TAIPAN

21 mai 2012 20:30; Act: 21.05.2012 19:02 Print

«J’ai transpiré ma passion là-dedans!»

Taipan, le rappeur originaire de la Grande Région qui n'en finit pas de monter en puissance, sort son nouvel album en digital.

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L’essentiel: Rassurant de constater qu’on peut vieillir dans le rap?

Taipan (rappeur): Oui, mais le but était dès le départ de faire de la musique qui se bonifie avec l’âge, d’en arriver là et même de faire mieux. Quand tu fais mûrir ton art, il n’y a pas de raison de s’arrêter!

Beaucoup sont partis sur les chapeaux de roues avant de disparaître. Vous avez préféré prendre votre temps…

En ce qui me concerne, c’était plus une fatalité. Si c’était arrivé plus tôt, j’aurais saisi l’opportunité. La vague de 1997 a tout connu à 20 ans, ce qui n’est pas le meilleur âge pour gérer ce qui t’arrive. Et trop peu, à part Oxmo Puccino ou Booba, ont réussi à durer…

Votre album précédent s’appelait «Je vous aime». À l’écoute de «C’est beau de rêver», le cynisme domine…

Je ne sais pas, je n’ai pas l’impression d’avoir changé de ton. Le morceau n’est pas si cynique, il pose la question de savoir dans quelle mesure doit-on dire la vérité à un enfant.

Quels thèmes abordez-vous sur ce nouvel album?

Sur un sujet triste, j’essaie de trouver la part d’humour, et inversement. Je recherche l’équilibre. Je parle de l’endroit où je vis, et où les générations se ressemblent. Je parle du cannabis, et il y a aussi un hymne aux refoulés de boîte.

Retrouve-t-on C.H.I. à la production?

C.H.I. a composé tous les morceaux sauf deux, produits par Chilea et DANCE.

Sachant que vous n’êtes pas du genre à faire des concessions, comportera-t-il un hit?

L’ironie, c’est que les gens ne retiennent pas forcément le titre que l’on voudrait. Brel, par exemple, avait du mal à assumer «Ne me quitte pas». Pour ma part, je n’ai aucun souci avec le mainstream dans le rap, mais plutôt avec les nostalgiques, qui s’enferment dans un conservatisme. Je suis en transe en écoutant Drake, Lil’ Wayne ou The Weeknd! J’ai des refrains auto-tunés, sans pour autant faire de concessions.

L’album sort en digital. La sortie physique est devenue aujourd’hui une option?

C’est physique de sortir un disque en physique! Aujourd’hui, les distributeurs sont plus frileux, ça devient dur. Un nombre limité sera édité, et les disques seront vendus via certaines plates-formes et aux concerts.

Vous avez essayé une formation live avec des musiciens. Est-ce une option pour faire plus de scène?

À terme, je souhaiterais que ça devienne une règle, je préférerais jouer avec des musiciens. Mais les dates sont plus chères, et c’est difficile à démarcher. Il y a un équilibre à trouver.

Ça fait quoi d’être cité parmi les meilleurs punchliners français par Youssoupha ou Orelsan?

Ça fait plaisir, car j’ai transpiré toute ma passion là-dedans! C’est rassurant et gratifiant, un vrai aboutissement.

Youssoupha apparaît sur un titre. Partagez-vous des scènes avec lui?

Oui, j’ai fait sa première partie à l’Olympia, le 7 mai dernier. Et je serai aussi présent à la KuFa, le 31 mai.

Recueilli par Cédric Botzung