Au Luxembourg

23 avril 2020 13:38; Act: 23.04.2020 15:23 Print

Un ramadan «à la maison» pour les musulmans du pays

LUXEMBOURG - Le ramadan débute dans des conditions particulières en raison de l'épidémie de coronavirus. Les mosquées seront fermées et il ne sera pas possible de se rassembler.

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Le ramadan sera très différent des autres années au Luxembourg.

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De mémoire, Faruk Licina n'a jamais connu un début de ramadan dans des conditions aussi atypiques. Vendredi, les musulmans du Luxembourg entament leur mois de prière et de jeûne. Mais contrairement aux autres années, le rendez-vous de cette année se fera à la maison «dans le noyau familial», confirme à L'essentiel le président de la Shoura, assemblée de la communauté musulmane au Luxembourg.

Une organisation contre-nature pour une tradition censée rassembler les familles et les croyants, à la mosquée bien évidemment, mais également lors des repas de rupture du jeûne. «Nous ne pouvons pas faire autrement. Les musulmans du pays comprennent et respectent parfaitement. Et puis nous ne sommes pas les seuls, chacun a dû se limiter à cause de cette épidémie», explique M. Licina.

«L'Islam prévoit qu'en cas de maladie dans une région, il est interdit d'y entrer et d'en sortir», poursuit-il, comme pour expliquer que le respect des règles sanitaires fait partie des devoirs du croyant.

«Nous prions pour tout le monde pour que cette épidémie s'arrête au plus vite»

D'ordinaire, les mosquées sont ouvertes 24h/24 en période de ramadan. Elles resteront portes closes cette fois. Même la fête de l'Aïd el-Fitr qui célèbre la fin du mois de jeûne ne pourra se dérouler en communauté, puisque les rassemblements seront toujours interdits dans un mois. «Pas certain non plus que nous pourrons célébrer l'Aïd al-Adha, la fête du sacrifice à la fin du mois de juillet...», pense Faruk Licina.

Dans ces conditions, chacun s'organise avec des prières à la maison et une communication en continu sur les réseaux sociaux. Les échanges se font aussi par vidéoconférence avec des prêches une à deux fois par jour, «afin de maintenir une atmosphère de ramadan», explique M. Licina.

Une situation difficile pour les personnes seules pour qui il sera difficile de profiter de cette période de partage. «Nous n'avons pas vraiment d'autre solution, puisqu'il est interdit d'inviter des gens chez soi». Concernant le jeûne en revanche, rien ne change. «C'est ce qui compte le plus d'un point de vue théologique, avec également les prières. Nous prions pour que cette épidémie s'arrête au plus vite», conclut le président de la Shoura.

(Thomas Holzer/L'essentiel)