En Catalogne

08 novembre 2017 09:49; Act: 08.11.2017 11:28 Print

Les indépendantistes ne seront pas unis

Les indépendantistes doivent tenter de conserver le pouvoir lors des élections régionales du 21 décembre, mais ils semblent avoir échoué à s'unir.

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Les partis indépendantistes n'ont pas trouvé d'accord. (photo: AFP/pau Barrena)

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Mardi soir, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), l'un des trois partis indépendantistes avec le PdeCAT (conservateur) de Puigdemont et la Candidature d'unité populaire (CUP) d'extrême gauche, a écarté cette option. Le porte-parole d'ERC, Sergi Sabria, a affirmé dans un communiqué que «devant l'impossibilité de former une liste réellement unitaire, il faudra chercher à nous coordonner sur la base de candidatures différentes».

En 2015, la coalition «Ensemble pour le oui» avait réussi à rassembler les deux principales formations indépendantistes, le parti de M. Puigdemont et ERC. La CUP s'était présentée seule. Au total, ces trois partis avaient obtenu la majorité en sièges mais pas en voix, avec 47,8% des suffrages mais 72 sièges sur 135 au parlement régional. Certains estiment qu'une candidature unique profiterait aux indépendantistes dans leur ensemble, car la pondération des voix donne une «prime au résultat le plus fort», selon Joan Botella, recteur de la faculté de sciences politiques de l'Université autonome de Barcelone.

Effondrement dans les sondages

Le PdeCATde Puigdemont aurait pourtant tout intérêt à rester au sein d'une coalition: les sondages prédisent un effondrement à ce parti héritier de la puissante Convergence démocratique de Catalogne (CDC) qui a longtemps régné sur la région. ERC, qui a le vent en poupe dans les sondages, a par contre intérêt à faire cavalier seul, avec l'espoir d'être pour la première fois aux commandes de la Catalogne depuis 1936. Les sondages prédisent aussi, à nouveau, une division presque à parts égales entre indépendantistes et partisans du maintien au sein de l'Espagne.

D'autres inconnues accompagnent cette élection atypique: que feront les élus emprisonnés qui l'emporteraient ? Et ceux qui sont à Bruxelles et visés par un mandat d'arrêt ? Le noyau dur indépendantiste est en effet éparpillé entre Bruxelles et... une prison près de Madrid. Huit des 13 ministres-conseillers de l'exécutif régional destitué par le gouvernement espagnol sont écroués après avoir été inculpés notamment pour rébellion, sédition et détournements de fonds publics. Carles Puigdemont est également visé par ces poursuites, mais il se trouve en Belgique avec quatre autres membres de son gouvernement, dans l'attente de l'examen par la justice belge d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne.

(L'essentiel/AFP)