Espagne

04 novembre 2017 10:17; Act: 06.11.2017 11:32 Print

Mandat d'arrêt européen lancé contre Puigdemont

Madrid a officiellement lancé vendredi soir un mandat d'arrêt contre le président catalan destitué, en exil en Belgique.

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Le président catalan destitué Carles Puigdemont s'est réfugié en Belgique. (photo: AFP/Nicolas Maeterlinck)

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Le président catalan destitué par Madrid et exilé à Bruxelles, Carles Puigdemont, est depuis vendredi soir sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice espagnole devant laquelle il a refusé de comparaître.

Une semaine après la proclamation de la «République de Catalogne», restée sans effet et aussitôt suivie d'une mise sous tutelle de la région par Madrid, une juge d'instruction a émis un mandat d'arrêt européen à l'encontre de M. Puigdemont et de quatre de ses «ministres» repliés en Belgique pour «rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l'autorité».

Puigdemont regrette l'influence de la politique sur le judiciaire

M. Puigdemont et ses quatre «ministres» étaient arrivés lundi en Belgique alors qu'ils devaient être entendus par la magistrate jeudi avec 13 autres membres de l'ancien exécutif catalan et six membres du bureau du parlement régional.

Le parquet fédéral belge a confirmé vendredi soir la réception du mandat d'arrêt, qu'il allait «étudier». Presque au même moment, M. Puigdemont dénonçait «l'énorme influence de la politique sur le pouvoir judiciaire en Espagne», dans une interview en français à la télévision publique belge RTBF.

La juge d'instruction de l'Audience nationale, tribunal siégeant à Madrid spécialisé dans les affaires sensibles, a inculpé et écroué le vice-président Oriol Junqueras et sept autres membres du gouvernement destitué qui s'étaient eux présentés dans son bureau. Un neuvième - qui avait démissionné avant la proclamation de la «République» - a été libéré ce vendredi, sous caution.

Un «messager» pour les Catalans

Leur incarcération a été unanimement condamnée par les indépendantistes, qui font valoir le caractère «pacifique» de leur mobilisation depuis des années et du référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre.

Comme la veille, plusieurs milliers de manifestants ont demandé vendredi soir à Barcelone la libération des «ministres», clamant aussi leur confiance dans le «président légitime» de la Catalogne. «Je suis ici parce que je m'oppose à ce qu'il y ait des prisonniers politiques», confiait Melanie Ortiz, 27 ans, au milieu d'une foule scandant «Liberté» et «Vive la République».

A moins de deux mois des élections régionales convoquées pour le 21 décembre par le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, M. Puigdemont a fait un pas vers sa candidature vendredi, malgré sa probable remise à la justice espagnole dans les semaines à venir. «Je suis disposé à être candidat», a-t-il déclaré à la RTBF. «Je veux être un messager pour nos concitoyens».

(L'essentiel/ats)