État islamique en Syrie

14 mars 2016 18:45; Act: 15.03.2016 10:52 Print

Deux femmes filment Raqqa au péril de leur vie

Deux femmes syriennes ont filmé la «capitale» de l’État islamique. Des images rares et bouleversantes destinées à alerter la communauté internationale.

  • par e-mail
Sur ce sujet

C’est un document exceptionnel car les images de la «capitale» de l’État islamique sont rares. Deux femmes syriennes ont filmé les rues de Raqqa en caméra cachée, sous leur niqab, au péril de de leur vie. Pour témoigner de la dureté de la vie des habitants et des femmes en particulier dont les jihadistes font peu de cas. «Toutes les femmes aiment montrer leur visage. Nous ne pouvons plus le faire, nous avons perdu notre féminité», raconte l’une d’elles. Toute trace du féminin a été effacé. Jusque dans les magasins: on voit par exemple que même sur les paquets de shampooings colorants les visages de femmes ont été noircis. «Elles portent le niqab», explique le vendeur.

Raqqa est une devenue une ville fantôme. «Tout le monde est parti», raconte la jeune femme. Même certains combattants étrangers demandent leurs papiers aux Syriens afin de fuir vers la Turquie. Quand ils restent, ils habitent dans des appartements et des maisons d’un quartier aisé de la ville. «Ce sont des gens du Kazakhstan, d'Afghanistan, d'Arabie saoudite, ou encore des Européens comme des Français».

«Rien n’est plus important que la liberté»

Tous font preuve d’une violence inouïe. Les deux jeunes femmes se rappellent d’avoir assisté à la décapitation d’un jeune homme. «J’ai essayé de regarder mais je n’ai pas pu (…) ils ont mis son cadavre sur la route et ont forcé les voitures à lui rouler dessus». Elles se souviennent aussi avec émotion de ce jeune homosexuel jeté du haut d’un immeuble. Un quotidien devenu insoutenable qui les a poussées à témoigner.

«Je veux vivre comme j’en ai envie, acheter ce que je veux. Sortir dehors, seule sans avoir un gardien auprès de moi», raconte l’une d’elles, en enlevant ses multiples couches de vêtements en rentrant chez elle. Rien n’est plus important que la liberté», conclut-elle.

(MC/L'essentiel)