Demandes d'asile

21 août 2018 06:58; Act: 20.08.2018 15:03 Print

Le nouveau visage des réfugiés au Luxembourg

LUXEMBOURG - Au mois de juillet, les Érythréens arrivaient pour la première fois en tête des demandes d'asile au Luxembourg. Les requêtes émanant des Balkans sont en chute libre.

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Les réfugiés originaires d'Érythrée sont nombreux à arriver en Europe depuis plusieurs années. (photo: AFP/Olivier Morin)

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Un chiffre, 49. Soit le nombre d’Érythréens ayant effectué une demande de protection internationale au mois de juillet au Luxembourg. Pour la première fois, les ressortissants de cet État d'Afrique de l'Est en proie à un régime particulièrement autoritaire figurent à la première place des demandeurs d'asile au Grand-Duché.

Depuis le début de l'année, 108 Érythréens ont demandé le statut de réfugié, ce qui fait de l’Érythrée le troisième pays de provenance derrière la Syrie et l'Irak en 2018. Ils étaient 223 en 2017, dont 174 relocalisés depuis l'Italie.

Alors, évolution pérenne ou simple conjoncture géopolitique? La direction de l'Immigration préfère rester prudente: «Certes, c'est la première fois qu’autant d’Érythréens arrivent directement au Luxembourg. Mais il n’est pas possible d'en dégager une tendance générale. Nous allons continuer à observer les arrivées tout en essayant d’en tirer des conclusions dans les semaines à venir».

Un défi sur le plan linguistique

Trop tôt donc pour parler d'une véritable mutation. Toujours est-il que l'OLAI (Office luxembourgeois de l'accueil et de l'intégration) a bel et bien constaté l'arrivée de plus en plus fréquente de personnes originaires de cette ancienne colonie italienne. Avec tous les défis que cela induit.

«L'origine des demandeurs d'asile nous importe peu. On ne fait aucune différence. Mais il est vrai que cela peut poser problème au niveau linguistique. Nous avons moins de traducteurs. On se débrouille en trouvant une personne qui parle anglais au sein du groupe», explique Nathalie Medernach, porte-parole de l'OLAI.

Moins de Syriens que les années précédentes

«Nous avions fait beaucoup d'efforts de traduction pour les populations syriennes. Mais le contexte géopolitique évolue», précise-t-elle. L'intensité du conflit syrien n'a malheureusement pas diminué, mais le flux des personnes originaires du Levant a tout de même diminué.

«La majorité des Syriens est arrivée en Europe avec la vague de fin 2015 et début 2016. Même si les arrivées des ressortissants syriens ont ralenti depuis la fermeture de la route des Balkans et l’accord que l’UE a conclu en mars 2016 avec la Turquie, les Syriens sont restés en première position en termes de demandes de protection internationale au Luxembourg», commente la direction de l'Immigration. 125 demandes émanant de personnes de nationalité syrienne ont été effectuées au Grand-Duché depuis le début de l'année.

Les Balkans, fin de l'histoire?

Le vrai ralentissement structurel concerne plutôt les pays des Balkans. Largement en tête des demandes de protection internationale jusqu'en 2015, les personnes originaires du Kosovo, de Bosnie, du Monténégro ou encore de Serbie sont de moins en moins nombreuses à requérir le statut de réfugié au Grand-Duché. Les Kosovars ne sont plus qu'à la 7e place en 2018 (53 demandes), les Serbes à la 9e (46 demandes) et les Bosniens ne figurent même plus dans les quinze premiers pays.

Le fruit d'un travail de longue haleine pour la direction de l'Immigration, qui salue «les efforts entrepris dans les pays d'origine, mais aussi la procédure ultra accélérée qui rend le Luxembourg moins attractif pour ceux qui n'ont pas besoin» du statut de réfugié. «Les personnes n’ont plus le temps de s’acclimater au Luxembourg et partent le plus souvent volontairement à l’issue de la procédure d’asile, voire pendant, après un bref séjour au Luxembourg».

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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