Au Luxembourg

29 novembre 2018 17:49; Act: 29.11.2018 17:56 Print

Un examen médical sur les réfugiés fait débat

LUXEMBOURG - Certains jeunes réfugiés qui arrivent subissent un examen des parties génitales. Une «atteinte à la dignité humaine», juge la CCDH. Le gouvernement répond.

storybild

«Si un soupçon sérieux sur la majorité de la personne persiste, il sera procédé à un examen physique complet», explique le ministère des Affaires étrangères. (photo: Editpress/Didier Sylvestre)

Sur ce sujet
Une faute?

Dans son rapport sur les conditions d'accueil des demandeurs de protection internationale, rendu lundi, la Commission consultative des droits de l'homme au Luxembourg (CCDH) pointe du doigt «des examens et prises de photographies des organes génitaux pour la détermination de l'âge» des réfugiés. La CCDH, qui «condamne avec véhémence cette pratique», juge que ces examens «constituent une atteinte à la dignité humaine» pour certains réfugiés déjà «torturés ou victimes de sévices sexuels» par le passé.

Mercredi soir, le ministère des Affaires étrangères a souhaité «réagir aux critiques». Selon la loi de 2015, «le ministre peut ordonner des examens médicaux, afin de déterminer l’âge du mineur non accompagné lorsqu’il a des doutes à ce sujet». Une «expertise médicale» spécifique a ainsi été développée au Luxembourg par le Laboratoire national de santé (LNS).

Rapport confidentiel

«Un tel examen médical n’est pas pratiqué sur tous les mineurs non accompagnés, mais seulement sur les mineurs qui ne sont pas en possession d’un document d’identité et pour lesquels un doute sérieux sur l’âge indiqué existe», développe le gouvernement, dans un communiqué. Une simple radiographie du poignet suffit généralement pour déterminer l'âge, mais «si un soupçon sérieux sur la majorité de la personne persiste, il sera procédé à un examen physique complet, y compris des parties génitales». Cet examen est complété par une radiographie de la clavicule et un panoramique dentaire.

«Les photographies prises lors de cet examen sont strictement confidentielles. Elles ne figurent ni dans le rapport d’expertise du LNS, ni dans le dossier administratif du demandeur de protection internationale tenu par le ministère», rassure un porte-parole.

Du côté de la CCDH, on met l'accent sur la nécessité de respecter les «droits fondamentaux de ces personnes». Le rapport indique d'ailleurs que si le Luxembourg fait déjà «beaucoup d'efforts» en matière d'accueil et d'intégration des réfugiés, «de nombreuses améliorations restent à réaliser».

(L'essentiel/Nicolas Chauty)