Luxembourg/Afghanistan

25 août 2021 12:50; Act: 25.08.2021 15:32 Print

«Les Afghans qui sont ici peuvent rester»

LUXEMBOURG - Les personnes que le Luxembourg voulait rapatrier d’Afghanistan ont toutes atterri en Europe. Se pose désormais la question de l’accueil de réfugiés.

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Jean Asselborn a expliqué que le Luxembourg «fera tout son possible» pour accueillir décemment les réfugiés. (photo: Julien Garroy)

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Quelques minutes après Xavier Bettel, les ministres Jean Asselborn et François Bausch ont fait un point détaillé sur la situation en Afghanistan et notamment les rapatriements au Luxembourg. Première bonne nouvelle, les neuf personnes inscrites sur la liste du Grand-Duché ont été exfiltrées en Europe: sept ont atterri en Belgique, une aux Pays-Bas et une en France.

S’ajoutent à ces ayants droit luxembourgeois, une juge afghane condamnée à mort par les talibans accompagnée de ses trois enfants et de son mari. Quatre autres personnes de son entourage doivent encore arriver. Une opération bien menée qu’a saluée le ministre de la Défense. M. Bausch a notamment souligné l’importance fondamentale «des alliances européennes».

«L’espérance de vie a augmenté»

Pour sa part, Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères, a essayé de mettre en perspective vingt années de présence occidentale en Afghanistan. Sans noircir le tableau: «L’espérance de vie a augmenté de vingt ans […] Le Luxembourg a participé à la formation de l’armée afghane et fourni une partie de l’aide humanitaire indispensable. À la politique étrangère européenne de s’assurer que l’Afghanistan ne reviendra pas à l’ancienne situation».

Les premiers retours sont inquiétants. Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a ainsi fait état d’exécutions publiques, d’interdictions de travailler pour les femmes et de fillettes qui ne peuvent plus aller à l’école.

«Nous ne renvoyons personne en Afghanistan»

Concernant la politique d’asile, le Grand-Duché se montrera généreux, a assuré M. Asselborn, invitant les autres pays européens à faire de même. «Nous ne renvoyons personne en Afghanistan depuis 2015. Les Afghans qui sont ici peuvent rester en trouvant un travail. Cela vaut également pour ceux qui n’ont pas obtenu l’asile».

S’il n’a pas encore pu estimer le nombre potentiel des arrivées, le ministre a expliqué que le Luxembourg «fera tout son possible» pour accueillir décemment les réfugiés. «Mais cela devra se faire dans le cadre du regroupement familial. Le Luxembourg ne peut pas accueillir tout le monde», a-t-il conclu.

(Thomas Holzer/L'essentiel)