Au Luxembourg

11 février 2021 10:00; Act: 11.02.2021 10:40 Print

Les sans-​​abri en quête de refuge en cet hiver du Covid

LUXEMBOURG – Pour les plus démunis, l'hiver est particulièrement difficile, sans compter la pandémie. Pour remédier à la situation, la Stëmm vun der Strooss a un projet concret.

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Le temps est à la grisaille, au froid et à la pluie, alors que dans la rue de la Fonderie, une file d'attente se forme devant le bâtiment de la Stëmm vun der Strooss. Comme si l'hiver n'était pas déjà assez rude pour les sans-abri et les plus démunis, la pandémie leur rend la vie encore plus dure. Seules quinze personnes sont autorisées à pénétrer simultanément dans les locaux de l'association, où un repas chaud les attend. Au bout d'une demi-heure seulement, il faut céder la place au groupe suivant. Pour une association qui souhaite apporter non seulement de l'aide matérielle, mais également offrir un lieu de rencontre social à l'abri du froid, c'est un grand problème. «Depuis l'arrivée du coronavirus, cela n'est plus possible», explique la directrice de l'association, Alexandra Oxacelay, interrogée par L'essentiel.

Elle a rejoint l'organisation en 1998, mais c'est la première fois qu'elle a à faire face à une telle année. «Je ne me souviens pas d'une année avec autant de morts», dit-elle. Des décès, qui, d'après elle, ne sont pas toujours directement liés au virus, car dans ce genre de situations, la consommation de drogues et d'alcool augmente également de manière considérable, notamment pour ne plus sentir autant le froid glacial. Le risque de mourir dans son sommeil est nettement accru, redoute-t-elle.

De nombreuses personnes qui fréquentaient l'association régulièrement auparavant la désertent depuis un an. «Les personnes qui ont déjà du mal à s'adapter en temps normal éprouvent des difficultés à se plier aux nouvelles règles», souligne M. Oxacelay. Ainsi, une personne qui bénéficiait de l'aide de l'association et avait, grâce à elle, pu retrouver une vie normale et avait même travaillé en cuisine au sein de Stëmm vun der Strooss s'est complètement retranchée depuis le début de la pandémie. On ignore généralement le sort de ceux qui ne viennent plus. «Nous sommes l'ultime étape avant la rue», dit la directrice.

«Certains nous prennent pour une poubelle»

Avant la pandémie, la Stëmm vun der Strooss distribuait 300 repas par jour. Ce chiffre a désormais été divisé par deux. Coronavirus oblige, le service de coiffure a également disparu. Pour autant, de plus en plus de nouveaux visages franchissent la porte de l'association. Parmi eux, des personnes ayant perdu leur emploi à cause du coronavirus et qui se retrouvent dans le besoin. La nouvelle «clientèle», plutôt jeune, vient surtout pour prendre une douche ou retirer des lots de vêtements. Mais là aussi, l'association est souvent en manque de vêtements adaptés à l'âge des personnes défavorisées. «La plupart ont entre 20 et 50 ans, mais les habits proviennent souvent de personnes âgées qui sont décédées», précise une bénévole. Les dons de vêtements, lavés et en bon état – ce qui ne semble pas aller de soi – sont donc fort appréciés. «Certains nous prennent pour une poubelle», ajoute-t-elle.

Die Kleiderkammer bei Stëmm vun der Strooss

Même si les mesures de lutte contre la pandémie entraînent des coupes sévères dans les prestations accordées au plus démunis, l'association a toujours respecté les règles et cherché des alternatives, comme le souligne Alexandra Oxacelay. Quand le restaurant a dû fermer complètement ses portes en mars 2020, la distribution de panier-repas s'est faite devant la porte. Aujourd'hui encore, le volet social n'est pas suffisant. Ceux qui en sont physiquement capables se déplacent d'une organisation à une autre pour y passer un court moment. C'est pourquoi la Stëmm vun der Strooss prévoit la construction d'une terrasse couverte et chauffée, sur laquelle la clientèle pourrait, dans une certaine mesure, se maintenir au chaud et au sec en hiver tout en respectant les mesures d'hygiène liées au coronavirus. Les personnes n'auraient plus besoin de quitter les lieux au bout d'une demi-heure. Pour ce faire, l'association dépend de dons (voir encadré). D'après la directrice, il manque encore environ 10 000 euros. «Une fois que nous aurons rassemblé l'argent, cela ne prendra qu'une semaine pour construire la terrasse», dit-elle.

Stëmm vun der Strooss

Fondée en 1996, la Stëmm vun der Strooss œuvre en faveur de l'intégration sociale et professionnelle de personnes défavorisées. Conventionnée par le ministère de la Santé, cette association sans but lucratif travaille en étroite collaboration avec la Croix-Rouge luxembourgeoise. Près de 50 salariés et 150 personnes en voie de réinsertion professionnelle travaillent sur cinq site différents.

Que puis-je faire pour aider?
• Financement participatif: www.gingo.community/fr/
• Faire un don sur le compte LU63 0019 2100 0888 300
• Faire don de vêtements et de produits hygiéniques (de préférence de petite taille)
• L'association est à la recherche d'un médecin bénévole

(Miriam Meinecke/L'essentiel)

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Les commentaires les plus populaires

  • luxo le 11.02.2021 10:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le personnel de cette association devrait apprendre à respecter ceux qui frappent à leur porte. Et cela commence par arrêter de tutoyer ceux qui sollicitent une aide ou un renseignement.

  • balance ton porc le 11.02.2021 22:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On devrait interdir de mettre une personne à la rue lors des pandémies .

  • veritis le 11.02.2021 16:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ils ont toujours des projets. mais pas ceux d'engager

Les derniers commentaires

  • Gisèle le 11.02.2021 22:35 Report dénoncer ce commentaire

    Et pendant ce temps là, on va dépenser EUR 2 750 000 pour remplacer l'orgue de la cathédrale de Luxembourg-Ville... No comments

  • balance ton porc le 11.02.2021 22:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On devrait interdir de mettre une personne à la rue lors des pandémies .

  • S. P le 11.02.2021 18:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et voilà tout est dit demander au personnes qui veulent s'en sortir de téléphoner toute les semaines des fois ça peut durer des semaines avant qu'il y a de la place. Combien il y en a qui retombe. Au lieu de le laisser rentrer dès qu'ils ont l'intention de s'en sortir pour pouvoir faire leurs sevrages. Je trouve que au Luxembourg on pourrait mieux faire.

  • veritis le 11.02.2021 16:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @luxo tout à fait. idem pour essayer de bosser chez eux.

  • veritis le 11.02.2021 16:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ils ont toujours des projets. mais pas ceux d'engager