Sécurité au Luxembourg

18 mai 2021 08:00; Act: 18.05.2021 09:23 Print

«Le profil de l'agent privé a changé en cinq ans»

LUXEMBOURG - Engagée dans une procédure de licenciement, G4S Luxembourg a débuté une mission dans les rues de la capitale. Entretien avec Laurent Jossart, Managing Director.

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Laurent Jossart est à la tête de G4S Luxembourg depuis sept mois.

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Peu avant de débuter une toute nouvelle mission de six mois dans trois quartiers de Luxembourg-Ville, la société de gardiennage G4S Luxembourg est également revenue sous le feu des projecteurs suite à l’annonce d’un plan social qui aura pour conséquences «60 licenciements au maximum». Contacté par L’essentiel, Laurent Jossart, Managing Director, «en place depuis octobre 2020» a répondu à nos questions.


L'essentiel: Monsieur Jossart, tout d’abord, dans quel état d’esprit se trouve votre entreprise avant de débuter ce nouveau contrat de six mois dans les rues de Luxembourg-Ville?

Laurent Jossart: Nous avons eu une réunion avec la Ville de Luxembourg, le mardi 11 mai 2021, pour régler les derniers détails de notre collaboration et nous avons ensuite fait de même avec la police grand-ducale, de manière à optimiser notre communication. Nous avons répondu à l’appel d’offres de la ville et nous sommes très fiers d’avoir pu décrocher ce contrat. Douze personnes au total vont se relayer dans trois quartiers différents (Ville Haute, Gare et Bonnevoie).

Les activités d’une précédente société de gardiennage ont été scrutées à la loupe pendant trois mois jusqu’au 30 mars 2021. Ressentez-vous une forme de pression avant de débuter cette nouvelle mission?

Nous n’avons pas d’appréhensions particulières, nous sommes sereins, car c’est notre métier et on peut compter sur des employés expérimentés et aguerris aux situations qu’ils vont rencontrer dans les prochains mois. De par nos précédentes activités, nous avons déjà travaillé avec la police grand-ducale et les différents ministères. Nous entretenons des relations étroites dans le transport de valeur ou de cash. C’est un petit monde où tout le monde se connaît.

Votre prochaine activité (qui a débuté le 15 mai) est au cœur d’une vive polémique entre la Ville de Luxembourg et le ministère de la Sécurité intérieure. Cela exerce-t-il une influence sur votre travail?

Nous ne prenons jamais part aux polémiques et nous laissons ce débat aux personnalités politiques. Toutes ces discussions n’affectent en rien notre activité. On ne prend pas position et on ne se sentira pas plus observés que lors d’autres missions de sécurité. Nous ne ressentons donc pas de pression particulière.

Quelles seront vos activités à proximité des quartiers de la Ville Haute, de la Gare et de Bonnevoie à Luxembourg-Ville?

Douze hommes seront sur le terrain et nous avons dû recruter quelques maîtres-chiens pour compléter nos équipes. Patrouiller avec un chien nécessite des compétences et des formations spécifiques, et ce sont des demandes qui nous reviennent à certains moments. Pour vous donner une idée de quelques chiffres, sur 200 000 heures prestées sur une année, 1 500 heures doivent concerner des patrouilles avec des chiens.

Quel est l’impact de la pandémie actuelle sur les activités de G4S Luxembourg?

Comme vous l’avez appris début mai, nous avons dû récemment nous engager dans un plan de réduction d’effectifs. Avec le Covid-19, on a été affectés dans nos activités et nous avons dû faire face à une réduction de la demande. Depuis le début de la crise, et en raison du télétravail, il y a moins de gardiennage à faire au niveau des bureaux et certains clients n’ont plus besoin de nous dans le contexte actuel. On a évidemment été impactés par l’arrêt des événements et des manifestations publiques. Autre exemple, dans le secteur privé, toutes formes de réceptions ont disparu depuis mars 2020 et nous ne sommes donc plus là, non plus.

Comment avez-vous réussi à surmonter cette crise?

Nous avons fait appel au chômage partiel et nos appels ont été très bien reçus. Lors du premier trimestre 2021, nous avons pu compter sur 13 000 heures de chômage partiel par mois. Dans ces conditions, il faut se résoudre à une triste évidence, nous n’avons pas assez de boulot pour tout le monde et nous prenons des mesures pour l’emploi en tentant d’anticiper la fin de ce type d’aide gouvernementale dès le mois de juin 2021. C’est déjà demain et nous voulons assurer la pérennité de notre entreprise. Pour y parvenir, nous envisageons donc le pire. Nous allons donc procéder à 60 licenciements au maximum. Ce sera moins si le ciel se dégage et si on peut compter sur une reprise plus rapide. À un moment donné, il faut réagir, car nous vivons de beaucoup d’espoirs depuis mars 2020 et il faut avoir l’humilité de reconnaître que l’on a beaucoup déchanté, ces derniers mois. Il y a un an, en mai 2020, on était tous très optimistes et on s’attendait à ce que tout soit réglé après l’été 2020. C’était loin d’être le cas avec les deuxième et troisième vagues liées au Covid-19. Gérer, c’est prévoir et voilà où nous en sommes aujourd’hui.

