Pour les frontaliers

06 mai 2020 12:52; Act: 06.05.2020 15:28 Print

Les Luxembourgeois sont «aimables mais distants»

LUXEMBOURG - Les frontaliers se sentent bien au Luxembourg, mais leur perception des résidents luxembourgeois est pour le moins contrastée, d'après un sondage.

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91% des frontaliers se sentent bien dans leur entreprise parmi leurs collègues.

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«Aimables, respectueux et polis», «sympathiques», «qui ont le sens de l'hospitalité», «multiculturels et attachés aux traditions», mais également «un peu froids au premier abord», «distants» et même «une tendance légère à la xénophobie». Ces citations livrées pêle-mêle résument la perception des Luxembourgeois par les frontaliers, d'après un sondage TNS Ilres effectué pour l'Asti sur un échantillon représentatif de 500 personnes.

Des sentiments contrastés donc qui ne sauraient nier l'aspect le plus important: 86% des interrogés se sentent bien au Luxembourg et 75% s'estiment les bienvenus. Ils apprécient notamment son aspect multiculturel (22%), sa richesse (19%) et même sa beauté (19%). Ces trois aspects sont les plus souvent cités pour décrire le pays.

Pour autant, rares sont les frontaliers qui envisagent d'y résider. Seuls 13% des Français et 8% des Belges se voient habiter au Grand-Duché dans les années à venir. Le chiffre est un peu plus important chez les Allemands (17%). Sans grande surprise, 71% des frontaliers confient travailler au Luxembourg pour le niveau de salaire, de loin la raison la raison la plus partagée.

«La non pratique de la langue luxembourgeoise est le verrou le plus fort»

Concernant les échanges avec les locaux, certains écarts interpellent. Ainsi, seuls 36% des Français ont «souvent» des contacts avec des résidents Luxembourgeois dans leur vie privée, contre 80% pour les Allemands. Les personnes du Grand Est qui travaillent au Luxembourg semblent plus proches des résidents étrangers (76%).

Cette distance avec les Luxembourgeois tient à la barrière de la langue. Si 82% des frontaliers disent comprendre un peu le Luxembourgeois, «la non pratique de la langue luxembourgeoise est certainement le verrou le plus fort pour avoir une relation plus forte et profonde avec un respect mutuel», relaie l'Asti.

Le fait de travailler au Luxembourg peut également créer des ressentiments en France, en Belgique ou en Allemagne. Plus de six frontaliers sur 10 sont vus comme des privilégiés par leur entourage qui ne travaille pas au Grand-Duché...

(Thomas Holzer/L'essentiel)