Avec 24,25% des suffrages lors des dernières élections législatives, Dei Gréng avaient réalisé une performance de choix dans la commune de Beckerich, le 20 octobre 2013. «Ce chiffre s’explique à lui seul par la présence de Camille Gira sur les listes», affirme d'emblée Thierry Lagoda, 35 ans, bourgmestre élu de Beckerich depuis 2017 et en fonction depuis 2013, à la suite de la nomination de Camille Gira en tant que secrétaire d'État au Développement durable et aux Infrastructures. «Bourgmestre de la commune de 1990 à 2013, Camille Gira a marqué de son empreinte toute notre région et nombreux représentants politiques».
Beckerich, une commune frontalière qui a besoin des frontaliers
Toute proche de la Belgique, la commune de Beckerich est une des portes d'entrée pour de nombreux Belges au Luxembourg. Avec le Pall Center, c'est également une belle vitrine pour mettre en évidence les produits luxembourgeois. «Les échanges entre les deux pays sont très fréquents et on a apprend beaucoup des uns des autres», reconnaît Thierry Lagoda, le bourgmestre.
Pour Jean Pettingen, résident de la capitale, mais employé au Pall Center à Beckerich, la mobilité sera un des défis à relever lors de la prochaine législature, «car on a manqué l’occasion d’offrir aux frontaliers les infrastructures nécessaires pour se rendre au Luxembourg. Je pense qu’on devrait offrir un croissant et un café pour les remercier chaque matin de venir travailler chez nous et de contribuer à notre PIB et à cette culture luxembourgeoise. Le Luxembourgeois est ma langue maternelle, mais parler français et allemand au quotidien, c’est un privilège et c’est ça aussi être luxembourgeois».
Décédé d’un arrêt cardiaque lors d'un débat à la Chambre en mai 2018, Camille Gira n’a pas été oublié à Beckerich. Sa photo est d’ailleurs toujours présente dans le hall d’entrée de la commune. «Au niveau émotionnel, il laisse un grand vide, mais au niveau politique, il a réussi à mettre en place des projets durables pérennisés, même après son décès, par celles et ceux qui lui ont succédé», souligne le bourgmestre de cette commune de 2 540 habitants, frontalière de la Belgique, située à l’ouest du Luxembourg, dans le canton de Redange, et dans la circonscription électorale Nord.
«Contre la fusion des communes»
Petite commune rurale avec une vingtaine d’exploitations agricoles, Beckerich se sent parfois oubliée des décisions prises à Luxembourg. «Mais on se sent très concernés par les législatives», affirme Thierry Lagoda, qui ne dispose d'aucune carte de parti, «si le CSV est de retour au pouvoir, des petites communes devront fusionner. On est contre cette idée. Les organes intercommunaux fonctionnent très bien dans le canton de Redange. Un citoyen de la ville d'Esch n’a pas à décider de l’avenir des petites communes du nord du pays. C’est aux citoyens d’ici de décider».
Grâce au shopping village Pall Center (350 employés) et aux eaux minérales de Beckerich (50 employés), la commune dispose d’une activité économique non négligeable sur son petit territoire. «Lorsqu’un de nos concitoyens recherche un travail, Christiane Wickler, la directrice du Pall Center, a toujours une oreille attentive, reconnaît Thierry Lagoda. «En contrepartie, on essaie toujours de leur trouver des terrains pour qu’ils puissent continuer à se développer».
«Le Pall Center, une entreprise marquée par l'écologie»
«Le développement économique de l’entreprise Pall Center est étroitement lié à la politique de la commune de Beckerich», complète Jean Pettingen, 37 ans, responsable marketing du groupe Pall Center depuis presque deux ans. «Ce qui a été construit ici, n’aurait pas forcément été possible ailleurs. À partir du moment où Camille Gira et Christiane Wickler ont réussi à discuter, ils sont parvenus à créer quelque chose qui a profité aux deux entités. Tout le Luxembourg connaît aujourd’hui le village d’Oberpallen grâce au Pall Center. Et il faut reconnaître qu’on n’aurait probablement pas pu se développer de la même façon en plein centre de Luxembourg».
