Fusillade à Las Vegas

02 octobre 2017 20:05; Act: 04.10.2017 09:06 Print

58 personnes tuées, le FBI écarte la piste jihadiste

Un Américain sexagénaire a tué 58 spectateurs d'un concert en plein air, dimanche soir à Las Vegas, commettant la pire fusillade de l'histoire moderne des États-Unis.

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Les autorités ont réfuté «à ce stade» tout lien avec l'organisation État islamique, qui a revendiqué la tuerie. Perché dans un étage élevé d'un hôtel adjacent, surarmé, le tireur était un Américain blanc de 64 ans, Stephen Craig Paddock. Il s'est suicidé avant que les policiers ne l'atteignent. Le groupe État islamique a affirmé, via son organe de propagande Amaq, que l'homme s'était converti à l'islam il y a plusieurs mois et qu'il en était un «soldat».

Dans un deuxième communiqué, l'EI a indiqué que «cette attaque a été menée en réponse à l'appel de cheikh (...) Baghdadi (le chef de l'EI) de prendre pour cible les pays de la coalition croisée, et après une surveillance minutieuse des rassemblements» organisés à Las Vegas. Les deux communiqués diffusés par l'un des comptes de l'EI sur l'application de messagerie Telegram n'étayaient toutefois à aucun moment cette revendication. De son côté, le FBI a déclaré n'avoir établi «aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international».

Le bilan humain n'a cessé d'augmenter au cours de la nuit et dans la matinée de lundi: il est désormais de 58 morts et 515 blessés, dépassant celui de la boîte gay d'Orlando en juin 2016, quand 49 personnes avaient péri. Le président Donald Trump, lors d'une déclaration à la Maison-Blanche en milieu de matinée, n'a rien dit sur l'état de l'enquête, consacrant son allocution à un appel à l'unité de la nation. Il se rendra mercredi à Las Vegas.


Longues et terribles rafales

Stephen Paddock s'était installé au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, massif établissement qui offrait une vue dégagée sur le festival de musique country «Route 91 Harvest». Plus de 22 000 spectateurs écoutaient alors le chanteur Jason Aldean, en pleine chanson. Des images amateurs montrent l'incrédulité puis la panique peu après les premiers tirs, vers 22h08, heure locale, dimanche.


De longues et terribles rafales sont audibles. Entre les tirs, des gens tentent une échappée, sautant comme ils le peuvent des barrières. D'autres se couchent à plat ventre, certains protégeant de leurs corps les plus vulnérables. Les mobiles du tireur sont inconnus à ce stade. Dans la nuit la police s'était déjà refusée à évoquer la piste terroriste, le shérif de Las Vegas Joseph Lombardo qualifiant l'homme de «loup solitaire». Stephen Paddock, 64 ans, habitait la ville de Mesquite, 18 000 habitants, située à quelque 120 kilomètres de Las Vegas, toujours dans le Nevada.


Un marteau pour briser les vitres de la chambre

Il était arrivé au Mandalay Bay le 28 septembre, et y a apporté lui-même les armes, a déclaré le shérif, sans que le personnel de l'hôtel n'ait rien remarqué. À l'aide d'un outil comme un marteau, il a brisé les vitres de la chambre pour pouvoir mieux tirer. Le shérif a déclaré que l'homme s'est suicidé avant que les unités d'intervention de la police ne pénètrent de force dans sa chambre. Plus de dix fusils y ont été retrouvés.


La police avait dans les heures suivant la fusillade lancé un avis de recherche pour la compagne du tireur, Marilou Danley. Les forces de l'ordre ont finalement pu lui parler. Elle se trouve à l'étranger, sans précision du pays, et n'est pas suspectée d'être impliquée. Le frère du tueur, Eric Paddock, est apparu stupéfait devant les caméras. Son frère, a-t-il dit, n'avait «pas d'affiliation religieuse ou politique» et «n'était pas du tout un fan des armes». Les rafales ont commencé alors que le chanteur Jason Aldean se produisait sur scène. Lui et son groupe sont sains et saufs.

«La soirée a été au-delà de l'horreur», a-t-il écrit sur Instagram. «On a entendu pop-pop-pop-pop. On a pensé que c'était des feux d'artifice ou des pétards. Et on a réalisé que ce n'était pas le cas, que c'étaient des coups de feu», a raconté une spectatrice, Monique Dekerf, à la chaîne CNN. Le son des rafales, audible dans quantité de vidéos amateurs, ressemble à celui émis par les armes automatiques, où un tireur peut garder son doigt appuyé sur la détente pour continuer à tirer de façon continue. Ces armes sont interdites depuis les années 1930 aux États-Unis, mais les versions semi-automatiques, où il faut relâcher la gâchette entre chaque balle, sont autorisées à la vente.


(L'essentiel/AFP)