Carole Dieschbourg

12 avril 2019 10:00; Act: 12.04.2019 10:27 Print

«Il faut accélérer les choses sur le climat»

LUXEMBOURG – La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, s'est exprimée pour «L'essentiel» sur la gratuité des transports, le populisme et une agriculture 100% bio.

Sur ce sujet
Une faute?

L'essentiel: Depuis le 19 février («Earth Overshoot Day»), le Luxembourg vit théoriquement «à crédit». Quelle importance ces données ont-elles pour la politique et l'économie?

Carole Dieschbourg: Nous devons prendre conscience de la quantité des ressources que nous consommons. Des données théoriques comme celles-ci sont un indicateur servant à générer une prise de conscience. Évidemment, on peut discuter de la journée du dépassement, mais cela montre qu'au Luxembourg, nous vivons sur un grand pied et laissons une mauvaise empreinte écologique.

À l'heure de la négation du changement climatique mais aussi des protestations mondiales, la protection de l'environnement est un sujet épineux...

Ces dernières années, on a vu apparaître un mouvement au sein duquel ce sont précisément des jeunes qui disent aux politiciens que nous avons une responsabilité en matière de changement et de protection du climat, et que nous devons accélérer les choses. En effet, à l'échelle internationale, nous ne sommes pas aussi rapides, précisément à cause des sceptiques et des priorités politiques reportées. Il est évidemment effrayant de voir que le populisme peut tout simplement effacer les preuves scientifiques, mais nous devons continuer à nous y opposer. La science nous est favorable, tout comme l'économie.

Comment l'économie contribuera t-elle à la protection de l'environnement?

Au Luxembourg, on s'intéresse justement à la manière de créer une place financière durable. Les grandes places financières se sont lancées dans une espèce de course à qui sera le pays le plus écologique. 50% de toutes les obligations vertes se trouvent à la Bourse du Luxembourg. Elles représentent de grandes possibilités d'investissement. La politique détermine le cadre et s'il est bon, l'économie se développera en conséquence. Mais il est important de ne pas opposer environnement et politique sociale.

À quoi s'attendre quand on parle «d'économie verte»?

Nous avons mené une étude sur le thème de l'économie circulaire, qui a montré qu'une «économie durable» peut créer de nouveaux emplois. Mais il faut financer, assurer et garantir tous ces nouveaux domaines et c'est là qu'entre en jeu notre industrie financière.

Le débat sur la construction d'une usine de yaourt est actuellement en cours. D'un autre côté, les consommateurs n'ont plus le droit aux sacs en plastique: quel est le poids qui incombe au consommateur et celui qui incombe aux sociétés en matière de protection de l'environnement?

Notre devoir est de veiller au respect des normes par les sociétés. Nous attendons les technologies les plus modernes et avons des règles claires auxquelles les sociétés doivent se tenir. Les sacs en plastique ne sont plus disponibles dans les commerces – qui sont également des acteurs économiques – parce qu'ils sont nocifs pour l'environnement. Le consommateur n'est pas le seul à devoir s'adapter, tout le monde doit se conformer à la législation. Ce n'est que si chacun apporte sa pierre à l'édifice que le changement nécessaire pourra s'opérer dans la société. Il est possible de modifier ses habitudes et les modèles économiques. La seule chose que l'on ne peut pas changer, ce sont les limites de notre planète.

Pourquoi le Luxembourg serait une «surface test» idéale pour une agriculture 100% biologique?

Le Luxembourg a une superficie qui permet de réagir rapidement et d'anticiper les tendances. Je perçois dans cette idée une possibilité de se distinguer d'autres régions. En dehors de cela, ce serait une super action marketing, si l'on était le premier pays en Europe à avoir une agriculture 100% bio. Nous envisageons d'étendre l'agriculture biologique, qui est actuellement de 4%, à 20% d'ici 2025 et à 100% d'ici 2050. C'est faisable, mais il faut commencer dès à présent.

La gratuité des transports au Luxembourg fait partie de l'aspect environnemental, mais apporte-t-elle vraiment quelque chose quand la population rurale est peu desservie?

Avec la gratuité des transports, il faut toujours veiller à adapter l'offre. La gratuité n'aurait aucun sens, si on n'augmentait pas aussi les investissements dans les transports publics, qui n'ont jamais été aussi élevés qu'à l'heure actuelle. Il faut justement beaucoup investir dans l'espace rural, de même qu'à la gare centrale de Luxembourg. On a hérité d'une situation dans laquelle rien n'a été entrepris pendant des années sur le réseau ferroviaire, beaucoup ayant été investi dans le réseau routier. C'est la raison pour laquelle on arrive plus vite d'un point A au point B en voiture. Avec les transports gratuits, on a enlevé une barrière sociale, mais l'un ne va pas sans l'autre. Étendre l'offre et développer la mobilité est important, en particulier pour les jeunes générations et les plus démunis.

(Recueilli par Stefanie Braun/L'essentiel)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Nikolas Hulaut le 12.04.2019 11:12 Report dénoncer ce commentaire

    Carole !!!!! T'as vu la station de Berchem ? T'as vu le parc de grosses automobile teutonnes ? T'as vu le nombre de camions ? T'as vu que tout est fait pour que ça empire ? Bref...t'as rien vu

  • Léon le 12.04.2019 13:31 Report dénoncer ce commentaire

    Rappellez-vous votre déplacement chez les polonais et les autres déplacements en avion ,donc vous participé à la pollution de la planète et vous voulez donner des leçons. Ça ne sera jamais réalisable. En n’oubliant pas vous copiez toujours les dires sur les autres pays et pourquoi vous ne demandez pas aux allemands de fermer leurs centrales au charbon.

  • Réaliste le 12.04.2019 11:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    combattre pour le climat c est à dire mener une guerre contre l argent et les multinationales .Vaincre le pouvoir un rêve, les jeunes que nous manipulons aujourd'hui seront les destructeurs du climat demain. Sauver la nature avec nous impossible.

Les derniers commentaires

  • Naturelles le 16.04.2019 22:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout à fait d accord avec vous

  • L'un ne va pas sans l'autre .. le 15.04.2019 10:11 Report dénoncer ce commentaire

    OUI pour l'agriculture biologique à 100% NON au 5G très nuisible à notre santé

  • Amaury le 13.04.2019 18:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @ peter, je suis partiellement d’accord avec vous. Cela dit on n’a pas encore trouvé le moyens de rouler vraiment propre. Peut être l’hydrogène liquide et encore.

  • la petite goutte le 13.04.2019 09:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout cela est bien réel et vrai madame Dieschbourg, faudrait il peut être aussi revoir la façon d'entreprendre tous ces travaux dantesques par des moyens et engins moins polluants, la poussière aussi est une source de pollution, de problèmes de santé, demandez aussi aux agents de l'état (tout corps) d'être en adéquation avec la mobilité douce qui est prônée (fin des accélérations exagérées pour freiner exagérément 100 mètres plus loin etc etc etc ...j'oubliais les nettoyeurs de rues avec leurs souffleurs thermiques bruyants et polluants, les balais comme avant c'est beaucoup plus écologique madame...

  • Climat le 13.04.2019 08:25 Report dénoncer ce commentaire

    Sur le fond comme sur la forme, ces débats ne représentent absolument pas la réalité du problème du changement climatique. Et surtout, ils entretiennent la confusion. Comment attendre des gens qu’ils se mobilisent pour sauver le climat si on leur dit qu’en fait, on ne sait pas si c’est vraiment la peine ?