Expression libre

18 septembre 2015 14:48; Act: 18.09.2015 14:58 Print

Peut-​​on laisser la haine se déverser sur Facebook?

LUXEMBOURG - Plusieurs questions parlementaires envoyées cette semaine demandent aux ministres une solution contre les discours haineux des Luxembourgeois sur les réseaux sociaux.

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Réponse récurrente chez Facebook: le message reporté n'est pas contraire à la charte...

op Däitsch
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Une photo du White Power (mouvement suprématiste blanc), un commentaire qui annonce qu’une certaine partie de la population «doit être exterminée», ou un post traitant des croates de «race de m**». Avec les actualités sur les réfugiés, ce genre de message de haine ou d’incitation à la violence se multiplie sur les réseaux sociaux.

Malheureusement, lors d’un signalement, la réponse de Facebook est bien trop souvent la même: «Nous avons examiné le commentaire que vous avez signalé et avons déterminé qu’il n’allait pas à l’encontre de nos Standards de la communauté». Car voilà, le problème du réseau social, c’est qu’il ne supprime les messages qu’en cas de «délit» manifeste. «Dans mes contacts, j’ai vu des propos inacceptables, dit à L’essentiel le député DP Eugène Berger, qui a posé une question parlementaire à ce sujet mercredi. Sur la photo du petit Aylan mort, l’un d’eux écrivait qu’il n’avait qu’à s’acheter un gilet de sauvetage. Et certaines réponses suivantes étaient encore plus violentes». Facebook n’ayant qu’une compréhension limitée du sous-entendu, ce message restera inscrit en l’absence de grossièretés manifestes ou de contenu graphique tendancieux.

Facebook a du mal avec le luxembourgeois

En effet, le réseau ne sait pas gérer les messages qui ne sont pas ostensiblement à l’encontre d’une charte assez obscure, et qui a déjà fait parler d’elle. Un téton féminin dans une image et le compte du propriétaire sera bloqué quelques jours. Mais une photo prônant une suprématie raciale pourra être affichée en photo de profil sans soucis. De plus, au Luxembourg, un autre problème se pose: la langue est une parfaite inconnue du côté du groupe américain. Si des traducteurs peuvent gérer les messages en français ou en allemand, le luxembourgeois est un peu plus problématique.

Tout comme Eugène Berger, le député CSV Laurent Mosar a donc interpellé le gouvernement sur cette «montée du racisme notamment sur les réseaux sociaux», et a rappelé que le ministre allemand de la Justice a négocié avec un responsable de Facebook la mise en place d’une «task force» locale pour améliorer le système de report de commentaires.

«Moyen de pression psychologique»

Au Luxembourg, «on pourrait par exemple appeler une initiative, comme Bee Secure. Ils seraient là pour traiter les signalements, faire un relais entre les internautes et les réseaux sociaux. Et éventuellement lancer les procédures pénales», confirme Eugène Berger. Aujourd’hui, la seule solution possible est le dépôt de plainte en justice par l'internaute. Une procédure longue et coûteuse. Avoir un lien luxembourgeois dans ces cas, ce serait aussi un moyen de pression psychologique pour faire comprendre que le Luxembourg n’est pas une zone de non-droit. «Les commentateurs sauront qu’ils peuvent être repérés. Nous devons réagir avec toutes les possibilités, donner un signe qu’on ne laissera pas faire», termine-t-il.

Du côté du ministère de la Justice, on rappelle que la loi luxembourgeoise prévoit déjà des sanctions en cas notamment d'incitation à la haine ou à la violence (article 457-1 du code pénal). La position du ministre Félix Braz est connue: «Facebook ne peut pas être une zone de non-droit». Quant à la possibilité d'une initiative luxembourgeoise similaire à celle de l'Allemagne, le ministre réserve sa réponse au député CSV, Laurent Mosar, qui a posé une question parlementaire en ce sens.

(Jonathan Vaucher/L'essentiel)

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Les commentaires les plus populaires

  • carlo le 18.09.2015 16:20 Report dénoncer ce commentaire

    Moi j'ai plutot peur que on censure trop les avis defavorables a une certaine facon de penser dictée par les élites. Personellement je trouve inadmissible que l'on nous impose de Millions de gens de l'autre bout du monde alors qu'il suffirait de les aider un petit peu dans les pays d'ou ils fuient. Et pourquoi ne pas installer des antennes des pays européens dans les camps ou ces gens s'inscrivent candidats pour migrer? Cela leur eviterait un voyage meurtrier. Que nos elites prennent leur responsabilite et le courage de nous servir de l'eau claire.

  • Simon le 18.09.2015 16:35 Report dénoncer ce commentaire

    La haine: le nouveau mot à la mode pour accuser pour de tout et de rien.

  • 2 vitesses le 19.09.2015 14:11 Report dénoncer ce commentaire

    c'est de la censure ni plus ni moins, et on nous bassine avec la liberté d'expression...

Les derniers commentaires

  • Cyrille le 08.10.2015 15:11 Report dénoncer ce commentaire

    J'ai surtout l'impression que si l'on n'est pas du bon genre et du bon ton on est taxé de .... cela me rappelle les années 80 il était de bon ton d'etre communiste et si l'on critiquait on était taxé de facho... les choses on évoluées mais ...

  • vivelalibertedexpression le 21.09.2015 14:14 Report dénoncer ce commentaire

    Le début d'une dictature commence toujours par tout petit et par des petits actes de censure. Aujourd'hui les internautes n'ont plus le droit de dire leur avis et opinion sur fb ou autres réseaux sociaux car un message de haine sera supprimé de suite, demain notre avis ou vote sera ignoré si'il ne fait pas partie de la majorité ou de l'opinion du gouvernement... triste triste, j'espère seulement de ne plus être ici, quand la liberté d'oppunion sera totalement abolit.

  • ojéminé le 20.09.2015 15:03 Report dénoncer ce commentaire

    Si, côté politique, on mettait un site à disposition des citoyens pour pouvoir s'exprimer et donner leurs avis personnel à certains sujets ou leurs proposer plus souvent des référendums, ils auraient l'occasion de le faire d'une façon plus intelligente et bien plus digne. Trop bornés... hélas !

    • Marie le 20.09.2015 21:26 Report dénoncer ce commentaire

      Déjà les gens sont trop paresseux pour signer une pétition. Alors des référendums.. oublions. Ensuite, les sites où vous pouvez vous exprimer, il y en a plein ! Et pourtant cela n'empêche pas que les discours dérapent.

    • exaspéré le 21.09.2015 11:01 Report dénoncer ce commentaire

      à quoi bon signer des pétitions qui n'ont que caractère consultatif? juste bon à perdre son temps.

  • June le 20.09.2015 13:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    +1

  • sos le 20.09.2015 09:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien contente de ne pas avoir fb et autre truc merdique Mes amis je les vois comme hier autour d'une bonne raclette Hmmmm:)))