Témoignage au Luxembourg

12 novembre 2018 09:00; Act: 12.11.2018 12:15 Print

«Tout le monde ne naît pas fille ou garçon»

LUXEMBOURG - Les personnes «intersexes» développent, biologiquement, des caractéristiques à la fois masculines et féminines. Une vie de souffrance. Un «tabou» généralisé.

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Aujourd'hui, Thierry Bosman veut donner une place à part entière aux personnes intersexes, et notamment au Luxembourg, en lien avec le gouvernement. (photo: L'essentiel)

op Däitsch
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Ni homme, ni femme, mais «intersexe». Thierry Bosman est Belge et depuis sa naissance, son corps a développé des caractéristiques biologiques particulières. «Mes organes génitaux ne se sont pas développés convenablement. J'ai un pénis et une poitrine féminine est venue s'installer», témoigne celui qui a traversé une adolescence «traumatisante». 47 chromosomes au lieu de 46 qui lui ont donné un corps différent, et une vie d'interventions médicales imposées.

«J'ai subi des opérations de réassignation sexuelle, présentées à mes parents comme habituelles et nécessaires. Les médecins prennent autorité et font l'impasse sur les conséquences que cela à sur nos vies», ajoute le quadragénaire, qui ne compte plus les piqûres douloureuses et les traitements hormonaux. Une double ablation de seins à l'âge de 14 ans a encore des séquelles trente ans après: «Je n'arrive toujours pas à regarder mon corps dans un miroir». Une vie de souffrances physiques et morales, avec le sentiment d'être «torturé» et devoir cacher ce «secret». Faire semblant des années durant et en oublier d'être soi-même.

«On m'a menti»

Aujourd'hui, Thierry Bosman livre un autre combat, celui de donner une place à part entière aux personnes intersexes. Au Luxembourg, il est devenu témoin du groupe de travail interministériel, consultant pour le ministère de la Famille et l'ASBL Intersex and Transgender Luxembourg (ITGL): «Mes parents n'ont jamais été bien informés ni soutenus. À moi on m'a menti, il est important d'expliquer cette diversité. Tout le monde ne naît pas fille ou garçon».

Il y a quelques jours, le gouvernement luxembourgeois a lancé une campagne d'information sur le sujet. «À l’instar des femmes et des hommes, les personnes intersexes font depuis toujours partie de notre société», souligne la ministre de la Famille, Corinne Cahen. Des cas sont recensés au Grand-Duché mais «personne ne veut être visible, c'est un tabou total ici», glisse le docteur Erik Schneider. Selon certains scientifiques, 1,7% des personnes naissent intersexes dans le monde. «Castrer, stériliser, réparer ce qui n'est pas comme il faut... J'aimerais offrir mon vécu pour qu'on ne fasse plus subir cela aux enfants», espère Thierry Bosman.

(Nicolas Chauty/L'essentiel/)

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