Relations avec la Turquie

13 juillet 2020 18:16; Act: 14.07.2020 15:20 Print

Jean Asselborn n'a plus les mêmes espoirs qu'en 2004

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères avait participé à la réunion, il y a 16 ans, donnant le droit à la Turquie d'être candidate à l'UE. Sa vision a changé.

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«Malheureusement nous devons admettre que cela va dans la mauvaise direction», a estimé Jean Asselborn à son arrivée à Bruxelles, lundi, au sujet de la relation Turquie/UE. (photo: Editpress)

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Le chef de la diplomatie du Luxembourg, Jean Asselborn, n'a pas caché sa déception, lundi, face aux agissements de la Turquie en Méditerranée orientale et aux violations des droits humains dans ce pays. Mais le chantage aux réfugiés d'Ankara paralyse les moyens d'action de l'Union européenne. «J'avais de grands espoirs il y a 15 ou 16 ans que la Turquie puisse devenir un pays européen, un grand pays musulman, qui fait avancer la démocratie. Malheureusement nous devons admettre que cela va dans la mauvaise direction», a-t-il estimé à son arrivée à Bruxelles, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, la première organisée depuis quatre mois.

Le Luxembourgeois avait participé à la réunion de 2004 au cours de laquelle l'UE a accordé le statut de pays candidat à la Turquie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan est, entre autres, accusé de violer les droits de l'homme dans son pays et sa décision de transformer en mosquée l'ex-basilique Sainte-Sophie, un haut lieu de l'orthodoxie, est vécue comme une «provocation» en Grèce. «Cette décision est une attaque contre la civilisation», a déploré Jean Asselborn. «Je pense qu'avec ce geste, la Turquie a en quelque sorte effacé son rapprochement avec l'UE», a-t-il estimé.

Des échanges difficiles

«Nos relations avec la Turquie ne sont pas particulièrement bonnes en ce moment et ce sera le point le plus important de l'ordre du jour aujourd'hui», a souligné le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, lundi avant la réunion. Un lourd contentieux oppose Ankara et ses partenaires de l'UE. La Turquie soutient militairement le gouvernement d'union nationale en Libye et est accusée de violer l'embargo des Nations unies sur les livraisons d'armes à ce pays. Ankara mène des forages dans la zone économique maritime de Chypre jugés illégaux et sanctionnés par l'UE. La Turquie combat en Syrie les forces kurdes, alliées à la coalition internationale contre l'État islamique, à laquelle appartiennent plusieurs membres de l'UE.

M. Borrell s'est rendu à Ankara il y a une semaine et ses entretiens avec le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu ont été difficiles. «Ce qui se passe en Turquie est inquiétant», a estimé la ministre suédoise Ann Linde. «Nous constatons une série d'actions de la part de la Turquie qui méritent une discussion sur la manière dont nous allons les traiter», a ajouté son homologue espagnole Arancha Gonzalez Laya. Mais tous les ministres ont souligné l'importance du partenariat avec la Turquie, également membre de l'OTAN.

(L'essentiel/afp)