Monnaie virtuelle

15 novembre 2013 12:52; Act: 15.11.2013 16:27 Print

«Le bitcoin est l’argent liquide du web»

LUXEMBOURG - La monnaie virtuelle commence à faire son bout de chemin. Une start-up luxembourgeoise mise d’ores et déjà sur le succès des bitcoins.

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L'implémentation de bitcoin est particulièrement intéressante au Luxembourg. (photo: DPA)

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Bitcoin est une monnaie électronique utilisée pour acheter des biens et des services sur Internet. Elle est de plus en plus utilisée lors de paiements sur la toile. Max Wolter, cofondateur de la nouvelle entreprise luxembourgeoise NEXUNITY, l'a d'ailleurs bien compris. Il est convaincu que la monnaie digitale bitcoin s’imposera comme mode de paiement sur le web: «Je le compare toujours à l’évolution qu’a connu le partage de musique sur Internet. Au début, les multinationales établies voulaient l’empêcher. Avec les bitcoins, les banques vont adopter le même comportement». Le jeune étudiant en informatique est d'ores et déjà convaincu que la voie qu'emprunteront les institutions bancaires sera déterminante. «Ceux qui participeront à bitcoin, seront les gagnants. Les autres repartiront les mains vides».

La plateforme cloud que lui et ses deux collaborateurs sont en train de développer est destinée à simplifier les modes de paiements avec la monnaie virtuelle. Créée en septembre à Diekirch, l’entreprise a prévu de lancer son activité début 2014. «Le développement progresse rapidement. Nous voulons offrir une large palette de services qui permettront de tout faire avec les bitcoins. Nous avons eu l’idée à l’université, lorsque nous avons constaté que la plupart des plateformes existantes n’ont pas été bien adaptées ou ne sont pas fiables. Notre plateforme modulaire mise sur la rapidité, la stabilité et l’efficacité en ne négligeant pas la sécurité», explique le jeune entrepreneur.

Une monnaie qui a mauvaise réputation

L'implémentation au Luxembourg est particulièrement intéressante, estime Max Wolter. «Les structures des technologies IT font du pays l’un des meilleurs emplacements d’Europe», détaille-t-il. La place financière a certes aussi son rôle à jouer, mais les choses ne vont pas de soi. «Dès le début nous espérions mettre en place une bonne coopération avec les banques du Luxembourg, notamment parce que beaucoup de prestataires de bitcoin étrangers travaillent avec des instituts financiers douteux. Malheureusement nous avons constaté que de nombreuses banques ne sont pas tournées vers l’avenir en la matière. La précaution est souvent de mise à cause de la mauvaise réputation qui colle à la peau des bitcoins», prévient Max Wolter.

Pourtant, son entreprise remplit toutes les conditions au niveau de la lutte contre le blanchiment d'argent et coopère avec des systèmes d’intelligence de renommée, comme C6, pour tous les aspects qui ont trait au contrôle des clients. En raison des histoires relayées par les médias, «la monnaie de piratage» a souvent été associée à des activités criminelles sur le web et les bitcoins étaient initialement considérés comme un moyen de paiement qui manquait de sérieux pour un monde de finances établi.

Bitcoin rivalise avec les monnaies internationales

Le commerce avec cette monnaie virtuelle avait notamment été critiqué par le directeur du département des services financiers de l’État de New York, Benjamin Lawsky, en août dernier. Il ne respecterait pas les règles applicables aux prestataires financiers et ouvrirait la porte aux trafiquants de drogue et aux criminels. Un point de vue qui semblait se confirmer avec l’existence de marchés noirs virtuels à l'instar de la «Silk road».

Les bitcoins permettaient d'y acheter pêle-mêle drogues, armes et chasseurs de tête. L’arrestation de l’exploitant de «Silk road» et la saisie de 28,6 millions de dollars en bitcoins par les autorités américaines a permis de tourner la page. La prise de conscience que l’interdiction d’une monnaie virtuelle ne permettra pas d’endiguer les activités illégales, y a certes contribué.

D'autre part, l’ascension de bitcoin a contribué à son acceptation comme moyen de paiement officiel sur le web. Preuve en est avec le développement fulgurant de son taux de change par rapport aux monnaies internationales. Le cours de change dépasse actuellement la barre des 400 dollars. En juillet 2012, il atteignait à peine sept dollars. Une réalité qui intéresse notamment les spéculateurs.

Une aubaine pour les petits commerces

Sur le plan international, de grandes entreprises, comme eBay, dressent l’oreille et observent de près l’évolution. Parmi les pionniers des utilisateurs, on compte notamment Wordpress.com et Reddit qui ne se limitent pas aux plateformes d’e-commerce mais impliquent aussi des commerces conventionnels, comme certaines franchises de la chaîne de fastfood Subway aux États-Unis. Cela ne semble donc être qu’une question de temps jusqu’à ce qu'un acteur mondial comme Amazon commercialise définitivement cette nouvelle monnaie.

