mesure en soi est une bonne mesure. Ce n’est pas évident de lâcher son enfant, en précoce, à la porte. Mais pour le bien commun, je préfère plus de sécurité et que mon enfant pleure cinq minutes. Après, tout va bien. C’est un mal nécessaire», jugeait Stéphane, un papa. «Il connait bien sa maîtresse, alors ça se passe très bien», ajoutait une accompagnatrice.

L'équipe éducative s'adapte. «On aimerait tous que l’école soit un milieu ouvert au public ou les parents peuvent venir discuter mais on ne peut pas négliger la sécurité. Plus on en fait pour que les élèves se sentent à l’aise, en sécurité et que cela facilite l’apprentissage, plus on est contents», insistait Patrick Remakel, président du comité d’école. Les parents du primaire, déjà interdits d'entrer suite au Covid, sont eux moins impactés par les nouvelles mesures.

«On est pas dans une bulle à Luxembourg»

La configuration des bâtiments rend l'accueil plus ou moins aisé. «Le plus compliqué, ce sont les parents avec des petits. Cela brise le cœur, mais avec ce que nous avons vécu, il faut réagir», insiste le bourgmestre, Marc Lies qui souligne que l’équipe pédagogique conserve une certaine flexibilité dans la manière d’organiser l’accueil.

Mais les mesures ne rassurent pas tout le monde et l’agression a laissé des traces profondes dans les esprits. «C’est insuffisant clamait Audrey. La cour donne directement sur le parc de Hesperange et n'est pas sécurisée. J’ai alerté l’école, la direction régionale, la commune… Soit on fait quelque chose, soit je change mon enfant d’école. On ne va pas attendre qu’il se passe quelque chose dans la cour pour agir. On s’adapte à la société pour protéger nos enfants. On n'est pas dans une bulle à Luxembourg».

«La confiance est rompue»

Anne-Sophie, une autre maman abondait, confiant avoir déjà «déploré, avant l'agression, un manque de surveillance et de vigilance et fait un signalement. La confiance est rompue», assurait-elle, réclamant «des caméras de surveillance à tous les accès, voire des QR Code».

De son côté, le ministère de l'Éducation nationale rappelait que «l'accès aux infrastructures scolaires dépend de chaque commune et que les modalités de sécurité varient selon les situations locales. Il n’y a pas de réglementation nationale prévue» pour étendre les mesures prises à Hesperange indiquait le ministère.

(Nicolas Martin/L'essentiel)