Au Luxembourg

10 juillet 2019 16:02; Act: 10.07.2019 16:20 Print

Noël avant l’heure pour le Planning familial

LUXEMBOURG - Le Planning familial présente son rapport annuel ce mercredi soir lors de son assemblée générale. 2018 a été une très bonne année

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La directrice du Planning familial, Ainhoa Achutegui, n'en a pas cru ses yeux, en voyant le programme de gouvernement. (photo: Editpress)

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«En 2018, le programme de coalition du nouveau gouvernement, ça a été Noël avant l'heure», s'enthousiasme Ainhoa Achutegui, la présidente du Planning familial. «Les revendications que nous avions depuis des années s’y trouvaient: tous les contraceptifs remboursés sans limite d'âge, la disparition de la taxe tampon… On s'est demandé pendant un instant si c'était une blague».

Le rapport 2018 que le Planning familial présentera lors de son assemblée générale, ce mercredi soir, est donc un très bon cru. Dans le détail, en 2018, les équipes du Planning familial à Luxembourg, Esch-sur-Alzette et Ettelbruck ont répondu à près de 35 000 demandes diverses, contre 33 000 en 2017. Elles ont assuré près de 10 900 consultations en majorité médicales mais aussi psychosociales et de conseil, contre 12 000 en 2017. Les IVG ne représentent toujours qu'1% des activités. Le Planning en a réalisé 704 en 2018 contre 538 en 2017. En tout, les équipes ont pris en charge plus de 2 900 personnes contre plus de 2 000 personnes en 2017.

Liste d'attente pour l'éducation sexuelle et affective

Autre gros morceau des activités du Planning familial: l'éducation sexuelle et affective. «L’ouverture du Centre national de référence pour la promotion de la santé affective et sexuelle (Cesas) en 2018, qui permet aux différents acteurs de collaborer est une très bonne chose», commente Ainhoa Achutegui. «Mais maintenant, il nous faut les moyens humains. Nos équipes passent leur temps à courir d’école en école. Il y a des listes d’attente de douze mois. Le Cesas est en train d’analyser les besoins. Une fois que ce sera fait, la politique doit suivre!», insiste-t-elle. Elle demande aussi à ce que, comme avant, les instituteurs quittent la classe lors des leçons d'éducation sexuelle. «Cela permet de libérer la parole des enfants».

Pour le futur, le Planning continue également à réclamer une grande enquête sur la santé sexuelle et affective au sein de la population. «Les rapports ont changé avec l’apparition d’applications comme Tinder, de mouvements comme #MeToo, la facilité d’accès aux contenus pornographiques… Il est nécessaire de faire un état des lieux pour savoir comment cela nous affecte», conclut la présidente.

(Séverine Goffin/L'essentiel)