Peut-on affirmer qu’il y a trop de sociétés de gardiennage au Luxembourg?

C’est une bonne question… Dans notre secteur d’activité, on a pu remarquer une augmentation du nombre d’acteurs ces dernières années, ce qui s’est traduit par une grosse pression sur les prix et les marchés. Nous ne sommes pas le seul secteur où la concurrence s’est accentuée et comme partout, cette pression s’oriente au final vers le bas. Près de 120 entreprises de gardiennage sont localisées à Luxembourg et on a parfois l’impression que le «miracle luxembourgeois» attire de nombreux acteurs qui veulent avoir leur part du gâteau. La loi actuelle sur les conditions d’accès est peut-être également trop souple par rapport aux pays limitrophes qui entourent le Luxembourg.

Au moment où vous allez licencier 60 personnes, vous avez également dû engager de nouveaux profils comme des maîtres-chiens. Est-ce cohérent?

Tout cela est en effet très paradoxal. Quand on se retrouve avec un staff excédentaire, on tente de former nos agents pour d’autres métiers. On ne cite jamais le nom de nos clients, par discrétion, mais certains nous demandent désormais de pouvoir compter sur des profils féminins capables de parler plusieurs langues. Nous n’avions jamais ce type de demande auparavant. On nous demande aussi si nous comptons dans nos rangs des pompiers volontaires, par exemple. Dans ce cas-là, nous procédons à un recrutement extérieur. Nous devons régulièrement former notre personnel pour qu’il puisse disposer de nouvelles compétences et on se pose beaucoup de questions sur ce phénomène qui s’accélère.

Pouvez-vous nous donner un exemple concret?

Il y a cinq ans, par exemple, le profil d’un agent unilingue sans formation suffisait. Désormais, on nous demande de plus en plus d’agents capables de s’exprimer en luxembourgeois, en allemand et en anglais et qui disposent encore de formation en sécurité ou par rapport aux incendies. Cette tendance s’est vraiment accélérée ces dernières années et G4S Luxembourg doit s’adapter. Notre personnel (1 200 salariés au Luxembourg) était au courant des difficultés rencontrées et de la position de la direction. Nous voulons désormais faire les choses dans l’ordre sans créer de polémique inutile en supprimant 5% des emplois au sein de notre entreprise.

(Frédéric Lambert / L'essentiel )

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Les commentaires les plus populaires

  • JC DUSS le 18.05.2021 12:05 Report dénoncer ce commentaire

    Faudrait-il encore donner envie d'aller travailler pour G4S Luxembourg..... La reputation n'est plus à faire.

  • Sous-traitance de l'ordre public ? le 18.05.2021 11:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Du grand n'importe quoi de sous-traiter l'ordre et la sécurité du domaine public à des compagnies privées. C'est un aveu d'échec de l'Etat qui n'est pas capable d'assurer lui-même le maintien de l'ordre avec sa police. Le pouvoir régalien, la police dans ce cas, est la responsabilité de l'Etat. Soit l'État n'est pas capable d'assumer ses responsabilités régaliennes de police, soit la police n'est pas à la hauteur des missions qui lui sont confiées par l'Etat. En tout cas, la sous-traitance de l'ordre public au privé n'est pas un signal positif sur la capacité du pays à assurer l'ordre et la sécurité des citoyens par ses propres moyens.

  • ExG4S le 18.05.2021 08:19 Report dénoncer ce commentaire

    C bien aussi de savoir s'exprimer en luxembourgeois, allemand et anglais, au moins savoir dire Moien en luxembourgeois

Les derniers commentaires

  • Sombre avenir le 19.05.2021 10:50 Report dénoncer ce commentaire

    Autrement, quelqu'un a reconnu les 2 types sur la photo prise hier au Kirchberg ? J'adore, la police a partagé !!! Prochain conseil : ne vous promenez pas à 11h du matin.

  • François le 18.05.2021 23:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Combien de langues parle M.Jossart? Pourquoi avoir quitté Luxair en un quart de tour? Que du bla bla comme en politique.Il fera pareil chez G4S

  • Cristina Cordula le 18.05.2021 22:12 Report dénoncer ce commentaire

    Par contre les casting des agents en poste à la gare , laisse à désirer , donc se n'est pas magnifike ma cherie.

  • Dalida le 18.05.2021 22:09 Report dénoncer ce commentaire

    Parole Parole Parole , en quelle année votre société fait des evenemets? vous êtes et serez dans le Gardiennage pur et dur laissez les evenements au pros se n'est pas votre domaine.

  • Wtf le 18.05.2021 20:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Quand la médiocrité règne, l'incompétence est une règle, la roublardise une culture. Bravo M Jossart