Présidentielle française

24 avril 2017 09:24; Act: 24.04.2017 09:48 Print

Un front républicain contre Marine Le Pen

François Fillon et Benoît Hamon ont appelé à faire barrage au FN, Jean-Luc Mélenchon a refusé de donner une consigne de vote.

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Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont qualifiés, dimanche, pour le second tour de l'élection présidentielle française du 7 mai, à l'issue d'un premier tour historique. Le candidat de la droite républicaine a en effet été éliminé et la gauche socialiste décimée.

Inconnu du public jusqu'à sa nomination au ministère de l'Économie en 2014, Emmanuel Macron, 39 ans, relève un pari jugé fou il y a encore un an avec un positionnement idéologique inédit, ni droite ni gauche, à la tête de son mouvement En Marche!, créé le 6 avril 2016. Héraut du renouvellement politique, il s'est placé dimanche en tête avec environ 23,75% des suffrages, selon des résultats définitifs fournis par le ministère de l'intérieur.

«Faire barrage à l'extrême droite»

La plupart des «grands» perdants ont appelé à voter pour lui dans deux semaines. Présenté par ses adversaires comme un héritier du «hollandisme», un prétendant inexpérimenté, cet ancien banquier, qui n'avait jamais brigué le suffrage universel auparavant, serait bien placé, selon les instituts de sondage, pour devenir le 7 mai le plus jeune chef d'État de la Ve République.

Alors que le Front national saluait «une victoire historique», le premier ministre socialiste, Bernard Cazeneuve, a invité «tous les républicains» à «faire barrage à l'extrême droite» au second tour, dans une déclaration solennelle. Le président sortant, François Hollande, a téléphoné à Emmanuel Macron pour le féliciter. Il a fait savoir qu'il s'exprimerait «rapidement, pour donner clairement son choix».

La doctrine du «ni ni» enterrée

François Fillon, troisième (19,91%) à quasi-égalité avec le candidat d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon (19,64%), a invité, «pas de gaieté de cœur», à voter pour Emmanuel Macron au second tour, afin d'éviter à la France la «violence» et «l'intolérance» du FN.

D'Alain Juppé à Laurent Wauquiez, en passant par Jean-Pierre Raffarin, la doctrine du «ni ni» que Nicolas Sarkozy avait imposée à la droite depuis 2011 - ni FN ni front républicain - a été enterrée dimanche soir, à l'exception notable de «Sens Commun» et du parti chrétien-démocrate, alliés de François Fillon, qui ont mis en avant «la liberté de conscience».

Pas de consigne de vote de Mélenchon

À gauche, le candidat socialiste Benoît Hamon, balayé avec 6,35% des voix, a appelé, lui aussi, à voter contre la candidate du FN. Il a déploré «une défaite morale» pour la France «et une partie de la gauche». Le PS, dont la blessure de 2002 - avec l'élimination de Lionel Jospin au premier tour - était à peine cicatrisée, a subi la plus cuisante des débâcles depuis la présidentielle de 1969 (Gaston Defferre, 5%, et Michel Rocard, 3,6%).

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s'est pour sa part refusé à donner une consigne pour le second tour, soulignant n'avoir reçu aucun mandat pour s'exprimer à la place de ses électeurs. Le candidat d'extrême gauche, qui avait joui d'une dynamique favorable dans la dernière ligne de la droite de la campagne, échoue à 65 ans, mais fait presque jeu égal avec François Fillon. Il avait recueilli 11,1% des voix au premier tour en 2012, sa première candidature.

(L'essentiel/afp)