Un développement duquel ne doute pas Max Wolter: «Pour nous, l’amorce a déjà eu lieu. Les bitcoins sont surtout intéressants pour les petits commerces. Les transactions par cartes visas viennent actuellement grignoter 50 à 80% de leur marge. Le bitcoin est l’argent liquide du web, sans frontières artificielles et avec la possibilité de les utiliser où qu’on soit. La créativité n’a pas de frontières».

(Michel Thiel/L'essentiel Online)

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Les commentaires les plus populaires

  • Alexandre le 03.03.2014 16:09 Report dénoncer ce commentaire

    Je ne sais pas où Max Wolter tire sa source du taux de commission d'acceptation des cartes. "Les transactions par cartes visas viennent actuellement grignoter 50 à 80% de leur marge" Ce chiffre me paraît exagéré. Le taux de commission de carte Visa/MasterCard ne dépasse pas 6%.

  • Emile Anthony le 15.11.2013 15:40 Report dénoncer ce commentaire

    Une monnaie qui n'est pas régulée par une autorité centralisée reconnue, derrière laquelle il n'y a pas d'état pour intervenir en cas de catastrophe, avec des marchés d'échange limités où les acteurs peuvent rester anonymes, ça sent bon le paradis des contrefacteurs, des spéculateurs et des manipulateurs de marché tout ça. Si la bourse classique est un casino truqué en faveur de la banque, ceci doit être une roulette russe avec une mitrailleuse.

  • Trader de Lux le 15.11.2013 16:52 Report dénoncer ce commentaire

    çà sent la grosse commission là!!! Un conseil : préparez vos arrières et gardez la grosse monnaie en lieu sûr.

Les derniers commentaires

  • Alexandre le 03.03.2014 16:09 Report dénoncer ce commentaire

    Je ne sais pas où Max Wolter tire sa source du taux de commission d'acceptation des cartes. "Les transactions par cartes visas viennent actuellement grignoter 50 à 80% de leur marge" Ce chiffre me paraît exagéré. Le taux de commission de carte Visa/MasterCard ne dépasse pas 6%.

  • Que dit l'histoire le 17.11.2013 07:58 Report dénoncer ce commentaire

    Quand le bitcoin aura financé le dixième, le centième, le millième, le millionième, etc.. des opérations illicites (drogue, trafics des êtres humains, armes, corruption en tous genres, paiement en cash pour frauder le fisc, etc...) qui l'ont été par le dollar, la livre sterling et autres monnaies à statut international sous le sceau du secret bancaire et sous forme de grosses coupures circulant dans des valises, on commencera à se poser des questions quant à l'immoralité supposée du bitcoin ?

  • Cover Harry le 16.11.2013 13:19 Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi lorsque l'on parle du Bitcoin on parle toujours de silkroad de sorte de ternir l'image du Bitcoin?? Et l'euro, le dollar eux ne servent pas au trafic d'armes, de drogues et autre activités illégales ?

    • Aynrand le 16.11.2013 15:43 Report dénoncer ce commentaire

      Le prétendu problème des bitcoins et autres monnaies virtuelles est dû à leur manque de contrôle par les banques et les Etats, c'est pour cette raison que leur image est volontairement et inlassablement ternie, tout comme celle de l'argent liquide. Malheureusement les cas de fraude ou de vols sont montés en épingle pour effrayer le quidam moyen et le détourner de ces 'monnaies' électroniques au profit de l'argent classique, qui est tout autant virtuel mais bien contrôlé par les banques dans des comptes à disposition des Etats voraces et corrompus.

  • Max Wolter le 16.11.2013 12:24 Report dénoncer ce commentaire

    Je vois qu'il y a encore des nombreux mécompréhensions en ce qui concerne la technologie autour de Bitcoin. Notre équipe est toujours ouverte à des discussions constructives et n'a pas peur de se lancer dans un discours. Je ne pense pas que c'est la bonne place pour une telle discussion étendue et je Vous invite donc à nous contacter sous info@nexunity.com si Vous êtes vraiment interessés à nos réponses. Sinon, je peux aussi Vous proposer de se voir face-à-face lors du Meeting Bitcoin qui aura lui au café Independent chaque lundi de 19:00 à 21:00 à partir du 24 novembre.

  • jack le 15.11.2013 20:21 Report dénoncer ce commentaire

    si le bitcoin est déjà en marche et est si formidable, qui peut m'expliquer ce que Max veut faire exactement? il semble dire qu'aucune banque ne le soutient, donc, quelle est son idée?

    • Tom schultz le 16.11.2013 11:55 Report dénoncer ce commentaire

      Si j'ai bien compris c'est seulement une plateforme ou les gens peuvent échanger des bitcoins.

    • ph11 le 17.11.2013 02:33 Report dénoncer ce commentaire

      En fait, c'est : "le Bitcoin ne soutient pas les banques"