Au Luxembourg

11 décembre 2018 12:39; Act: 11.12.2018 15:19 Print

Les entreprises restent prudentes pour 2019

LUXEMBOURG - Les entreprises luxembourgeoises ne sont pas pessimistes pour 2019, selon une étude de la Chambre de commerce, malgré des incertitudes et des inquiétudes récurrentes.

storybild

Carlo Thelen évoque les différentes inquiétudes qui tiraillent les entrepreneurs. (photo: Editpress/Herve Montaigu)

Sur ce sujet
Une faute?

Au Luxembourg, les salaires réels ont augmenté de 6% depuis 2016, alors que les gains de productivité ont chuté de 5%, souligne Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce. Le coût de la main-d'œuvre fait partie des inquiétudes les plus souvent citées par les 528 entreprises luxembourgeoises ayant répondu à l'enquête Eurochambres de la Chambre de commerce. Le coût du travail est ainsi cité par 43% des entreprises de services et 45,4% des entreprises industrielles. «On est manifestement sur une mauvaise trajectoire et il faut absolument éviter les rigidités dans la formation des salaires», reprend Carlo Thelen. «Il faudrait un peu changer le système d'indexation des salaires. Il faudrait séparer les tranches d'au moins 18 mois», notamment si les prix pétroliers continuent à augmenter. Une revendication déjà présentée au formateur lors des discussions de coalition, en octobre.

Dans l'ensemble, les entreprises luxembourgeoises ne sont toutefois pas particulièrement pessimistes sur l'avenir. Ainsi, 70% de celles qui ont répondu à l'enquête estiment que le climat économique restera inchangé en 2019, malgré les incertitudes qui pèsent sur le contexte international (Brexit, ralentissement dans les pays voisins, résurgence du protectionnisme...). «Il sort clairement de l'étude que 2017 était le sommet du cycle économique et que 2018 et 2019 apparaissent comme des années où le ralentissement va s'installer», décrypte Carlo Thelen. Y compris au Luxembourg, qui «n'est pas une île et qui est fortement impacté par les tendances internationales, notamment en zone euro et dans les pays voisins». Ce qui conduit les entreprises à la prudence. «30% d'entre elles ont l'intention d'augmenter leur investissement en 2019, alors que ce taux était supérieur à 40% l'année dernière».

Difficile recrutement

Mais le plus grand problème des entreprises luxembourgeoises, ça reste de trouver de la main-d'œuvre qualifiée. Un problème soulevé par 64,4% des répondants à l'enquête, contre 55,3% l'année dernière et 48% il y a deux ans. «Les entreprises ont vraiment des problèmes de recrutement. On cherche par tous les moyens à attirer les meilleurs talents» dans une période d'économie dynamique. De quoi entraîner une «guerre des talents. Il faut travailler sur les qualifications ici au Luxembourg, dans l'éducation, la formation, mais aussi continuer à attirer plus de talents de l'étranger», souligne Carlo Thelen, qui plaide également pour une flexibilisation du temps de travail. «Il faut laisser une marge de manœuvre aux entreprises pour qu'elle puissent discuter et s'organiser au mieux selon leurs besoins. Quand le carnet de commandes est rempli il faut travailler plus que quand il est plein. Il faut des solutions pragmatiques pour le salarié et l'employeur, pas un carcan rigide qui s'impose à tous».

Parmi les défis auxquels sont confrontés les entreprises, figurent également une demande intérieure jugée trop faible et, pour les entreprises industrielles, un prix de l'énergie et des matières premières en hausse, ce qui réduit les marges en augmentant les coûts de production. La Chambre de commerce propose là de geler les prix administrés pour deux ans. L'organisme milite aussi pour une accélération de la digitalisation. Quoi qu'il en soit, résume Carlo Thelen, «l'économie luxembourgeoise continue à bien se porter pour l'instant mais il faut rester vigilant, il y a trop de chantiers autour qui risquent d'impacter négativement notre économie».

Carlo Thelen au micro de L'essentiel Radio:

(JW/L'essentiel)