Justice au Luxembourg

22 février 2018 10:13; Act: 22.02.2018 11:15 Print

Le placement de mineurs en prison peut se justifier

LUXEMBOURG – Le parquet a répondu jeudi à la médiatrice sur la présence de détenus mineurs à la prison de Schrassig.

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Ouvert en novembre, le centre socioéducatif de Dreiborn accueille actuellement quatre jeunes. Sa capacité est de 12 places. (photo: Editpress)

op Däitsch
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Dans une lettre ouverte, la médiatrice, Claudia Monti, a dénoncé la présence de jeunes à la prison de Schrassig, alors qu’en novembre dernier, une unité de sécurité a ouvert à Dreiborn pour les accueillir. Dans un communiqué, le parquet a expliqué jeudi la présence de mineurs au Centre pénitentiaire de Luxembourg (CPL).

Il a d’abord précisé que les responsables du nouveau centre socioéducatif, au moment de l’ouverture de l’unité de sécurité, avaient demandé aux autorités judiciaires de leur laisser «un certain temps pour démarrer et ne remplissent pas les douze places disponibles dès les premiers mois de fonctionnement». Ainsi, les autorités judiciaires «ont respecté cet engagement» et «n’ont donc pas procédé à des transferts automatiques des mineurs placés au CPL vers l’unité de sécurité».

«Dans des situations exceptionnelles»

Quatre jeunes sont aujourd’hui suivis dans ce centre mais d’autres pourraient arriver, car récemment les membres des parquets de Luxembourg et de Diekirch ont reçu l’instruction de placer prioritairement à l’unité de sécurité, comme les y invite l'avant-projet de loi du ministère de la Justice.

Le texte en préparation prévoit toutefois de maintenir la possibilité du placement d’un mineur au CPL, «dans des situations exceptionnelles, encadrées par des conditions très strictes». Le mineur devra avoir commis une infraction pénale punissable d’une peine d’emprisonnement dont le maximum est supérieur ou égal à deux ans et que ce mineur présente un danger pour l’ordre ou la sécurité publique.

Multirécidivistes

En ce qui concerne les deux mineurs actuellement emprisonnés à la prison de Schrassig, le parquet a tenu à rappeler qu’ils l’ont été avant l’ouverture du centre de Dreiborn et qu’il s’agissait de «multirécidivistes pour lesquels les nombreuses autres mesures de protection, prises antérieurement en leur faveur, telles que suivis en famille, placements en institution et thérapies, ont échoué».

Des possibilités de sortie leur avaient été accordées «contre lesquelles ils ont malheureusement contrevenu en commettant de nouvelles infractions pénales». Et de conclure que «dans ces situations exceptionnelles, le placement en prison se justifie entièrement, notamment par des soucis de protection tant de la société que celle d’autres mineurs».

(MC/L'essentiel)