Société luxembourgeoise

07 décembre 2021 09:43; Act: 10.01.2022 19:24 Print

Les masques d'Avrox dans le viseur de la justice belge

LUXEMBOURG/BRUXELLES - Quatre personnes liées à la société grand-ducale Avrox sont mises en cause par la justice belge après avoir livré 15 millions de masques.

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La société Avrox est localisée à Luxembourg-Ville, rue de Bastogne.

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C'est la suite d'une saga qui ne fait rire personne en Belgique. Le quotidien économique néerlandophone De Tijd confirme, ce mardi 7 décembre 2021, que le gouvernement belge aurait été victime d'une escroquerie par la société Avrox, basée au Luxembourg depuis mars 2017. Sur Internet, cette firme se présente comme une entreprise de confection localisée rue de Bastogne, à Luxembourg-Ville.

Souvenez-vous, au tout début de la pandémie de Covid-19, en avril 2020, une véritable pénurie de masques frappait le monde entier et l'État belge avait conclu un marché avec la société luxembourgeoise Avrox, afin d'obtenir 15 millions de masques contre la somme de 32 millions d'euros.

Des masques «toxiques»

Quatre personnes sont dès à présent mises en cause dans cette affaire, comme l'a confirmé le parquet de Bruxelles, au quotidien De Tijd. Des perquisitions auraient d'ailleurs eu lieu au Grand-Duché, le 4 mai 2021, mais cette affaire aurait des ramifications en France et en Espagne. Les quatre personnes impliquées sont soupçonnées de faux en écriture, de fraude et de blanchiment d'argent.

Par ailleurs, il avait ensuite été recommandé de ne plus utiliser les masques livrés par la société Avrox, en raison de leur «toxicité». Des nanoparticules d'argent et de l'oxyde de titane ont en effet été retrouvés dans le tissu utilisé pour produire ces 15 millions de masques, dont les restes du stock sont désormais conservés par le ministère belge de la Défense.

Suite à cet article, la société Avrox a souhaité apporter des précisions:

«La société Avrox a pris connaissance de la communication du ministère public quant à une escroquerie dont l'État belge aurait été victime. L'affirmation parue dans la presse, sans nuance, d'une telle escroquerie a eu pour effet de contraindre la ministre de la Défense à annoncer publiquement sa constitution de partie civile. Premièrement, aucune décision judiciaire n'est intervenue en ce dossier constatant une escroquerie ou quelqu'une infraction que ce soit et personne n'a été condamné de ce chef. Toutes les infractions sont vivement contestées par le gérant de la société Avrox et il s'en défendra le cas échéant devant les juges belges en temps opportun. Deuxièmement, la communication du parquet, le 7 décembre 2021, surprend, puisque les inculpations datent d'avril 2021 et que le gérant d'Avrox, notamment, a été libéré il y a plusieurs mois. Le second gérant n'a, pour sa part, jamais été détenu. Troisièmement, deux jours après cette communication publique du ministère public, la ministre de la Défense annonce se constituer partie civile, manifestement poussée dans le dos par cette illégitime communication. Cela n'est pas anodin dans le chef d'une administration qui a toujours publiquement défendu la pertinence de l'achat de ces masques et le marché public passé en son temps. La cohérence n'est manifestement pas de mise, et la présomption d'innocence bafouée».

(fl/L'essentiel)