Sanctions controversées

17 septembre 2015 11:26; Act: 17.09.2015 15:28 Print

L'Ukraine refoule des journalistes occidentaux

Kiev était sous le feu des critiques jeudi, après avoir interdit d'entrée sur son territoire des journalistes, dont trois de la BBC, dans le cadre de nouvelles sanctions.

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Le décret controversé a été signé par le président Petro Porochenko. (photo: AFP/Genya Savilov)

op Däitsch
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Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a déploré la signature par le président ukrainien Petro Porochenko de ce décret qui interdit d'entrée en Ukraine «au moins 41 journalistes internationaux et blogueurs pour un an». «Le gouvernement peut ne pas aimer ou être en accord avec certaines couvertures, mais qualifier des journalistes de menace potentielle pour la sécurité nationale n'est pas une réponse appropriée. (...) Ce décret va à l'encontre des intérêts de l'Ukraine», a encore lancé le CPJ dans un communiqué.

Le président ukrainien a ratifié mercredi un décret, adopté le 2 septembre par le Conseil de sécurité nationale et de défense, imposant des sanctions à près de 400 personnalités et 90 entités juridiques représentant une «menace, actuelle ou potentielle, aux intérêts nationaux, à la sécurité nationale et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine». La liste inclut de nombreux journalistes russes travaillant pour des médias tels que l'agence de presse officielle Tass, les chaînes de télévision Russia Today (RT) et NTV, mais aussi des dizaines de correspondants originaires notamment du Royaume-Uni, d'Israël, de Moldavie, de Lettonie et d'Estonie.

Des ministres et responsables russes aussi concernés

Parmi eux, trois journalistes de la BBC basés à Moscou, dont Steve Rosenberg et Emma Wells, ainsi que plusieurs journalistes espagnols dont Antonio Pampliega et Angel Sastre, actuellement portés disparus en Syrie. Un journaliste collaborant entre autres pour le journal allemand Die Zeit et le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) figure aussi sur la liste. «Ce ne sont pas des mesures qui doivent être prises dans un état démocratique. Le pouvoir ne doit pas dicter comment les journalistes doivent faire leur travail», a réagi Natalia Ligatcheva, experte ukrainienne des médias.

La liste compte également de hauts responsables russes tels que le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, le chef de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Alexeï Pouchkov, le président tchétchène Ramzan Kadirov, ainsi que de nombreux responsables séparatistes.

(L'essentiel/AFP)