Jean Asselborn

04 septembre 2015 09:12; Act: 04.09.2015 12:12 Print

«Viktor Orban nous fait honte»

LUXEMBOURG - Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères a dénoncé l’attitude du Premier ministre hongrois sur la question des réfugiés.

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Jean Asselborn s'est montré ferme envers la Hongrie.

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La question des réfugiés préoccupe l’Union européenne depuis des mois et génère des tensions voire des débordements parmi les dirigeants. Jeudi, en indiquant que l’afflux de migrants était un «problème allemand», le Premier ministre hongrois Viktor Orban - habitué aux provocations - a encore suscité l’indignation de la classe politique européenne, le président du Parlement européen, Martin Schultz, allant même parler de «scandale». Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères est également monté au créneau pour dénoncer l’attitude du Hongrois.

«Viktor Orban nous fait honte parfois», a confié Jean Asselborn, jeudi, au micro de la ZDF. «Cet homme a non seulement brisé beaucoup de choses en Hongrie mais il a également piétiné les valeurs européennes». Faut-il contraindre le Premier ministre hongrois d’accepter des réfugiés sur son sol? «Ce serait catastrophique si nous devions agiter le spectre de sanctions pour contraindre les pays à montrer un peu d’humanité», regrette le ministre luxembourgeois. «Il dit qu’ils ne veulent que des chrétiens mais si Orban est un chrétien, alors Kim Il-sung (fondateur de la Corée du Nord) l’est aussi».

«La question des réfugiés concerne l’ensemble de l’Europe»

Jean Asselborn a par ailleurs indiqué que l’UE progressait sur la question des quotas (la France et l’Allemagne ont plaidé jeudi pour les rendre obligatoires) et a déclaré vouloir une accélération de l’enregistrement des réfugiés qui affluent notamment en Grèce. Le ministre a d’ailleurs appelé à aider ce pays. «Chaque pays de l’Union européenne doit comprendre que la question des réfugiés concerne l’ensemble de l’Europe». Il a réitéré sa proposition de créer une administration européenne des réfugiés ainsi qu’un tribunal.

Ce vendredi, les ministres des Affaires étrangères se retrouvent à Luxembourg pour faire notamment un point sur la situation dans les pays d’accueil et de transit. De leur côté, les pays de l’Est (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie), pointés du doigt pour leur refus de solidarité, se retrouvent à Prague.

(jt/dpa/L'essentiel)