Carlo Thelen

12 octobre 2020 17:15; Act: 16.10.2020 19:35 Print

«Les jeunes? De l'espoir pour l'esprit d'entreprise»

LUXEMBOURG - De quelle manière la Chambre de commerce du Luxembourg est-elle parvenue à aider les entreprises lors de la crise du Covid-19? Carlo Thelen s'explique.

storybild

Carlo Thelen fait beaucoup d'efforts pour redorer l'image du Luxembourg à l'étranger. (photo: Julien Garroy)

Sur ce sujet
Une faute?

«Je résume toujours notre rôle en 3F», a-t-il souligné. «Force de proposition, facilitateur et fédérateur. Force de proposition, car on rédige des avis sur des projets de lois et des règlements grand-ducaux ; facilitateur, car on aide les entreprises à se développer ; et fédérateur, car on essaie de fédérer des acteurs qui œuvrent pour l'économie des entreprises au Luxembourg».

Triste et en colère d’avoir vu le projet industriel «Fage» échoué récemment entre Bettembourg et Dudelange, Carlo Thelen considère que la gestion de ce dossier «n’a pas été une bonne publicité pour le Luxembourg». Souvent présent à l’étranger, avant l’épidémie de Covid-19, quand il était encore possible de tenir des missions, Carlo Thelen a avoué que le Grand-Duché était méconnu à l’international. «On doit faire beaucoup d’efforts au niveau du « nation branding », car les clichés sur le Grand-Duché ne sont pas souvent positifs à l’étranger».

Sept mois après le confinement de la mi-mars 2020, comment la Chambre de Commerce du Luxembourg est-elle parvenue à aider les entreprises ? «Il fallait réagir très rapidement», a rappelé Carlo Thelen, son directeur-général. «Et dès le mois de mars, on a mis en place une procédure accélérée pour notre système de cautionnement et de garantie bancaire pour les entreprises qui avaient besoin de trésorerie. On a mis en place une « Covid-Help-Line», car beaucoup d’entreprises n’avaient plus de courage. C’est difficile de fermer ses portes. Et encore aujourd’hui, le chiffre d’affaires de beaucoup d’entreprises est en forte chute, donc il faut continuer à les aider, car la crise n’est pas encore terminée».

Réécoutez la séquence du vendredi 16 octobre

Et le directeur-général de la Chambre de commerce du Luxembourg de confirmer que l’entrepreneuriat au Grand-Duché «est de tout âge». «C’est beaucoup de jeunes et cela nous donne beaucoup d’espoir pour la suite, car j’ai souvent entendu dire que l’esprit d’entreprise était moins développé au Luxembourg. Depuis plusieurs années, il y a énormément d’initiatives pour promouvoir et sensibiliser les jeunes à l’entreprenariat. On voit désormais apparaître des projets de personnes de tout âge et dans tous les secteurs d’activités».

Réécoutez la séquence du jeudi 15 octobre

«Pour tout vous dire, à l’heure où je vous parle», a indiqué Carlo Thelen, au micro de Jean-Luc Bertrand, «avec la Chambre de Commerce du Luxembourg, on devrait actuellement se trouver à Dubaï, à l’exposition universelle qui a donc été reportée d’un an. En sortant de votre studio, on va donc s’atteler à rédiger un avis sur le projet de budget de l’exercice 2020-2021. C’est un exercice que nous faisons chaque année et cela fait partie de nos missions fixées par une loi organique. On doit rédiger un avis sur tous les projets de lois et de règlements grand-ducaux qui impactent directement nos membres, donc les entreprises grand-ducales».

Et la Chambre de Commerce du Luxembourg peut aussi parfois sortir un carton rouge. «On essaie évidemment toujours de le faire de manière très constructive», souligne Carlo Thelen, son directeur-général. «On fait aussi des propositions et des recommandations sur notre manière de voir les choses et dans l’intérêt des entreprises luxembourgeoises. Parfois, il est possible de sortir un carton rouge, mais c’est ensuite à la Chambre des députés de décider ce qu’ils vont en faire».

Réécoutez la séquence du mercredi 14 octobre

Carlo Thelen, en quelques questions

Quels sont les hobbies de vos enfants ? Les trois sont très sportifs et jouent au football, mais le petit est effectivement plus acharné que les deux autres et il a vraiment voulu suivre cette aventure au FC Metz, où il est actuellement à l’internat et à l’école de football. Cela nous plaît vraiment bien de le suivre lors de ses matchs, l’ambiance est bonne et ils sont bien encadrés. Les deux autres ne sont pas trop jaloux et j’espère qu’ils sont fiers aussi.

Si j’étais un mot ? Curieux, car j’essaie toujours de voir quelles sont les nouvelles évolutions et les nouvelles tendances. Comment faire pour permettre aux entreprises et à l’économie luxembourgeoise d’avancer. Il y a peut-être parfois trop d’informations, alors j’essaie toujours de faire la part des choses.

L’objet dont je ne pourrais pas me passer ? Mon smartphone, malheureusement, mais pour mon plaisir, je dirais mon VTT.

Réécoutez la séquence du mardi 13 octobre

Si j’étais un crayon de couleur ? Le bleu. La couleur du ciel, de l’eau et de la mer. La vie.

Mon rapport avec l’argent ? C’est quelque chose à quoi on ne réfléchit plus tout le temps maintenant. À un certain âge, avec un certain recul. Quand on est jeune, on y pense plus régulièrement que maintenant.

Faut-il parfois parler très fort pour être entendu? Je ne pense pas que c’est le volume qui fait la différence. C’est plutôt la qualité de l’argumentation et aussi la substance que l’on a mis dans les arguments pour convaincre l’interlocuteur.

Réécoutez la séquence du lundi 12 octobre

La chose que j’aime le moins dans la nature humaine? L’hypocrisie, car c’est toujours plus facile d’avoir devant soi un interlocuteur qui s’exprime clairement et franchement. Avec honnêteté et authenticité. C’est plus facile pour avancer.

Mon premier job? J'étais chargé d'études auprès d'un centre recherche public et à ce moment-là, on faisait une étude sur la position du Luxembourg au sein de l'Europe. Cela fait longtemps, plus de 25 ans maintenant, mais c'était vraiment très intéressant. C'était un petit job de chargé d'études sur trois mois.

Dans sa play-list, Carlo Thelen a également choisi un titre de «Dire Straits», «car cela lui rappelle de bons souvenirs». «C’est aussi un de mes premiers disques et j’ai toujours bien aimé ce groupe». Fan de Freddie Mercury qu’il considère comme «une bête de scène», Carlo Thelen reconnaît avoir assisté «à des concerts faramineux avec le groupe Queen». «Freddie Mercury nous manque de manière absolue aujourd’hui». Choix plus surprenant, le titre «Dancing Queen» du groupe Abba figure également dans la playlist de Carlo Thelen. «C’est un groupe qui nous a accompagné tout au long de notre vie», sourit-il. «Quand j’étais étudiant à Louvain-la-Neuve en Belgique, on faisait de belles soirées sur ces chansons-là. C’est une chanson qui me met de bonne humeur, d’office»

La play-list de Carlo Thelen

.

(Frédéric Lambert / L'essentiel )