Au Luxembourg

04 avril 2019 07:00; Act: 03.04.2019 17:27 Print

Les musulmans ne veulent pas «prier dans la rue»

LUXEMBOURG - L'idée d'une «mosquée centrale» dans la capitale fait son chemin, alors que la communauté musulmane ne cesse de s'agrandir.

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La mosquée de Bonnevoie manque notamment de place pour accueillir les fidèles dans de bonnes conditions. (photo: Pierre Matge)

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Avec 3 000 personnes arrivées au cours des trois dernières années, la communauté musulmane ne cesse de s'agrandir au Luxembourg. Selon les statistiques effectuées par la Shoura, le nombre de personnes de culture musulmane dans le pays a ainsi dépassé les 20 000. Toutes ne sont pas pratiquantes, mais la question des lieux de cultes apparaît comme centrale.

Neuf associations, et bientôt une dixième, disposent de locaux à divers endroits du pays. Plusieurs envisagent des projets d'achats ou d’agrandissements. C'est notamment le cas à Esch-sur-Alzette, à Diekirch ou encore à Bonnevoie. Insuffisant toutefois pour faire face à la croissance du nombre de fidèles.

Réflexions sur une mosquée

D'où l'idée d'une grande mosquée, sur le modèle des autres capitales européennes: «Les musulmans du pays ne veulent pas prier dans la rue. La demande d'un lieu de culte d’une certaine envergure fait son chemin», indique Éric Risch, secrétaire de la Shoura.

Assez pour que la Shoura se positionne avec le lancement de réflexions sur une construction. «Il n'y a pas encore de plan concret, ni de projet de financement», tempère-t-il. Mais une première rencontre a eu lieu avec Xavier Bettel.

Une question d'intégration

Interrogé sur le sujet dans une questions parlementaire, le Premier ministre et ministre des Cultes s'est montré très prudent sur le projet indiquant qu'il ne s'était pas engagé «ni dans un sens, ni dans l'autre». Les autorisations de construction «sont de la compétence des autorités communales», a-t-il poursuivi.

Un entretien avec la bourgmestre de la capitale, Lydie Porlfer, a été sollicité à ce propos par la Shoura. «L'idée serait d'avoir quelque chose de représentatif. Un tel bâtiment offrirait un sentiment de liaison aux musulmans par rapport au Luxembourg. C'est aussi une question d'intégration», poursuit Éric Risch.

D'après les chiffres de la Shoura, entre 50 et 60% des personnes de culture musulmane sont originaires des Balkans, 11% viennent du Moyen-Orient, 10% du Maghreb ou encore 6% d'Afrique subsaharienne.

(Thomas Holzer/L'essentiel)