Garde d'enfants

04 octobre 2013 15:15; Act: 04.10.2013 16:25 Print

«Sans chèques-​​services, ce serait la galère»

LUXEMBOURG – Faut-il rendre les gardes d’enfants gratuites et du même coup supprimer les chèques-services? Les parents sont partagés.

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De nombreux parents craignent que la gratuité de la garde d'enfants pèse sur la qualité. (DR)

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Au Grand-Duché, quelque 63 000 enfants bénéficient du système pour être gardés ou participer à des activités sportives et culturelles. «Si ces chèques disparaissaient, ça n’a plus de sens que je travaille, autant que je reste à la maison avec mon enfant», explique Marie. Elle travaille à temps plein et fait garder son petit bout de chou de trois ans et demi dans une crèche privée. Sur les 1 200 euros que coûte cette prise en charge, Marie n’en paie que 100, le reste étant payé par l’État. Le montant assumé par l’État dépend du revenu des ménages (voir encadré) mais également du type d’établissement choisi. Le système doit permettre aux parents de mieux concilier vie personnelle et professionnelle. «Sans les chèques-services, ce serait catastrophique», pense Marie.

«Il faut mettre en place un autre système financier», indique Sophie, une jeune mère de Grevenmacher. La garde de ses trois enfants coûte 3 000 euros par mois mais grâce aux chèques-services, elle ne paie qu’entre 600 et 1 200 euros. «Pour moi, sans aides de l’État, cela représenterait une grosse somme d‘argent».

Non à la gratuité

Pour Eric, les choses sont différentes: cet ingénieur diplômé avoue qu’il pourrait se passer des chèques-services. Même si la garde de ses deux enfants constitue 40% des dépenses de la famille, «l’État nous rembourse seulement entre 200 et 300 euros par mois pour les deux petits». Un montant quasiment «imperceptible dans le budget familial». Il indique toutefois qu’il est content que cette aide existe pour les parents du Luxembourg.

Ce qui est frappant dans l’ensemble des témoignages, c’est que quasiment tous s’accordent à refuser que la garde des enfants soit entièrement gratuite, comme le proposent déi greng et le DP. «Je me demande si les établissements pourront supporter la gratuité de la garde», indique Susanne, mère de deux enfants. «Actuellement chez nous une éducatrice s’occupe de six enfants, je trouve que c’est un bon équilibre». Elle craint qu’avec la gratuité les éducateurs soient responsables de davantage d’enfants en même temps. Sophie partage cet avis: «C’est normal de payer un petit quelque chose pour la garde d’enfants. Si tout était gratuit, j’aurais peur que la qualité en pâtisse».

(if/L'essentiel Online)