Étude européenne

22 octobre 2019 16:04; Act: 23.10.2019 09:42 Print

Le Luxembourg, raciste à l'égard des Africains?

LUXEMBOURG - Une étude européenne réalisée dans douze États membres tire la sonnette d'alarme sur le racisme au Grand-Duché. La ministre Corinne Cahen calme le jeu.

storybild

Les discriminations raciales par rapport aux personnes à la recherche d'un travail font mal au Luxembourg dans cette étude.

Sur ce sujet
Une faute?

C'est une question parlementaire du député Dan Biancalana (LSAP) qui remet la thématique au cœur des débats. La population luxembourgeoise fait-elle preuve de harcèlement et de violences racistes à l'égard des résidents d'origine africaine? Après avoir pris connaissance de l'étude «Being Black in the EU», où les résultats seraient selon lui, «alarmants» pour le Grand-Duché, Dan Biancalana a interpellé Corinne Cahen, ministre de la Famille et de l'Intégration, qui lui a apporté sa réponse, ce mardi.

Selon cette étude de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, les résidents d'origine africaine se sentiraient particulièrement discriminés aux moments où ils cherchent un emploi et un logement au Luxembourg. Le bourgmestre de Dudelange ajoute encore que les victimes de ces comportements racistes seraient «peu» à oser déposer plainte auprès de la police grand-ducale.

Approximations évoquées

En préambule, Corinne Cahen rappelle tout d'abord que, pour le Luxembourg, cette étude, «dont les résultats sont à prendre très au sérieux», a été réalisée sur un échantillon de 402 personnes ayant vécu au Grand-Duché pendant au moins douze mois. La ministre de la Famille et de l'Intégration prévient toutefois que comparer les résultats du Luxembourg avec les onze autres États membres (Autriche, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Malte, Portugal, Suède et Grande-Bretagne) est «difficile», car les enquêteurs n'ont pas été en mesure d'accéder aux registres utiles disponibles.

En évoquant par la suite d'autres approximations, la ministre de la Famille et de l'Intégration appelle à «une analyse plus approfondie» des cas évoqués par les 402 personnes interrogées au Luxembourg, parmi l'échantillon global des 5 813 individus questionnés dans les douze États membres cités ci-dessus. En s'appuyant sur un sondage réalisé en 2015, sur 1 020 personnes au Grand-Duché, par l'Observatoire des discriminations, Corinne Cahen souligne que 37 personnes avaient déclaré être victimes de discrimination raciale, de 2012 à 2014. Soit seulement un peu plus de 3%.

Des outils existent déjà

Les chiffres dévoilés dans l'étude «Being Black in the EU» sont effectivement beaucoup plus importants. 47% des personnes interrogées par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne estiment en effet, par exemple, être victimes de discrimination lorsqu'ils sont à la recherche d'un emploi. 53% de l'échantillon affirment aussi être discriminés en raison de la couleur de peau.

La ministre reconnaît au passage et en forme de conclusion que «l'État doit mieux cibler ses efforts pour lutter contre les discriminations» et que des outils spécifiques tels que «la charte de la Diversité Lëtzebuerg», «le Centre pour l'égalité de traitement» ou encore «le plan d'action national d'intégration» existent d'ores et déjà pour y arriver.

(fl/L'essentiel)