Élue députée Déi Greng en 2013, Christiane Wickler a démissionné six mois plus tard constatant qu’il était difficile de mener ces deux carrières de front avec la même passion. «Mais le Pall Center reste une entreprise très marquée par l’écologie», reconnaît Jean Pettingen. «Grâce aux bénéfices engendrés par notre station de carburant, par exemple, on a investi dans des panneaux photovoltaïques présents sur le toit de notre surface commerciale. Notre patronne nous le rappelle régulièrement: "On n’a qu’une seule planète et il faut la soigner tant qu’on est là, car c’est notre source de vie"».
«Impossible de prédire le résultat»
Quant au bilan de la dernières législature, nos deux interlocuteurs parlent quasi d'une même voix. «J’ai bien aimé la charmante manière de faire de la politique de Xavier Bettel», souligne Thierry Lagoda. «Il a toujours été proche des citoyens. Ce que l’on n’avait jamais vu chez Jean-Claude Juncker auparavant. Va-t-il être en mesure de rempiler en tant que Premier ministre? Ce sera compliqué. Lui-même, parfois, me donne l’impression de déjà préparer la suite et autre chose. Il y a six mois, j’aurais dit que le CSV avait un boulevard, mais maintenant peu avant l’élection, beaucoup de gens saluent le travail du gouvernement. Vont-ils se remettre ensemble? Tout est possible. J’ai aussi le sentiment que Déi Greng ne seraient pas contre de monter dans un nouveau gouvernement avec le CSV pour avoir plus de ministres».
«En 2013, mettre le parti de l’icône Jean-Claude Juncker dans l’opposition, c’était inimaginable», rappelle Jean Pettingen, «mais cela a marqué un changement dans l’esprit des Luxembourgeois et une certaine ouverture d’esprit. On n’a pas eu peur de tester quelque chose de nouveau. Avec Xavier Bettel, Premier ministre, on a eu l’impression de partager une même vision du futur pour le pays et il a bien replacé le Grand-Duché en Europe et au cœur de la Grande Région. Il va avoir du mal à garder son poste, car la tendance générale sur le continent est un retour au conservatisme et au nationalisme. Il y a six mois, j’avais l’impression que le CSV allait gagner, mais aujourd’hui, c’est impossible de prédire le résultat...».
(Frédéric Lambert/L'essentiel)
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Je ne savais pas que Christiane Wickler avait été députée Déi Greng. Je pensais qu'elle était une libérale standard vu sa création d'entreprise. Je comprends mieux et je salue son engagement pour le pays, tel qu'elle l'a monté dans de nombreux groupes de travail, et notamment celui de la 4eme révolution industrielle, qui sera verte ou ne sera pas...
Je suis Iranians de origine je vie au Lux depuis plus de trente années et je parle ke luxembourgeois vu ma tête de étranger partout où je vais en le parle en français !
C’est pareil en France: si je vais à Metz et parle Luxembourgeois les gens ne seront pas contents, il faut parler le Français. Alors c’est quoi si difficile à comprendre pour certains ?
Et avec un décodeur cela nous donne quoi? Le Luxembourgeois serait-il devenu une langue officielle de la France? Au passage: on ne parle pas "le Français", mais "on parle français". De plus les majuscules c'est pour le premier mot de la phrase ou les noms propres. Donc "français" et pas Français", nous ne sommes pas si vaniteux... Et puis c'est un combat d'arrière garde, détendez-vous.
le maire est gentil mais franchement quand j'allais à beckerich et même aussi au pall center, je vois une grosse différence selon que je parle francais ou luxembourgeois...Je crois que c'est l'un des endroits du pays ou j'ai été le plus mal reçu lorsque j'ai parlé français...et j'y suis retourné , parlé en luxembourgeois et tout a coup tout le monde était sympa...( j'y allais parfois pour le boulot avant )
Etant de Beckerich je ne voterai certainement plus pour les verts. Cette politique devient de plus en plus une politique de "on interdit" et on "impose" et ne tient pas compte des doléances de ses habitants.