Œuvre classique

02 mai 2016 11:10; Act: 02.05.2016 17:34 Print

Le Bolero de Ravel tombe dans le domaine public

Le crescendo le plus célèbre du monde, composé par Maurice Ravel, est désormais libre de droits, 88 ans après sa première interprétation.

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Elle est sans doute l'une des œuvres musicales les plus jouées au monde et aussi l'une des plus singulières. Le Boléro de Maurice Ravel est tombé dimanche dans le domaine public, 88 ans après sa première interprétation à l'Opéra de Paris. «On a coutume de dire qu'une exécution du Boléro commence toutes les dix minutes dans le monde. Puisque l’œuvre dure 17 minutes, elle est donc jouée à tout moment quelque part», explique Laurent Petitgirard, compositeur et président de la Société française des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem).

Composée en 1928, l’œuvre symphonique est, à l'origine, une musique de ballet commandée par la danseuse russe Ida Rubinstein, amie et mécène de Ravel. Aussitôt salué par la critique, le Boléro connaîtra rapidement un succès planétaire même si sa mélodie uniforme et son rythme répétitif en crescendo ont dérouté plus d'un mélomane. L'histoire dit qu'à une de ses premières représentations, une vieille dame cria «au fou» et que Ravel hochant la tête, dit à son frère: «En voilà une qui, au moins, a compris».

«C'est une écriture simple et directe sans la moindre tentative de virtuosité», disait de son œuvre le compositeur français, mort en 1937. «C'est une pièce expérimentale, une mécanique de précision et une démonstration de génie», résume Laurent Petitgirard. En 88 ans, l’œuvre a été jouée par les plus prestigieux orchestres du monde, sous la baguette des plus grands chefs (Herbert von Karajan, Arturo Toscanini, Seiji Ozawa, Pierre Boulez...). Elle a aussi inspiré une multitude de chorégraphies.

Imbroglio juridique sur la succession

Pourquoi le Boléro tombe-t-il dans le domaine public? Les droits d'une œuvre en France tombent 70 ans après la mort de l'auteur. Mais la loi prévoit des prorogations qui visent à compenser le manque à gagner durant les deux guerres mondiales. Ainsi le Boléro de Ravel était protégé pour une durée de 70 ans à compter de 1938 (année qui suit la mort de Ravel) à laquelle ont été ajoutées huit années, soit jusqu'au 1er mai 2016. Œuvre de tous les records, le Boléro est resté jusqu'en 1994 à la première place du classement mondial des droits d'auteurs. Elle était encore en 103e position en 2015.

De quoi susciter quelques convoitises d'autant que Maurice Ravel est mort à 62 ans sans descendance. Après le décès en 1960 de son frère Édouard, son seul héritier, s'ouvrit une période de procès à répétition visant à faire main basse sur le pactole. Un rocambolesque imbroglio juridique où se mêleront, au fil des années, la masseuse d'Édouard Ravel, Jeanne Taverne, son mari, des petits-neveux du compositeur ou encore un directeur juridique de la Sacem. Il faut dire que l'affaire est plutôt juteuse, la totalité des royalties versées depuis 1960 étant estimée entre 400 et 500 millions d'euros, dont une cinquantaine de millions pour le seul Boléro, selon diverses estimations. Des droits qui ne sont plus versés depuis dimanche, date à laquelle le Boléro appartient dorénavant à tous.

(L'essentiel/AFP)

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