Procès Bommeleeër

18 mars 2013 18:37; Act: 26.03.2013 16:57 Print

«Stay-​​Behind» aurait commis les attentats

LUXEMBOURG - Comme par magie, les avocats parviennent à faire apparaître de nouveaux témoins dans le procès Bommeleeër. Même un député allemand a maintenant évoqué l’implication du réseau «Stay-Behind».

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Le procès Bommeleeër ne parvient toujours pas à faire toute la lumière sur les événements qui ont tenu en haleine le Luxembourg dans les années 80. Après trois semaines de procès, les témoins se sont multipliés pour soulever des pistes parfois farfelues et souvent bien étranges. Aucune mention en revanche des faits qui avaient incité le procureur à inculper les anciens membres de la gendarmerie.

La pertinence des déviations du procès ne semble d’ailleurs pas toujours claire, d’autant plus que les accusés défilant à la barre ne semblent ni confirmer ni contredire une possible culpabilité des accusés. À l’issue d’un témoignage très étrange qui mettait en cause Ben Geiben et qui affirmait que celui-ci aurait reconnu être le poseur de bombes, les avocats Gaston Vogel et Lydie Lorang ont ce lundi à nouveau misé sur la théorie de l’implication du réseau «Stay-Behind».

Une déposition à détonation

La surprise a donc été de mise lorsque Me Vogel a sorti une attestation testimoniale d’un historien allemand, Andreas-Johann Kramer, dont le père décédé, Johannes Karl Kramer, était un agent du Service fédéral de renseignement. Il avait également dirigé la branche allemande du réseau «Stay-Behind» et coopéré avec les agents luxembourgeois du réseau en utilisant le nom «Cello».

Dans l’attestation qui a été lue aux juges, Kramer prétend savoir que les agents du «Stay-Behind» luxembourgeois aient été à l’origine des attentats. «Les attentats étaient des exercices pour mettre en œuvre de futures attaques à l’étranger.(…) C’est mon père et Charles Hoffmann (NDLR: ancien directeur du SREL) qui se sont chargés de faire disparaitre les preuves». Kramer indique par ailleurs que les agents luxembourgeois auraient été formés par le Service fédéral de renseignement. Il s’est également avéré que Kramer avait travaillé comme agent double pour les services secrets de l’Union soviétique. Le problème de sa déclaration est cependant évident: pas moyen de la vérifier comme elle vient de deuxième main. Charles Hoffmann, qui en sa qualité de directeur du SREL avait également chapeauté le réseau «Stay-Behind» au Luxembourg, a depuis démenti de telles accusations devant la presse luxembourgeoise.

Le poseur de bombes serait-il issu de la police?

Les enquêteurs chargés de rassembler les preuves après les attentats ont également révélé au tribunal leur mode de fonctionnement. Il est ressorti de l’un des témoignages que Henri Flammang, un ancien armurier de la police, avait également figuré sur la liste des suspects. Après son suicide en avril 1994, ses collègues avaient retrouvé chez lui un arsenal d’armes très impressionnant, qui contenait plus d’une tonne de munitions, 43 pistolets mitrailleurs, huit mitrailleuses, 190 carabines, 184 pistolets et plus de 40 kg d’explosifs.

Selon les déclarations d’un témoin, les enquêteurs auraient ensuite élargi leurs soupçons à M. Flammang. Une voie pourtant sans issue: même si Flammang avait été un grand amateur d’armes, il n’y aurait «pas la moindre indication de son implication dans les attentats».

(mth/L'essentiel Online)