Attentats de Paris

07 novembre 2016 08:39; Act: 07.11.2016 09:46 Print

Le réseau terroriste en grande partie démantelé

Près d'un an s'est écoulé depuis les attentats les plus meurtriers jamais commis en France. Le réseau a été brisé, mais le nom du commanditaire reste un mystère.

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Commandos, organisateurs, soutiens logistiques: le réseau derrière les attentats du 13 novembre 2015, à Paris, a été en grande partie démantelé. Huit hommes sont écroués en France, dont un suspect-clé muré dans le silence. Le nom du commanditaire n'a pas été révélé.

Trois assaillants ont tiré sur des terrasses parisiennes, faisant 39 morts. Parmi eux, Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, figure des djihadistes francophones en Syrie, impliqué dans plusieurs attentats «déjoués» en France. Présenté comme «un des cerveaux» des tueries, le Belge a été abattu dans un appartement de Saint-Denis où il s'était caché avec sa cousine et le deuxième tueur des terrasses. Le troisième, Brahim Abdeslam, s'est fait exploser, seul, dans un restaurant. Un Français résidant en Belgique et deux Irakiens, venus de Syrie parmi le flux de réfugiés, sont morts en kamikaze près du stade de France. Enfin, trois Français rentrés de Syrie ont tué 90 personnes dans la salle de spectacles du Bataclan et sont morts sous les balles des policiers ou en activant leur ceinture piégée lors de l'assaut.

Salah Abdeslam, suspect-clé

Salah Abdeslam, Français de Belgique âgé de 27 ans, a été arrêté à Bruxelles en mars dernier et transféré en France fin avril. Il a fait depuis valoir son droit au silence et ses avocats ont renoncé à le défendre. Ce proche d'Abaaoud, qui a aidé plusieurs protagonistes du 13 novembre à gagner l'Europe, a participé, avec son frère Brahim, à la préparation des attaques. Il a convoyé les kamikazes au stade de France et affirmé avoir renoncé au dernier moment à s'y faire exploser. Mais les enquêteurs se demandent s'il n'était pas chargé d'un attentat dans le XVIIIe arrondissement parisien, évoqué dans la revendication de l'État islamique (EI) et qui n'a pas eu lieu.

Deux hommes, qui ont exfiltré Abdeslam de France vers la Belgique, Mohamed Amri et Hamza Attou, et un troisième, qui l'a aidé dans sa cavale, Ali Oulkadi, sont également mis en examen. L'Algérien Adel Haddadi et le Pakistanais Mohamad Usman, soupçonnés d'avoir été missionnés pour participer aux attentats, ont été remis par l'Autriche fin juillet. Ils avaient débarqué en Grèce au début octobre 2015, avec les deux kamikazes irakiens du stade de France, mais avaient été repérés et placés en détention. Libérés, ils s'étaient rendus en Autriche où ils avaient été interpellés.

Le nom commanditaire reste un mystère

Enfin, Jawad Bendaoud et Mohamed Soumah, qui ont fourni la planque de Saint-Denis à Abaaoud, sont incarcérés. «Tous les préparatifs pour les raids» ont commencé avec Ibrahim et Khalid El Bakraoui, a affirmé l'EI. Les deux frères sont morts en kamikazes lors des attentats qui ont fait 32 morts le 22 mars dernier à Bruxelles, tout comme un autre suspect-clé, Najim Laachraoui, considéré comme un artificier du réseau et soupçonné d'avoir coordonné les attaques parisiennes de la capitale belge avec un quatrième homme, Mohamed Belkaïd, tué par la police.

Plusieurs suspects sont incarcérés en Belgique: un cousin de Salah Abdeslam, qui lui a fourni sa dernière planque à Bruxelles, et deux hommes, dont les empreintes ont été retrouvées dans des caches du réseau. Deux autres ont été réclamés par la justice française: Mohamed Bakkali, logisticien présumé, et Mohamed Abrini. Repéré avant les tueries avec les Abdeslam, ce dernier ne sera pas transféré en France «dans l'immédiat», vu son rôle dans les attentats de Bruxelles. Abrini avait déposé un bagage piégé à l'aéroport avant de prendre la fuite.

Trois autres suspects sont incarcérés en Italie, au Maroc et en Algérie, et Ahmed Dahmani, soupçonné d'avoir aidé à repérer des cibles à Paris, est écroué en Turquie. La voix des frères Fabien et Jean-Michel Clain, piliers de la mouvance djihadiste toulousaine, a été identifiée dans le message de revendication de l'EI, mais ils ne sont pas les donneurs d'ordre, d'après une source proche du dossier. Quant à Abaaoud, c'était «un coordinateur, pas le commanditaire», a relevé en mai le patron de la DGSE, Bernard Bajolet, devant des parlementaires. Il a affirmé aussi connaître l'identité de ce dernier sans toutefois la révéler.

(L'essentiel/AFP)